On vit très bien en France, mais pour combien de temps? Par Charles Gave.

Publié le 10 Décembre 2012

L’État n’est bon à créer ni richesse, ni liberté, ni emplois, ni croissance. Tout au plus des fonctionnaires. Courteline disait: «En France, on sème des fonctionnaires et on récolte des impôts.»

 

Par Charles Gave

Les Français – au moins ceux qui vivent en France – me disent souvent que je suis trop sévère et que l’on vit très bien dans notre pays. Ils ont, bien sûr, tout à fait raison. On vit très bien en France, où la génération la plus stupide de l’Histoire, celle de Mai-68 (dont je fais partie), a déjà dépensé toute l’épargne accumulée par les générations précédentes, pour ensuite emprunter l’épargne future de leurs enfants et maintenant de leurs petits-enfants. Consommer en une génération l’épargne et du passé et du futur assure en effet un niveau de vie très agréable, mais à une seule génération, au mieux.

Permettez-moi de rappeler que cela ne me paraît ni sain, ni durable, ni démocratique… et que cette gabégie arrive probablement à son terme. Après tout, pourquoi ces petits-enfants se sentiraient-ils responsables d’un endettement qu’ils n’ont jamais voté, d’autant qu’il n’a pas servi à financer des investissements productifs générant des revenus? Nos enfants, nos petits-enfants n’ont aucune raison ni légale ni morale de se sentir solidaires du paiement de nos retraites… aucune.

 

Et selon toute probabilité, ils ne le feront pas. Mais, hélas, ce n’est pas tout. L’excuse qui nous est servie à chaque augmentation de la part de l’État dans l’économie est bien entendu que c’est chose nécessaire pour «préserver l’emploi». Vérifions encore, par honnêteté scientifique, en mettant d’un côté la part de l’État dans l’économie et de l’autre le taux de chômage de la population active.

Nous découvrons que c’est exactement l’inverse qui se produit…

 

Comme le disait Bastiat, sans doute le meilleur économiste que la France ait connu, « en économie, il y a ce qui se voit et ce qui ne se voit pas».

Ce que l’on voit, c’est un ou deux emplois qui ont été préservés par l’intervention de la puissance publique dans les mécanismes du marché du travail. Ce que l’on ne voit pas, ce sont les dizaines d’emplois qui ne seront jamais créés à cause de ces interventions.Si l’Union soviétique a sauté, au grand désespoir de toute l’intelligentsia de la rive gauche, c’est bien parce que les penseurs des Lumières avaient raison.

L’État n’est bon à créer ni richesse, ni liberté, ni emplois, ni croissance. Tout au plus des fonctionnaires. Courteline disait: «En France, on sème des fonctionnaires et on récolte des impôts.» Et chaque fois que l’on embauche un fonctionnaire – ce qui se voit –, entre trois et quatre emplois potentiels du secteur privé ne sont pas créés – ce qui ne se voit pas.

Cette triste réalité – objective – nous permet, peut-être, d’aller un peu plus loin. Nous avons constaté que le taux de croissance de l’économie française ne cessait de baisser structurellement. Peut-être est-il temps de donner une explication à ce qui apparaît encore comme un grand mystère à beaucoup de commentateurs?

Considérons le graphique suivant.

 

Croissance structurelle du PNB français (échelle de droite) Ratio des valeurs ajoutées en francs courants selon l’Insee    Source : GaveKal Research

 

Ce graphique est légèrement différent du précédent: au lieu de faire le rapport entre l’économie communiste et l’économie capitaliste – courbe qui montait –, le rapport est fait cette fois-ci entre l’économie capitaliste et l’économie communiste. Ce nouveau ratio, qui est donc l’inverse du précedent, baisse structurellement.

Depuis 1978, comme chacun peut le voir, la part de l’économie «libre» par rapport à celle de l’économie communiste ne cesse de baisser. La deuxième information, celle que nous cherchons à expliquer, apparaît sur l’échelle de droite (en pointillé). Il s’agit du taux de croissance moyen des sept dernières années (2002-2009) et qui constitue une bonne approximation du taux de croissance structurel de l’économie française.L’évidence est accablante: plus la part de l’État dans l’économie est forte, plus la croissance est faible. Plus la croissance est faible, plus le taux de chômage monte. Plus le taux de chômage monte, plus les dépenses de l’État augmentent.

