NUL NE PEUT ARRÊTER UN GÉNOCIDE SANS TUER DES CIVILS Daniel Greenfield

Publié le 15 Octobre 2014

Adaptation française

Thérèse Zrihen-Dvir

 

À l’instant où la Seconde Guerre Mondiale prenait fin, des villes entières avaient été dévastées et des centaines de milliers de civils tués par les Alliés dans l'une des dernières guerres, dont tous étaient d’accord sur sa qualité et vertu. Les civils ne se limitaient pas à l'ennemi allemand et aux civils japonais, mais incluaient des civils français en territoire occupé, des prisonniers juifs et de nombreux autres, pris en zone de guerre.

Au pacifiste professionnel, ces chiffres semblent réfuter la moralité de la guerre, de toute guerre, mais représentaient le prix du sang qui devait être versé afin d’arrêter deux machines de guerre une fois qu'elles avaient réussi à capturer des sommets stratégiques. Il n'y avait aucun autre moyen pour arrêter le génocide que l'Allemagne et le Japon avaient infligé à ​​l'Europe et à l'Asie, hormis une guerre sans merci qui allait emporter dans sa furie d'innombrables civils.

Un refus de combattre cette guerre ne pouvait en aucun cas représenter une ligne de conduite morale. Cela aurait signifié que les alliés se soumettent et servent de complices/partenaires silencieux au génocide. La même chose est vraie aujourd'hui.

La guerre est laide. Elle devient morale par ce qu’elle combat, et pas par la façon dont elle est entreprise. Si nous menons une guerre pour empêcher un assassinat en masse, notre devoir moral est de gagner le plus rapidement possible, et pas forcément scrupuleusement.

Notre tentative de rationaliser les aspects laids d’un drone qui prend en cible des terroristes sans dommages collatéraux est une fiction morale. Les civils meurent dans des frappes de drones comme dans toute autre forme d'attaque. Croire que nous pouvons avoir notre part du gâteau morale et la consommer aussi a réussi à convaincre quelques uns que tout autre type de guerre est immorale.

Si nous étions prêts à gagner la Seconde Guerre Mondiale le plus proprement possible, le prix de notre morale aurait été payé par nos propres soldats, ainsi que par d’innombrables victimes en Allemagne nazie et au Japon impérial.

Nous avons un exemple effrayant dans la manière dont les soldats américains et les civils afghans ont payé le prix pour contenter la moralité d'Obama.


Ainsi que nous le décrit l’oeuvre « La Grande Trahison », le nombre de victimes civiles afghanes involontairement causées par les forces américaines a chuté entre 2009 et 2011, mais les pertes civiles causées par les talibans n’ont pas cessé d'accroitre... 2009 a été l'année la plus meurtrière pour les civils afghans avec plus de 2400 morts ... dont les deux tiers ont été perpétrés directement par les talibans. Bien que le pourcentage des victimes causé par les forces américaines ait chuté de 28%, le pourcentage causé par les talibans a augmenté de 40% résultant de la restriction américaine. Cela s’aligne avec la hausse de morts dans les combat de l'OTAN qui passe de 295 à 520 »

«En 2011, les forces de la FIAS étaient responsables de 14,2% seulement des décès de civils afghans, tandis que les talibans l’étaient de 79,8% ».

Les soldats américains tuaient moins de civils afghans, mais plus de civils afghans mourraient. Les règles d'engagement ont permis aux talibans de gagner, ce qui signifie qu'ils seraient capables de tuer plus de civils. Au lieu d'aider les civils afghans, les américains ont causé la mort d’un nombre plus grand d'entre eux. L’approche morale d'Obama à la guerre était ce que les sages juifs ont appelé la «justice des déments ».

Cette question prend une nouvelle urgence lorsque les États-Unis font face au génocide perpétré par l’ISIS en Irak et en Syrie. Pour arrêter l’ISIS, les américains devrons faire ce qu’ils avaient refusé de faire face aux talibans. Il faut les frapper et les frapper très fort.

Il fut un temps où l’ISIS aurait pu être défait à l’aide de frappes de drones. Mais Obama jouait ces temps d’or au golf. Des attaques précises n’arrêteront plus l'état islamique. Seule une force décisive le fera.

