Nous, les petits auteurs, on s’en fout des bisbilles entre chefs Par Anne Lauwaert

Publié le 17 Avril 2014

Jean Robin envoie ses foudres contre Riposte Laïque en les traitant de « communistes de merde »… et, grosso modo, R.L. répond que ce type est cinglé…

http://ripostelaique.com/riposte-laique-qualifie-de-communistes-de-merde-par-un-journaliste-emerite.html

Par Anne Lauwaert 

Bon, OK, je n’entre pas dans la discussion sur qui a tort et qui a raison, par contre, je désire vous parler du désarroi des petits auteurs face aux publieurs.

Si vous avez un nom connu, les éditeurs vous demandent des manuscrits. Si vous n’êtes pas connu ou tout simplement une personne normale, les éditeurs ne lisent même pas les manuscrits que vous leur envoyez car ils en reçoivent tous les jours treize à la douzaine. Si vous n’êtes pas lesbienne, sans papier, repris de justice, aveugle ou cul d’jatte, vous n’êtes pas utile pour la « médiatisation » d’une idéologie… et pour vous c’est Tintin…

Alors, nous les petits auteurs, nous nous adressons aux petites maisons d’édition genre Tatamis de Jean Robin qui « publie les livres refusés autre part ». Bien sûr on paye et tout n’est pas parfait car on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a, mais le livre existe et c’est ça le principal !

Effet secondaire : je conseille à un ami juif la lecture d’un livre publié par Tatamis et il me répond « Tatamis, olala… extrême droite » … puis il m’explique que Jean Robin a écrit un livre dans lequel il parle de juifs et qui n’a pas plu à tout le monde. Donc par ricochet tous les livres publiés par Tatamis, y compris les miens, sont boycottés… Merci beaucoup !

Une autre fois j’ai dit « va sur Riposte Laïque, ils ont publié un de mes articles à tel ou tel sujet… » et la réponse. « Olala ! R.L extrême droite … haram, haram… »

Donc parce que R .L . est « extrême droite » ça signifie que mes articles sont « extrême droite » et ne doivent même pas être lus ? Me voilà donc dans le sac des « salopes fascistes » ?

Autre problème : un jour je conseille le livre « Jésus après Jésus » de Mordillat et Prieur. Mon interlocuteur me répond : « Oui mais c’est des communistes »…

Mais, moi je m’en fous de la couleur de la p’tite culotte des écrivains et des éditeurs, je lis le texte et s’il m’intéresse je dis qu’il est intéressant. Point.

Autre problème : Dans plusieurs domaines nous nageons en pleine folie et notamment l’enseignement. Mia Vossen, une enseignante belge se débat comme un diable pour défendre les enfants contre les idéologies et les théories…

J’ai vécu ce combat pendant toute la carrière de mon père, de mon mari, de mes cousins et copains qui étaient enseignants…

Mia, elle s’en fout que ces gosses soient « des nègres, des bédouins, des ménapiens ou des esquimaux » ! Mia, elle s’en fout des méthodes et des théories ! Pour elle la seule chose qui compte c’est qu’on n’empêche pas ces gosses d’apprendre ! C’est que, tous, ils puissent apprendre à parler, lire, écrire et compter…

Problème : aucun journal ne veut publier ses articles car elle est à contre courant et elle dérange … Mais comme elle ne baisse pas les bras, elle cherche un moyen de quand même se faire entendre et elle trouve le site « Enquête et Débat » de Jean Robin.

Mais de moins en moins de personnes devraient lire ce site parce que le fougueux Jean Robin est emberlificoté dans des diatribes personnelles… ?

Nous les petits auteurs, nous on s’en fout des « bisbilles entre chefs »… Nous ce qu’on veut c’est pouvoir nous exprimer… pouvoir dire ce qu’on pense mais aussi pouvoir lire des articles intéressants d’autres personnes qui ne sont pas des bienpensants clonés qui rabâchent la discipline du parti…

En Belgique il est pratiquement impossible de s’exprimer dans un journal parce qu’il faut passer par des log in et d’autres monstruosités qui finalement n’acceptent pas votre adresse mail… et si vous vous in logez… vous acceptez des cookies et une avalanche de spam… Moi, la pub, je l’abhorre !!!

Dans le Tessin les quotidiens publient les lettres à condition de ne pas excéder 1500 caractères. Ils en sont arrivés à ne plus publier qu’une lettre par auteur et par mois tellement il y a de gens qui s’expriment…c.-à-d. qui réclament…

On est de plus en plus nombreux à vouloir dire Stop aux folies… mais où pouvoir le publier ? Il y a tellement de gens qui envoient tellement d’articles qu’il n’y a plus de place. On pourrait même créer un journal dans lequel il n’y aurait que des lettres de mécontents.

Mais où pouvoir s’exprimer ? Boulevard Voltaire ? Les Observateurs ? Riposte Laïque, Enquête et Débat ? … Ces sites croulent sous les propositions, on ne peut pas tout publier… Alors, moi, même le bulletin paroissial me convient, même la gazette des joyeux drilles, du moment que je puisse m’exprimer, qu’importe le flacon, pourvu que j’ai l’ivresse ! je dirais même plus : pourvu que je puisse décharger mes rages sinon c’est l’ulcère à l’estomac assuré…

Nous, les petits auteurs, nous voulons nous exprimer…

En confidence je vais vous dire pourquoi…

En 1968 – 1969 , moi, j’étais tout à fait absorbée par mes grossesses, accouchements, biberons, panades, etc. et je ne me suis pas rendue compte qu’il y a avait la révolution…

Mes parents, pendant la guerre, ont survécu en douce et même, plus tard, mon père m’a dit que, pour lui, qui alors avait 20 ans, la guerre et le séjour en camp de concentration cela avait été «  l’aventure… » !!!http://www.moosburg.org/info/stalag/lauwaert.html

Quand il y a eu des scandales dans notre village grâce auxquels certains se sont rempli les poches en détruisant l’environnement… Ni mon père, ni ma mère, ils n’ont jamais rien dit, ni rien fait…

Alors, aujourd’hui, moi, cette révolution-ci, je ne veux pas la rater… c’est ma dernière occasion…

Si dans 20 ans mes petits-fils survivent, ils ne pourront pas dire « toi tu savais et tu n’as rien dit… »

Alors, messieurs et mesdames les publieurs… chamaillez-vous, insultez-vous, faites tout ce que vous voulez, c’est signe de vitalité, mais de grâce ne nous divisons pas « face à l’ennemi » et surtout que les bisbrouilles ne portent pas préjudice à notre possibilité/liberté de nous exprimer… car à part vous… nous, les petits auteurs, nous n’avons voix dans aucun chapitre…

Anne Lauwaert

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Coups de gueule

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Roban 19/04/2014 00:36


Bravo Anne, je suis de tout coeur avec vous !