Et plus la croissance est faible… Un cercle vicieux dans toute son horreur… Ce bon M. Keynes ne nous a jamais avertis que l’intervention de l’État pour minimiser les effets d’une récession avait un prix. Et que ce prix était une baisse du potentiel de croissance sur le long terme.

Pendant encore combien de temps?

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Economie-Finance-Industrie

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lombard 11/12/2012 12:05


bonjour


le dernier espoir 


l'article 35 de la declaration des droit de l'homme et du citoyen...

DURADUPIF 10/12/2012 19:03


Errare...que l'Histoire a souvent...

DURADUPIF 10/12/2012 19:02


La France et l'Europe, des Peuples qui s'abandonnent. L'Europe un continent sans patriotisme qui attirent tous les apatrides. L'Histoire nous a bien appris vers quoi ils se dirigent. Français
Européens attention aux plats que l'Histoire à souvent l'habitude de reservir. Pays dits de cocagnes et de cornes d'abondances dirigés par les tonnaux des Danaïdes...

Pouf 10/12/2012 15:25


La remarque de "antho" est malheureusement très vraie. Pour être issu de famille pauvre ( les grans-parents étaient "économiquement faibles" comme on disait autrefois ), je constate que la
situation de ces catégories ne s'est pas réellement améliorées pour ceux qui ne magouillent pas...La faute à la gauche qui a tout fait pour discréditer le travail manuel, pour conforter la lutte
des classes et s'assurer les "ors de la République" pour longtemps ! Diviser pour règner...

antho 10/12/2012 15:08


Les classes "moyennes hautes" que vous cotoyez vivent peut etre encore très bien .


Les classes populaires qui travaillent vivent comme des esclaves , avec des salaires à peine au dessus du smic , et des frais de vie et d'impots astronomiques .


Tout est fait en fait pour que l'on préfère l'assistanat , beaucoup de gens vendent leurs voitures et y passent , en france il vaut mieux etre RSA-iste et n'avoir pas de voiture,qu'etre smicard
avec une voiture !


Je suis divorcé et ai des enfants ados que je veux voir devenir adultes et débrouillards sinon je crois que je serai déja parti . Un ouvrier meme très qualifié en France est considéré comme un
moins que rien , il y a encore quelques possibilités ailleurs .


Etre employé ou ouvrier lambda dans notre pays c'est vraiment un mode de survie , vu le cout de la vie et des impots ; même avec les quelques misérables allocations auxquelles on a droit ; il
vaut vraiment mieux rien foutre et magouiller...

Pouf 10/12/2012 14:56


Nous avons travaillé et cotisé ( largement ! ) pour nos retraites. Le système étant la répartition, nous avons payé les retraites de nos parents...Maintenant, ce sont nos enfants qui travaillent
et donc cotisent naturellement ( très largement ! ) pour payer nos retraites...et ce seront leurs enfants etc...Donc cessons de culpabiliser les retraités comme s'ils étaient responsables de la
situation actuelle ! Les vrais responsables sont les hommes politiques, les syndicalistes et les grands patrons ! Ce sont eux qui sont à condamner et dont il faudrait saisir les biens puisqu'ils
ont paupérisé notre pays !


Pourquoi a-t-on cette situation ? Parce qu'on a ( et on continue ) fait venir de la main d'œuvre étrangère ( je dirais plutôt accepter de la main d'œuvre étrangère...). Quand on accepte 200000
immigrés, on crée 190000 chômeurs, en admettant que les 10000 restants soient des personnes à fort potentiel nécessaires dans certains domaines...encore qu'on aurait pu former du personnel !


Quand on transforme l'Éducation Nationale en un "machin" qui ne doit surtout pas servir le "Patron"...on se tire une balle dans le pied car il était essentiel de former des gens pour travailler,
apprendre un métier à débouchés et non pas comme j'ai connu en 1964, former 30 employés de bureau...lorsqu'il en suffisait de quelques-uns. Cela n'interdisait pas de procéder à l'enrichissement
culturel, à la formation intellectuelle...des jeunes.


Cette démagogie nous fait payer maintenant le prix fort ! On peut dire que depuis 1981, c'est la dégringolade !


Comment se relever ? En balayant dur et en dégageant la bande d'incapables et cie qui dirige depuis près d'un demi-siècle...mais les Français ne sont-ils pas trop anesthésiés pour survivre ? Il
faut faire des ponts d'or à ceux qui entreprennent et gagnent...mais c'est à l'inverse qu'on assiste !