La Maison Blanche est suffisamment prise de panique pour assouplir les règles sur la « quasi certitude » permettant une plus grande liberté d'action contre ISIS, mais ce n'est pas assez. L’ISIS n'est pas un groupe de terroristes qui se cache dans des grottes. Il fonctionne comme une armée. Il soutient ses forces dans le maintien d'un élan constant. C'est quelque chose qu'il a en commun avec l'Allemagne nazie et le Japon impérial, qui dirigeaient tous deux des entreprises militaires et économiques fragiles, tributaires d'un flux constant de nouvelles conquêtes.

Pour bloquer l’avance de l’ISIS, il faudra une bonne résolution de poser soit des bottes sur le sol, soit d’accepter de lourdes pertes civiles. Le choix, une fois de plus, est entre « Choc et effroi » ou des années d'occupation. Nous avons fait le mauvais choix dans le passé. Nous devons être prêts à faire le bon maintenant.

Nous pouvons briser l’ISIS si nous sommes prêts à déblayer les obstacles des exécutions à la chaîne en se déplaçant aussi rapidement que l'ennemi. Ce que nous avons en guise est le pire des deux mondes - un processus d'approbation d’attaques qui traitent ISIS comme s'il s'agissait d'un ennemi conventionnel, combiné à des attaques minimales mieux adaptées aux types d'ennemis terroristes que nous combattions il y a une décennie.

Notre ennemi est mobile et ingénieux. Il connaît nos tactiques et nos limites. Notre peuple a besoin d'être libre de prendre des mesures immédiates et sensibles sur le terrain au lieu de s'appuyer sur un processus qui est devenu trop lent et rigide sous le rythme bureaucratique de la guerre des drones.

Les ajournements d'Obama ont fermé la porte sur nos opportunités de sauver des otages américains détenus par l’ISIS. La juxtaposition de points qui a accompagné l'ensemble de ses décisions militaires est totalement irréalisable lors des confrontations avec des groupes qui ont appris à s'adapter et à répondre rapidement. Si la guerre contre l’ISIS continue à être gérée par la Maison Blanche, passée au tamis par ses conseillers et les sondages, alors la guerre sera perdue.

Sur le champ de bataille, nous devons être prêts à accepter que si nous utilisons une large échelle de bombardements contre un groupe militaire qui emploie des civils comme boucliers, il y aura un grand nombre de victimes civiles. Mais ce nombre sera bien moindre à celui que l’ISIS laissera sur le terrain si cette guerre continue de trainer dans la région.

La leçon que nous devons tirer de l'Afghanistan est que ces tatillons concernant des victimes civiles potentielles finissent par coûter plus de vies civiles.

Mettre fin à une guerre nécessite l'usage de la force décisive. L'alternative est la misérable situation d’Israël où il estropie le Hamas assez pour gagner du temps, mais pas assez pour empêcher une autre guerre, deux ans plus tard.

Épargner les terroristes pour sauver des civils est moralement et pratiquement périlleux. Les terroristes tuent des civils. Épargner les terroristes signifie que davantage de civils se feront assassiner.

Le 10 Septembre 2001, Bill Clinton avait dit qu'il aurait pu tuer Ben Laden si ce n'était la considération les dommages collatéraux dans la province de Kandahar. En raison de son inaction 3.000 personnes aux États-Unis et de nombreux civils sont morts en Afghanistan. En essayant d'éviter 300 victimes civiles, il en a effectivement causé dix fois plus, et puis une centaine de fois de nombreuses victimes civiles.

 

Nous ne pouvons plus nous permettre de faire des leçons de morale à Clinton qui a sacrifié le World Trade Center pour épargner Kandahar qu’il devait par la suite bombarder de toute façon. Nous pouvons soit tirer des leçons de l'Afghanistan ou continuer à perdre des milliers d'Américains aux guerres qui n'en finissent pas.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Histoire d'Islam

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Epicure 15/10/2014 16:01


La Bavure civile est l'argument massue pour les peuples et leurs politiciens soucieux de s'épargner efforts et courage totu en se drapant dans la Générosité et l'Humanisme. Salopards
...Maginotistes forcenés...