OBAMA, fin de règne ? par Guy Millière

Publié le 22 Octobre 2011

 

Par Milliere Guy - mardi 18 octobre 2011

 

J’ai été l’un des premiers, et, en France, l’un des seuls, à avoir dit d’emblée ce que serait la présidence Obama.
Je n’avais pas grand mérite à cela. Je connaissais le passé d’Obama. Un homme qui passe plus de 25 années de sa vie dans les milieux d’extrême-gauche et à la proximité d’islamistes, et qui n’a exercé vraiment qu’une seule profession, celle d’agitateur social, ne peut pas, d’un seul coup, parce qu’il se fait élire sénateur, puis, deux ans plus tard, Président des États-Unis, changer totalement d’idées et de personnalité.

 

Obama a fait illusion et a été vendu au peuple américain au terme d’une campagne de propagande intensive et fort bien menée. Il a fallu quelques se­maines à peine pour que nombre d’Américains s’aperçoivent qu’il y avait eu tromperie sur la marchandise. Le mouvement des Tea parties s’est levé dès le printemps 2009 et n’a cessé de grandir jusqu’à ce jour. Il a porté une majorité républicaine à la Chambre des représentants en novembre 2010. Il se mobilise, comme tout le camp conservateur, pour emporter le Sénat et chasser Obama de la Maison blanche en novembre 2012, avec de très bonnes chances d’y parvenir.

 

Cela dit, rien n’est assuré. Ce qu’on a tendance à oublier quelquefois est qu’Obama est un président particulier. Il est arrivé au pouvoir dans un contexte de panique boursière dont les circonstances exactes n’ont jamais été élucidées et qui ont plongé de grands penseurs, tels que Thomas Sowell, dans la perplexité et dans la consternation, lisibles à chaque page de son livre « Dismantling Ameri­ca » (Démanteler l’Amérique).
En tant qu’agitateur social d’ultra-gauche, Obama n’est pas nécessairement un homme à respecter les règles du jeu démocratique.

 

Depuis l’hiver dernier, il s’est placé dans une position de rupture qui n’a cessé de s’accentuer depuis. Il n’a pas adopté la posture du politicien décidant de se recentrer pour s’assurer une majorité de l’électorat, mais celle de l’extrémiste cherchant à obtenir le blocage des institutions – posture qui a culminé avec le conflit qu’il a mis en scène, concernant le relèvement du plafond de la dette l’été dernier. Cette posture s’est prolongée avec la proposition d’une loi insensée qui a semblé inacceptable, même aux Démocrates du Sénat, car elle consiste à rajouter aux dépenses publiques présentes, déjà ruineuses, 500 mil­liards de dollars de dépenses supplémentaires, et à augmenter les taxes dans un contexte de récession.

En même temps qu’il bloquait les institutions, Obama a commencé à parler à nouveau, sans masque et sans fard, sur le ton de la lutte des classes et de la haine envers les riches.

Il laisse ses soutiens développer une rhétorique de confrontation par laquelle les conservateurs sont assimilés au Ku Klux Klan, les membres des Tea parties à des « fils de p… » à « envoyer en enfer ».
Enfin, sont venues, ces derniers jours, les manifestations de Wall Street que nul n’analyse dans la presse française et qui sont, pourtant, très intéressantes.

On y trouve des gens du mouvement ACORN, principale association d’« organisateurs de communautés », dissoute en 2010 en raison de pratiques frauduleuses ; des gens du SEIU, syndicat d’employés publics situé très à gauche ; l’inévitable George Soros ; et, enfin, Van Jones, un homme qui a fait partie des conseillers de l’ombre de Barack Obama et qui a démissionné quand un discours, où il se définit lui-même comme communiste, a commencé à circuler sur internet.

Des idiots utiles et tous les gauchistes que compte le pays sont venus s’ajouter. Les slogans sont insurrectionnels. Obama a fait part de sa sympathie pour le « mouvement ». C’est, je pense, la première fois dans l’histoire du pays qu’un Président déclare sa sympathie pour une manifestation insurrectionnelle.

Nous sommes au crépuscule de l’ère Obama. Mais les quatorze mois qui viennent seront, sans doute, très rudes.
Obama n’entend pas mener paisiblement campagne pour se faire réélire. Il n’entend pas non plus être battu et quitter le pouvoir tranquillement. Il veut laisser des traces, et que celles-ci aient le parfum des décombres. J’ai parlé plusieurs fois de son mandat comme d’un orage après lequel il faudra faire le bilan des dégâts, et réparer. Espérons que ce ne sera pas davantage qu’un orage…


Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique étrangère

Commenter cet article