Nous voulons une Europe rassemblée autour de ses racines communes. Par Renaud Camus

Publié le 9 Avril 2014

ATT00009999 Par Renaud Camus sur Bd Voltaire

La semaine dernière, Christian Vanneste a été relaxé par la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris, consacrant le fait qu’il n’est pas homophobe. Un bon signe pour la liberté d’expression et pour la décision qui doit être rendue dans votre cas ?

Pour la liberté d’expression, certainement, et Dieu sait qu’elle en a besoin ! Christian Vanneste n’est sans doute pas d’une homophilie débridée mais c’est bien son droit, et il n’a rien dit qui sorte des limites d’un débat raisonnable. J’ai d’ailleurs écrit, à l’occasion de ce procès, un témoignage en sa faveur.

M’avaient particulièrement indigné les reproches qui lui étaient faits quant à ses propos mesurés au cordeau sur l’inexistence en France, hors Alsace-Moselle réannexée par l’Allemagne, d’homosexuels déportés en tant que tels, durant la Seconde Guerre mondiale. Rien là qui ne soit strictement conforme à la vérité historique. Avoir eu des déportés dans sa “communauté”, ce n’est pas un droit de l’homme…

Pour ce qui est de ma propre affaire je n’ai aucune idée de ce qu’en sera l’issue. On en saura plus demain. J’ai jeté sur le papier à la hâte le texte de mon allocution au tribunal, dont je compte faire une petite brochure, Discours à la XVIIe ChambreLe voici. Vos lecteurs pardonneront les fautes et coquilles de ce brouillon.

Si vous étiez député, auriez-vous voté la confiance à Manuel Valls hier ?

Si j’étais député antiremplaciste, et je vois mal ce que je pourrais être d’autre, certainement pas.

Vous présentez finalement une liste “antiremplaciste”, que vous dirigerez, dans la circonscription Sud-Ouest aux élections européennes en mai prochain. Sans moyens financiers et sans beaucoup d’accès aux médias, comment comptez-vous faire ?

Il s’agit d’essayer de tourner le barrage antidémocratique qui réserve l’expression politique aux grands partis et aux puissances d’argent, au complexe médiatico-politique qui manipule l’opinion. Nos électeurs potentiels devront imprimer eux-mêmes, chez eux, nos déclarations d’intention et leurs bulletins de vote en notre faveur. Nous ne pourrons que leur en fournir les modèles. Dans ces conditions difficiles et quasiment désespérées, présentant une seule liste qui plus est, je doute que nous fassions beaucoup d’ombre à qui que ce soit, notamment au Front national. On m’accuse de diviser, voire de trahir. Je ne divise rien du tout, d’autant que ces élections sont à la proportionnelle, de sorte que nous ne ferons perdre de siège à personne. Et je trahis encore bien moins, naturellement, n’ayant de ma vie été membre du Front national, pas même du Rassemblement Bleu Marine. Il s’agit de donner un moyen d’expression, au moins symbolique, et fût-il très artisanal, à ceux de nos compatriotes qui pensent, premièrement, que le Grand Remplacement, le changement de peuple et de civilisation, est la question capitale, auprès de laquelle toutes les autres sont secondaires ; et, deuxièmement, que c’est un problème éminemment européen, qui ne trouvera de solution éventuelle qu’à l’échelle du continent, en accord étroit avec les autres peuples, si eux aussi se révoltent.

Quelle est d’ailleurs votre position vis-à-vis de l’Europe ?

C’est bien sûr le grand point de divergence avec le Front National, et même avec la majorité des autres antiremplacistes. Notamment en matière d’immigration, nous sommes aussi hostiles à la politique de l’Union européenne qu’à celle du gouvernement français, mais nous ne souhaitons pas plus la disparition de l’une que de l’autre. Nous souhaitons leur transformation, et le renversement de leurs lois. Nous voulons une Europe de la culture et de la civilisation, une Europe des nations, rassemblée autour de ses racines communes et dressée contre la colonisation dont elle fait l’objet : une Europe qui rentre dans l’histoire, c’est-à-dire se pense de nouveau comme une grande puissance, avec une armée et une diplomatie communes. De cette puissance elle n’a jusqu’à présent qu’un élément, la monnaie. Il serait absurde de s’en priver.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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