Norvège : les petits accommodements irraisonnables. Traduction Nancy Verdier

Publié le 3 Avril 2013

Par Bruce Bawer

Nancy2013 (2)Traduction Nancy Verdier

 

Ou comment la Culture Occidentale y est trahie et  bradée 

Si vous vouliez donner à un esprit candide quelques notions sur la façon dont les choses fonctionnent en Europe aujourd'hui, le mieux  serait de lui présenter la carrière d'un homme, nommé Shoaib Sultan. En 2007, en tant que Secrétaire général du Conseil Islamique de  Norvège financé par les contribuables, il a fait les manchettes de la presse  après son refus de critiquer publiquement l'exécution d’homosexuels en Iran. Deux ans plus tard, il a refusé de commenter l’éloge de l’Holocauste  par le savant musulman Yusuf al-Qaradawi  qui y voyait un "Don d'Allah".  Non seulement il a  conservé son poste malgré ces épisodes, mais par la suite, le Centre Norvégien contre le Racisme (également financé par les contribuables) lui a donné une fonction plus honorifique, prouvant ainsi que son objectif principal n'était pas vraiment de combattre la haine raciale, mais, au contraire, de mettre à l’abri de la critique les aspects les plus haineux et violents de l'islam et de diaboliser ses détracteurs comme étant des racistes.

Son refus de se distancier des sympathies de Qaradawi ne l’a pas empêché non plus de devenir influent dans une série d'institutions norvégiennes: c’est un membre éminent du Parti Vert, il a siégé aux conseils d'administration de groupes comme les Migrants du Monde pour l’Action Climatique et la Coalition d'Oslo sur la Liberté de Religion ou de Conviction; quand l'Université d'Oslo a décidé d'envisager la création d'un Centre pour les Etudes Islamiques, il a été nommé au comité. Il a également été directeur d'un groupe éphémère  appelé l'Initiative de Paix, dont le but était de faire sortir la Norvège de l'OTAN et de la libérer des influences maléfiques des États-Unis. (Sultan, soit dit en passant, a obtenu une licence et un MBA de l'État du Colorado). 
On apprend à présent  que le Comité de la Culture et de l'Education de la ville d'Oslo a chargé Sultan de la célébration pour cette année, de la fête nationale de la Norvège, le 17 mai. Ne vous méprenez pas: ce n'est pas seulement une tâche majeure, c’est aussi une charge honorifique. C’est en effet, implicitement, une sorte d'onction - une déclaration que Sultan est un citoyen modèle, jouissant du respect des personnes et de l'état et à même d'incarner les valeurs fondamentales de la culture norvégienne.

norvege--300x199.jpgQuelles sont ces valeurs norvégiennes? Par quoi est représentée la culture norvégienne? En septembre dernier, Hadia Tajik, une femme de 29 ans, membre du Parti travailliste, a été nommée ministre de la Culture de Norvège, devenant ainsi la plus jeune femme et première musulmane à servir le cabinet norvégien. Peu de temps après sa nomination, il fut demandé à Tadjik, qui est née en Norvège de parents immigrants venus du Pakistan, ce que la culture norvégienne signifiait pour elle. Sa réponse: pinnekjøtt et purée de rutabaga - deux plats populaires de Noël en Norvège occidentale, où Tadjik a grandi.  Il nous revient à l’esprit,  les remarques notoires faites en  2004 par Mona Sahlin alors  Ministre de l'Intégration en Suède qui, lors d'un discours dans une  mosquée, a déclaré que beaucoup de ses compatriotes suédois enviaient les musulmans, car l'islam est une culture riche et unique tandis que la culture suédoise ne peut se prévaloir que d’un folklore stupide comme « La nuit de la Saint Jean ».(Selon d’anciennes croyances folkloriques nordiques, une jeune femme rencontrera son futur époux en cours d'année si, pendant la nuit de la Saint-Jean, elle arpente toute nue un champ de blé humide de rosée. )
Ensuite, il y a cette conférence de presse en 2005 au cours de laquelle, Lise Bergh,  une fonctionnaire du ministère de l’intégration en Suède à qui l’écrivain Hege Storhaug demandait si la culture suédoise méritait d'être préservée. Bergh a répondu: «Eh bien, qu’est-ce que la culture suédoise? Je crois que j'ai répondu à la question. » Comme le soulignait Storhaug, Bergh n'a même pas essayé de cacher sa propre  « culture du mépris de soi. »


Que Tadjik méprise la culture norvégienne reste une question ouverte, mais elle en fait une description faible - que plus tard, elle amplifie en observant qu’à l’évidence  c'est une culture en changement et de noter avec amusement, que beaucoup de mots norvégiens proviennent d'autres langues – ce qui déclenchera un grand débat sur le sujet. Dans un éditorial de janvier, « Pas Ma Culture, Madame le Ministre », le journaliste Jon Hustad brièvement mais efficacement décrit les moyens par lesquels la Réforme protestante et la piété luthérienne ont contribué à façonner une société de gens vaillants et respectueux des lois et jouissant d’une confiance mutuelle - et qui, confrontés à la fin du XXe siècle à l'arrivée massive d'immigrants indigents issus d'une culture très différente, ont réagi avec une naïveté absolue (et la culpabilité luthérienne de leur propre prospérité).

