Nous sommes en guerre, bande d'idiots ! par Michaël Ledeen

Publié le 26 Août 2013

Une théorie parmi d'autres...

 

Adapté par Danilette 

 

Nos esprits ont du mal à se faire une idée de l'ampleur des massacres en cours au Moyen-Orient et en Afrique et encore plus à considérer que les champs de bataille d’Égypte, de Syrie, d’Irak, d’Afghanistan, de Somalie, du Nigéria et du Mali sont les pièces d'une guerre mondiale dans laquelle nous sommes visés. La plupart des grands analystes se concentrent sur un seul champ de bataille, un seul conflit.. Devons-nous intervenir dans la grande lutte qui a lieu en Égypte ? Faut-il aider l'opposition syrienne ? Que faire au Liban ou en Jordanie ? Devrions-nous répondre favorablement au gouvernement irakien qui demande une assistance en matière de sécurité ? Peut-on penser que la Tunisie va être le théâtre des prochaines explosions ?

 

Il ne peut pas en être autrement puisque notre gouvernement, nos universités, nos agences de presse et nos think tanks sont structurés pour traiter avec des pays et nos analystes, politiciens et stratèges militaires pensent automatiquement à l'intérieur de ces catégories. Nous n'avons pas de Secrétaire adjoint à la Défense [aux USA] qui serait en charge d'une stratégie globale, ni même d’une stratégie pour le Proche-Orient ou l'Asie du Sud.

Et il y a en tout et pour tout un seul professeur en Amérique qui parle du nouveau paragdime : le changement fondamental de nature des affaires mondiales, un nouveau modèle qui se met en place dont nous ignorons encore ce qu'il sera et qui va remplacer le monde post II ème guerre mondiale qui était dominé par les États-Unis et l'Union soviétique.

Il y a bien une guerre mondiale et nous sommes la principale cible des agresseurs mais nos dirigeants ne le voient pas et donc ne savent pas se défendre .

 

Pour tenter d’analyser ce qui se passe, il faut commencer par bannir le mot « stabilité », très prisé des diplomates et des stratèges autoproclamés. Une chose est certaine, c’est qu’il n’y a pas de stabilité dans notre monde et il n’y en aura jamais. Actuellement les forces motrices sont celles qui visent à détruire l'ordre ancien pourtant leurs cibles (qui incluent les États-Unis) ont jusqu'à présent montré peu d'enthousiasme à s’engager dans ce combat. Mais les choses évoluent.

 

On peut décrire la guerre en cours : il s'agit d'une alliance mondiale de gauchistes et d'islamistes radicaux, soutenus par un groupe de pays comprenant la Russie, la Syrie, l'Iran, certains dirigeants chinois, Cuba, le Venezuela, la Bolivie, l'Équateur et le Nicaragua. Ces extrémistes comprennent des Sunnites, des organisations terroristes chiites et des groupes de gauche qui travaillent main dans la main avec des mafias qui font du trafic de drogues. Leur objectif est la destruction de l'Occident, surtout des États-Unis.

 

Que se passerait-il s'ils gagnaient ? Certains d'entre eux veulent créer un califat (sunnite ou chiite) d'autres veulent des dictatures communistes sur le modèle de Cuba ou de la Corée du Nord. Mais comme les 5 familles mafieuses du film « Le Parrain », ils ont bien un plan de guerre mais sont déchirés par des désaccords fondamentaux.

 

Cette guerre n'est pas claire (c'est le moins que l'on puisse dire...ndlr GB) et les alliances sont souvent très instables. Regardez l'Égypte par exemple. Vu d'un certain angle, il s'agit d'un combat entre l'armée laïque et les Frères musulmans islamistes. Donc personne ne devrait être surpris quand les Frères musulmans brûlent des églises et tuent des chrétiens. Pourtant le général Sissi était auparavant très lié aux Islamistes et à l'époque de la purge des généraux de Mubarak, beaucoup ont attribué sa nomination à ses liens étroits avec Les Frères Musulmans.

 

Personne ne peut aujourd'hui le considérer comme un ami des Frères Musulmans, alors que s'est-il passé ? Est-il devenu laïque d'un seul coup ? Est-ce que son islamisme n'était qu'un coup de bluff ? Ou bien est-ce que l'islamisme est moins monolithique que certains ne le supposent ? Un saoudien de ma connaissance est arrivé au Caire il y a quelques jours avec une liasse de chèques, certains encaissables immédiatement d'autres post-datés pour toute l'année prochaine, tous remis en main propre à Sissi et son équipe. Il a conseillé à l'armée égyptienne d'écraser impitoyablement les Frères musulmans et ce conseil va probablement être mis en œuvre, à la fois parce que la junte militaire ne peut se permettre une défaite qui serait synonime de peine de mort (de grands généraux égyptiens et des généraux de brigade ainsi que de nombreux colonels ont été assassinés par les Frères musulmans récemment), et aussi parce que seuls les Saoudiens peuvent payer l'énorme facture de l'Égypte pour fournir les produits de base aux Egyptiens. Ceux-ci, en majorité soutiennent la junte à la surprise évidente des dirigeants occidentaux et des journalistes (exemple : des milices de quartier ont été créés à travers tout le pays pour contrer les Frères musulmans).

