Nous rêvons de Gulliver, et nous subissons des Lilliputiens. Par Gérard Brazon

Publié le 20 Septembre 2011

par Gérard Brazon - Riposte Laïque

GérardDans notre monde dangereux il nous faudrait certainement des femmes et des hommes ayant quelques courages politiques. Il nous faudrait probablement des femmes et des hommes ayant une poigne, une main de fer dans un gant de velours. Le velours étant pour les plus faibles.

Dans ce monde d’aujourd’hui, il n’ y a plus que des intérêts, des marchés, des partenaires commerciaux, de la finance. On fait des guerres pour la liberté des peuples en façade, pour du fric en réalité.

Certes, depuis les Templiers, la banque existe et les échanges commerciaux datent bien avant que ceux-ci n’existent d’ailleurs. Il y a toujours eu des échanges, du commerce, de la dette et des avoirs et au bout de la chaîne des scribes qui comptaient et recomptaient.

Dans notre monde et singulièrement en France, ce qui était accessoire est devenu la norme. Ce qui était sans obligation est devenu nécessaire. Les familles vivaient il y a encore peu, avec le minimum. En majorité, ils sortaient des usines, des bureaux, des magasins le midi pour aller manger à la maison, s’occuper de la marmaille parce qu’il n’ y avait pas de cantines, encore moins de halal. Le dimanche, ils recevaient des amis  ou la famille. Ils faisaient la fête, buvaient du vin ou allaient à la salle des fêtes du village ou la maison du peuple du coin. Il y avait peu de voiture et encore moins d’alcool-test. Les Français de cette époque râlaient bien sûr ! Contre le patron, les bourgeois, les riches, les impôts ! Ces mêmes français qui n’étaient pas encore classés en catégorie pauvre, modeste ou moyenne, respectaient les « docteurs », les « maîtres d’écoles », les « professeurs » le curé et Monsieur le Maire. Ils baffaient les mômes impolis et savaient se faire respecter de leurs gosses. C’était il y a 40 ans, c’était il y a un siècle, une éternité ! Un autre monde!

Ce monde a disparu et le propos n’est pas de se retourner vers des souvenirs, une époque forcément heureuse puisque c’était celle de notre jeunesse, du moins la mienne.

Dans notre France, il n’y a plus que des lilliputiens. Des petites personnes qui ne voient plus rien en grand. que leurs petits soucis, leurs petits quotidiens, leurs petits bobos, leur nez trop grand ou bien trop petit, leur taille fine ou épaisse, leurs larmes parce que trop gros alors qu’ils bouffent comme des veaux si ce n’est des vaches ! Leurs petites réalités personnelles, nombriliques, forcément dramatiques, même si celles-ci feraient pleurer d’incompréhension un chrétien du Pakistan ou de Somalie.

Il n’y a plus que des lilliputiens branchés en direct à la source cathodique qui ne songent qu’à se tirer le portrait ou démolir son voisin. Notre France n’existe plus aux yeux de ces Lilis-putes.

Dans notre France, il n’y a plus de Gulliver, ces grands hommes, ces femmes immenses qui marquent une époque. Les Lilis-Putes les ont attachés, se sont acharnées dessus. Il n’y  aura bientôt plus de ces Gulliver qui auront marqué notre histoire. Ils ont été détachés petit à petit des manuels scolaires. Plus de François 1er et son exigence du Français comme langue du royaume, Plus d’Henri IV le pacificateur des religions, plus de Richelieu et la grandeur de la France royale, plus de Louis XIV et même plus de Napoléon 1er! Bientôt nous allons aborder l’exclusion d’un Clemenceau et d’un Charles de Gaulle, deux Gulliver qui auront aussi marqués leurs époques. Ainsi, les Lilis-Putes pourront rester entre eux, savourer le plaisir de ne pas être tourmentés par une comparaison désavantageuse.

De nos jours, les Lilliputiens se jaugent entre eux, font des déclarations sentencieuses et moralisatrices et il y en a même qui vont à l’étranger, montent sur une estrade et imitent le dernier Gulliver que la France a eu !Vive la Libye libre comme le grand disait, Paris libéré ou vive le Québec libre. Cela donne l’impression d’être grand parmi les grands et même d’être plus grand que son voisin. Mais un lilliputien reste un lilliputien. On ne peut pas devenir un Gulliver simplement parce qu’on le souhaite. Il faut sans doute que la situation s'y prête.

Napoléon avant d’être Empereur fût un immigré Corse qui ne parlait pas le Français. Il fût un bon général plein d’ambitions puis, un excellent Consul et subit le courroux de la perfide Albion et des six coalitions que l’Angleterre finança et qui a fini par ruiner cette Europe impériale française. Une Europe française, la seule qui nous aurait convenu finalement comme le pense Eric Zemmour dans son livre la « Mélancolie Française ».

