Notre Chabbath sous les roquettes par Sabrina.

Publié le 11 Mars 2012

Décidément les fêtes juives inspirent nos voisins du Hamas, le déclenchement de la guerre Plomb Durci avait débuté le chabbath de Hanouka. Suite à  la fête de Pourim, c’est un Chabbath bien difficile qui nous attend:

Nous sommes le Vendredi 9 Mars, la table de chabbath est prête, les salades sont posées, les boissons, le kidouch, les deux pains recouverts de la mappa de velours bleue. Tous les enfants sont autour de la table sauf une de mes grandes filles, qui a décidé de passer ce Chabbat chez une amie, non loin de la ville ou nous habitons qui est Netivot.

C’est un « Chalom Alahem » en famille, accompagné par les voix des plus jeunes, qui commence suivi du kiddouch, dont tout le monde attend, c’est du vin doux. Nous continuons en nous lavant les mains et faisons tous les braha de netilath yadaim, puis on écoute la braha du motsi.

Le silence est rompu, et tout le monde peut enfin s’exprimer et raconter ce qu’il a vécu pendant cette fête de  Pourim, nous sommes une famille comme de nombreuses familles d’origine françaises installées dans le sud d’Israël.

Notre repas  est terminé, mon mari et mon fils ainé ont fait des dvar thora, et tout le monde n’a pas envie de dormir, sauf  le chef de famille fatigué de sa semaine.

Les enfants ont décidé de m’empêcher d’aller au lit, et ils auront bien raison, vous comprendrez pourquoi…Ma fille, de 12 ans me demande de jouer au Taki qui est la version UNO à l’israélienne, je n’ai pas vraiment envie, mais les autres enfants veulent aussi participer à ce jeu en famille!

Décidément, la nuit sera longue, je sens….on commence à jouer, une partie puis une autre, et bien sur comme d’habitude, je perds pour aller plus rapidement au lit, une de mes tac-tic pour que le jeu termine plus vite…Mais les enfants ne veulent toujours pas dormir, et donc je décide de leur proposer de venir  dans ma chambre, les deux petits viennent dans mon grand lit, et la plus grande prend un matelas qu’elle place en bas du mien. Une de mes filles de trois ans s’est déjà endormie et elle se situe dans sa chambre à l ‘étage supérieur.  Le garçon, l’ainé de la famille part voir ses cousins qui n’habitent pas loin de chez nous.

Tout le monde est au lit dans la même chambre, c’est une façon de nous retrouver, je ne sais pas si cela vous arrive parfois, mais les enfants aiment bien se réunir dans un lieu commun de temps en temps…Mais malheureusement cette fusion, ne va pas continuer longtemps, à peine ai je fermer mes yeux et commencer à rêver, que l’alerte  annonce qu’une roquette est en route vers notre ville!

Il est presque minuit, nous avons 15 secondes pour réagir, mon mari prend un enfant, moi je réveille ma grande, qui est au sol pour lui demander de prendre le second enfant, mais elle ne se réveille pas, elle n’arrive pas ! Je la secoue, il faut faire vite!  L’alerte est de plus en plus forte, nos cœurs battent de plus en plus fort, enfin elle se réveille, et je lui donne le plus petit pour aller dans l’abri. Entre temps, je cours à l’étage supérieur pour aller chercher un autre enfant qui dort dans son lit et je l’arrache sans soin de son cocon tout chaud. L’alerte ne sonne plus et les 15 secondes sont terminées , il faut faire vite!

Nous sommes tous dans le miklat, nos cœurs bats très fort, le sol est froid, nous sommes pieds nus, nous avons peur, et là nous attendons….et un boum puis un second boum se font entendre dans les petites oreilles des enfants! Et là, on se dit ou sont t’elles tombées, deux roquettes ? Mon fils qui est dehors, ou s’est il protégé? Mes parents qui ont plus de 75 ans, ont ils eu le temps de descendre les escaliers pour aller dans leur abris? Ma fille qui se trouve chez son amie qui n’a pas de miklat, va t’elle bien?

Le fait qu’une grande partie des enfants aient dormi dans ma chambre, nous a facilité la tache de les réunir tous dans un temps très court. Ce qui n’est pas facile en pleine nuit, les enfants ont parfois un sixième sens…

Le temps de 15  minutes est écoulé et je décide de laisser dormir les enfants dans le miklat,  mais ils ont peur c’est la nuit, et il faut trouver le nécessaire pour que tout le monde dort au chaud dans ce minuscule miklat de 8m² (photos)

Ils voulaient dormir ce soir là, avec leur papa et leur maman et leur soirée terminera dans une pièce sombre, la peur au ventre. Pour ne pas qu’ils soient déçu et pour les rassurer, je décide de rester avec eux toute la nuit. Assise au sol, car c’est la seule place qui me reste, je mets une couverture autour de moi et j’attends que le jour se lève…

Malheureusement, samedi n’a pas été de tout repos car les alertes ont continué à sonner. Comme de nombreux israéliens et olim hadachim de France, nous vivons des moment difficiles, et je ne comprends pas pourquoi personne ne réagit parmi les personnalités juives dans la politique ou ailleurs.

On préfère se concentrer sur des affaires du passé, ou des cas privés. Nos enfants vivent dans une situation qui n’est pas tolérable, et l’économie du pays est touchée lorsque les parents ne peuvent pas travailler car l’école est supprimée, comme c’est le cas pour demain.

Pourquoi les attaques sur le civils du sud d’Israël ne font réagir personne?

Reagissez !!

Voici quelques photos du miklat (abri) où mes enfants dorment :

Il y a peu de place, mais on trouve toujours….

Un lit a été placé en hauteur

Ce soir, après plus de 100  roquettes en moins de 48 heures, les enfants vont visionner quelques films…dans le miklat (abri)

Les maques à Gaz pour chaque membre de la famille font aussi parti du paysage…

On prie et on demande aux tsadikim de le faire aussi, ils sont aussi présent comme la Presence Divine, car plus de 100 roquettes et pas de victime ne peut être que forcement un miracle….

Se soir Yehouda dormira dans le miklat, et n’ira pas au gan demain matin, est ce une vie normale pour un enfant ?

 

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Israël: une démocratie

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