 

Nous avons donc un régime islamiste avéré, les Wahhabites saoudiens qui soutient une junte militaire dont le chef est un célèbre musulman qui lutte contre d'infâmes islamistes que sont les Frères musulmans. Mais ils aspirent tous à la destruction de l'Occident infidèle (bien que la junte empoche nos dollars) mais en pour le moment, la lutte pour le pouvoir l'emporte sur la foi.

 

Notez bien que cette confrontation sanglante n'a rien à voir avec le conflit entre Sunnites et Chiites qui est si souvent invoqué pour expliquer les événements actuels. Cela se passe à l'intérieur de l'Égypte sunnite, bien que les Iraniens chiites s'en mêlent au nom des Frères Musulmans très sunnites. Et il y a beaucoup de combattants étrangers tout comme il y en avait en Irak, et comme il y en a en Afghanistan : au cours des 10 derniers jours, selon des sources généralement fiables au Caire, 253 Ouzbeks, 21 Yéménites, 40 Afghans et 11 Turkmènes ont été arrêtés ainsi que 126 membres du Hamas qui fournit armes et entraînements aux Egyptiens soutenant les Frères Musulmans.

 

Le Moyen-Orient pourrait être aujourd’hui le théâtre d’une guerre entre islamistes et ex-islamistes ou entre musulmans pratiquants et musulmans moins pratiquants, voire entre musulmans et ex-musulmans. Il vaut mieux donc bannir l’utilisation du mot « modéré » ainsi que du mot « stabilité »…

 

Est-ce que cette description vous donne des crampes dans le cerveau ? Alors, passons à la Syrie. Nous avons Bachar al Assad qui du haut d’un quartier de Damas, soutenu par l’Iran et la Russie, est en guerre contre un éventail d’insurgés dont des unités d’Al Qaïda, des Salafistes, d’anciens soldats de l’armée syrienne et une foule habituelle d’aventuriers comprenant des Américains et des Européens qui croient mener le Jihad au nom d’Allah.

 

Assad est en fait une figure de proue, la vraie capitale de la Syrie se trouve dans le bureau du guide suprême iranien, Ali Khaméni. Un dirigeant de l’opposition syrienne l'a clairement dit en affirmant que l’Hezbollah et l’Iran était les véritables pouvoirs en Syrie et cela se confirme puisqu’il y a des membres du Hezbollah et des forces d’Al Quds [affiliées aux Gardiens de la révolution iraniens]qui ont été tués.

 

Donc si nous raisonnons, des forces d’Al Qaïda combattent l’Iran en Syrie, n’est-ce pas ? Cela s’intègre parfaitement dans le schéma des Sunnites contre les Chiites, ce qui soulage les crampes de notre cerveau. Mais attendez : notre propre Département du Trésor, qui n'arrive pas vraiment à débrouiller ce réseau mondial affolant de liens entre terroristes, a déclaré sans équivoque il y a quelques années, qu’il y avait un accord secret entre Al Qaïda et les Mollahs. En outre, la vague de terrorisme qui s’est abattu sur l’Irak et qui est universellement reconnue comme une résurgence d’Al Qaïda en Irak, a été parrainée depuis le premier jour par l’Iran (demandez donc au non regretté Abou Moussab al Zarqaoui, expédié au paradis par les forces spéciales américaines). Ce qui nous donne vraiment une nouvelle crampe au cerveau : Al Qaïda sunnite parrainé par l’Iran chiite combat contre les Chiites d’Irak alors que juste à côté, Al Qaïda sunnite soutenu par l’Iran, aux côtés d’autres combattants nationaux et étrangers principalement sunnites, combat contre un régime [alaouite], considéré comme chiite, sous le contrôle total de Téhéran (chiite).

 

Pourquoi donc l’Iran, qui parraine Al Qaïda en Irak, combat Al Qaïda en Syrie ? Est-ce une manœuvre de l’Iran d’utiliser Al Qaïda pour infiltrer l’opposition afin d’avoir un certain contrôle après la défaite du régime syrien actuel ou bien une tromperie pour renverser l’opposition ?


©Adapté par Danilette © Pour toute reprise, lire ici  

It’s War, You Idiots
http://pjmedia.com/michaelledeen/2013/08/18/its-war-you-idiots/

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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Valhante 27/08/2013 23:11


"Michael Ledeen, éditorialiste régulier de la revue néo-conservatrice National Review, et principal conseiller pour les affaires internationales de Karl Rove, l'éminence grise jusqu'à sa
démission en 2007 du président George W. Bush"

Autant dire que je ne lui fais aucune confiance dans son analyse affichée.
Une seule certitude : quel bord.. et ce n'est rien par rapport à ce qui nous pend au nez si la France décide de jouer à la gueguerre.


Il faut reconnaître qu'avec le droit d'ingérence, l'occident a provoqué plus de morts, soit directement, soit indirectement en dressant nos adversaires les uns contre les autres.


Les démocraties dans le monde se comptent sur les doigts d'une main. Je ne vois qu'oligarchies et dictatures dont certains peuples d'ici et d'ailleurs essaient de se débarasser et dont
d'autres ont déjà accepté la servitude. Pauvre France.

Pivoine 27/08/2013 12:30


On peut décrire la guerre en cours : il s'agit d'une alliance mondiale de gauchistes et d'islamistes radicaux, soutenus par un
groupe de pays comprenant la Russie


Comment ça ? La Russie soutient les gauchistes, et les islamistes    ?