Puis, en Février, l’écrivaine Lily Bandehy, qui un quart de siècle plus tôt avait fui son Iran natal, avec son fils alors âgé d’un an, a écrit son propre éditorial, intitulé « Pas Ma Norvège», dans lequel elle avoue qu'elle aussi apprécie les pinnekjøtt de Noël « mais ce n'est pas la raison pour laquelle j’ai fui vers la Norvège. » Elle l'a fait parce que l’Iran qui s’était modernisé de manière progressive, et où les femmes avaient atteint l'égalité réelle, était tombé aux mains des forces de la Charia qui ont contraint les femmes à être dépouillées de leurs droits, les obligeant à revêtir le hijab. Refusant de vivre dans un pays consacré à «la lapidation des femmes, au bûcher pour les  homosexuels, à la mise à mort  des convertis [de l'islam], à l'esclavage et au port du voile des femmes et des filles», Bandehy a fui vers la  Norvège pour « vivre dans la lumière », dans une société fondée sur les« idées des Lumières pour la liberté », avec la tradition humaniste occidentale. «J'ai lu la littérature norvégienne et  la presse, je suis allée au théâtre, j’ai écouté de la musique norvégienne, étudié cette culture. Mon rêve a été exaucé! Un pays sans hijab, sans hommes barbus, et avec une totale liberté d'être soi-même, aussi bien la femme que l'homme. »

 

Au début Bandehy avait supposé que les musulmans une fois en Europe se seraient intégrés et sécularisés. Mais c'est le contraire qui s'est produit: un trop grand nombre d'entre eux ont exigé des Européens qu’ils acceptent à l’intérieur de leurs frontières la structure hiérarchique d’une sous-culture musulmane  et oppressive. Et ils ont gagné. Les politiciens norvégiens, déplore Bandehy, ont déjà abandonné une grande partie de la constitution norvégienne. Les écoles fêtent Noël en catimini; les cantines scolaires ne servent que de la nourriture halal ; les chauffeurs de taxi se détournent des aveugles avec chiens -guides; «même les jolis petits dessins de porcs tout roses ne sont plus exposés dans le bâtiment hospitalier des enfants » Le nombre de mosquées, écoles coraniques, et sites islamiques ne cesse d'augmenter. Comme celui de femmes en hijab. Et pendant ce temps, un groupe d’étudiants pro-charia s’agite sur le site IslamNet et prône la Charia.

 

«Nous avons une responsabilité collective dans la protection de notre culture norvégienne», déclare Bandehy. Elle cite Jonas Gahr Støre, membre du cabinet,  qui a annoncé en Novembre dernier  que "nous devons nous résigner " au fait que certaines personnes refusent de serrer la main à des membres du sexe opposé. "Store ne comprend-t-il pas ? » dit- elle  «qu'en disant cela, il accepte du même coup  l'oppression des femmes? Qu'il abandonne un  élément essentiel de la culture norvégienne? Støre ne s’est-il pas interrogé sur le fait qu’une femme qui ne peut serrer la main d'un homme ne peut pas non plus être traitée par un médecin de sexe masculin? Où peut-elle travailler? Comment nous  voit- elle, nous  les autres femmes, «les impurs»? Quelle sera son attitude vis-à-vis des gays et des «infidèles»? La Norvège va-t-elle devoir  construire des écoles spéciales, des hôpitaux et des centres de fitness pour les femmes? Des autobus et des tramways dédiés aux femmes? ... Où vais-je fuir dans dix ou vingt ans du fait que la démocratie et l’égalité des droits auront disparu d’ici? "

 

Il en va ainsi. Ces dernières années, nombre de gouvernements européens, des ONG, des universités et des groupes de médias ont transmis des  positions de pouvoir à des immigrés musulmans et à leurs enfants - les accueillant, pour ainsi dire, dans les rangs de l'élite. Mais les gens accueillis de cette façon sont loin d’avoir tous les qualités de  Lily Bandehys, une femme précieuse et méritante  qui s’est fondue avec amour dans les valeurs occidentales  qu’elle défend avec éloquence.  (Bandehys, bien que connue pour ses rubriques  dans la presse, gagne sa vie comme  infirmière psychiatrique). Mais les Shoaib Sultan par leur refus de critiquer même les aspects les plus monstrueux de l'islam nous obligent à conclure qu'ils sont des adeptes purs et durs de la charia. Et pour  ce qui est des  Hadia Tadjiks, et leur point de vue généreux, ce sont des conciliateurs édentés, désemparés, prêts à tous les accommodements et au relativisme moral.  

Ministre de la Culture! Président du 17ème comité de mai à Oslo ! Voici, en l'an 2013, le genre d’individus  promus  gardiens de la culture norvégienne - une culture à laquelle ils n’ont au mieux  tout simplement rien compris et qu’ils n’apprécient pas, et, au pire, qu’ils méprisent activement et qu’ils cherchent à détruire.

 

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Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Israël: une démocratie

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Pivoine 04/04/2013 19:07


Beaucoup de Norvégiens mettent eux-mêmes la tête sur le billot, je vais finir par croire que tous ces Européens sont ensorcelés !