Clemenceau se révéla sur le tard même si dans l’affaire Dreyfus il fût lui aussi dans la « lilliputie » au tout début de cette affaire. Le général De Gaulle fût celui qui aura certainement le plus souffert des lilliputiens radicaux-socialistes de la troisième république qui l’entouraient, car il en avait pris la mesure depuis bien longtemps.  Il s’en est affranchi du fait d’une guerre provoquée par les « minaudages » des « lilliputiens pacifistes » qui pensaient qu’en s’aplatissant,  ils pourraient passer sous l’obstacle. Un Gulliver ne passe jamais sous un obstacle! Il le franchit, se bat, gagne ou meurt.

Dans notre France d’aujourd’hui, le Gulliver dont nous avons besoin n’est pas encore né, ou alors, il attend le moment. Sans doute s’est-il fait tout petit, imitant les Lilis-putes pour ne pas avoir à subir l’enfermement. En attendant de pouvoir surgir et démontrer que la France a toujours ce talent de rebondir alors qu’on la croyait morte.

Certains pensent que Gulliver pourrait-être une femme ? Dans les contes pour enfants, il n’y a jamais eu d’héroïne de la taille de Gulliver. Mais les conteurs sont rarement des femmes. Alors… c’est comme en religion, la femme a toujours tort. 

Dans l’Histoire pourtant, il y a eu des femmes de caractère, des femmes de force qui, si l’époque s’y était prêtée, auraient pu devenir de grands personnages d’état. Cela tient à pas grand-chose finalement… un zizi. Quid des Madame Roland, des Charlotte Corday, des Olympe de Gouges pour ne remonter qu’à celles-ci. Des Gulliver en jupons certes, mais des Gulliver qui avaient bien plus de courage que les Lilis-putes de l’époque.

Alors oui, il est vrai que c’est désespérant d’attendre l’homme ou la femme providentielle, celui ou celle par qui tout se fera,  grâce auxquels nous sortirons de ce cauchemar des lilliputiens qui voient tout à leurs tailles. C’est désespérant vraiment.

Non il n’y a pas que les marchés, la finance, le commerce, l’argent, le capital ! Il y a aussi des citoyens qui ont une âme, des envies d’aimer, des désirs de donner, des réalités sociales profondes comme des racines !  Ceux là, n’ont pas envie de baisser les bras, d’accepter le fait accompli, d’admettre qu’ils sont petits mais surtout qu’ils doivent le rester. D’être mis dans des catégories comme des haricots dans des bocaux. Ils ne se sentent ni petits, ni moyens, ni grands, ils se sentent français et ont envie de le dire sans se faire insulter. Ils ont envie de grandir parce qu’ils savent tout au fond d’eux-mêmes, que l’univers des Lilliputiens ce n’est pas le leur.

Alors ils rêvent à tort ou à raison de ce moment où un Gulliver moderne viendra les aimanter et en fera une masse suffisamment puissante pour faire fuir tous les Lilis-putes de France.  Est-ce un rêve impossible ? Est-ce trop tard ? Est-ce enfantin. Peut-être, sans doute mais… Vive Gulliver s’il existe !

Gérard Brazon

http://puteaux-libre.over-blog.com

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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isabelle 21/09/2011 00:55



Ce Gulliver, c'est peut-être le peuple qui se réveille et qui commence à marcher hors des sentiers rebattus...



Loly 20/09/2011 12:25



D'accord à 100% avec vous, mais il fut un temps ou la femme avait une place prédominante en France au moyen-âge, mais avec l'inquisition - au prétexte d'hérésie, on l'a très vite reléguée au rôle
que les hommes souhaitaient lui voir assumer: la soumission. C'est ce qui se passe actuellement avec l'islam qui n'évolue pas. Pourtant, j'ai regardé hier Mots Croisés et j'ai trouvé que Marine
Le Pen avait fait une très belle prestation, contrairement à certains qui ont été plus que ridicules. Si elle continue comme cela, elle pourrait avoir mon adhésion... et peut être devenir le
Gulliver que vous, nous attendons,donc:


A suivre!http://mots-croises.france2.fr/



francis Claude 20/09/2011 12:21



oui tout cela et bien tristement réel...et si un Gullivert (e) ce leve nous allons grace aux hommes politiques qui depuis 40 ans avillissent la France avoir une situation terrible car celui ou
celle qui voudra re donné son honneur a la France trovera devant lui les islamistes les bobos/gochos et toute la fraction énorme des FRANCAIS qui ne croien ou ne veulent croire que notre pays et
notre civilisation sont en péril!!!



Vanpyperzele 20/09/2011 11:12



C'est tellement vrai tout ça...mais qu'allons nous devenir...