Les cadres ne veulent plus travailler à Saint-Denis (93) ! Étonnant non?

Publié le 22 Octobre 2011

Depuis que son siège a été transféré dans le 93, la filiale d'Orange dédiée aux entreprises a enregistré onze agressions en douze mois. La direction multiplie les mises en garde. 

Les salariés d'Orange Business Services (la filiale de France Télécom dédiée aux entreprises) font grise mine. Rien ne va plus depuis qu'ils ont quitté le XIII e arrondissement pour venir s'installer en mars 2010 à Orange Stadium, leur nouveau siège flambant neuf à Saint-Denis. Situé en plein cœur du nouveau quartier d'affaires du Stade de France, au pied de la station de RER B Plaine-de-France et à deux pas de l'A86, le bâtiment avait pourtant tout pour plaire : immeuble de haute qualité environnementale, petit jardin, espaces ouverts, grandes fenêtres, etc.

Mais les salariés sont confrontés à des problèmes d'insécurité aux abords du bâtiment : vols à la portière, vols à la tire quand ils traversent l'esplanade pour aller rejoindre le RER D ou la ligne 13 du métro, vitres de voiture fracturées dans les parkings… Il faut dire que les 1850 salariés d'Orange Business Services, à 80 % des cadres équipés d'ordinateurs portables et de smartphones dernier cri, sont des cibles de choix.

Les futurs arrivants inquiets 

Selon nos informations, l'entreprise déplore onze agressions en douze mois, aux abords immédiats du bâtiment, sur des employés ou des visiteurs. Il s'agit principalement de vols avec violence. Heureusement, il n'y a pas eu d'agressions graves. Mais l'inquiétude des salariés grandit. Résultat, le taux de présence est en chute : 300 postes de travail sur 1850 sont en permanence inoccupés, et les places de parking louées au Stade de France pour les salariés ont été rendues. «On ne crée pas de la mixité sociale en transplantant des cols blancs dans des zones sensibles, regrette Sébastien Crozier, délégué syndical CFE-CGC-Unsa chez France Télécom. Il aurait été plus productif d'implanter à Saint-Denis des centres d'appels, où les habitants du quartier auraient pu trouver des emplois. Il faut relocaliser dans les quartiers les centres d'appels délocalisés à l'étranger.»

Les salariés incités à se déplacer en groupe

Interrogée, la direction d'Orange se refuse à tout commentaire, mais ne nie pas le problème et incite les salariés à télétravailler à distance, à quitter les locaux avant 18 heures, à se déplacer en petits groupes. Elle multiplie les mises en garde et les réunions d'information. Les salariés sont régulièrement invités à participer à des sessions d'information, organisées avec la police. À leur retour des vacances d'été, tous ont reçu un petit document titré «C'est la rentrée, restons vigilants», qui énumère les consignes : «utilisez votre portable avec discrétion», «évitez d'avoir beaucoup d'argent ou des objets de valeur sur vous», «porter son sac, fermeture contre soi, du côté opposé à la chaussée», etc. Orange travaille avec la police nationale mais aussi avec PPV (Partenaire pour la ville), une association qui vise à réduire les incivilités par la présence de «grands frères» qui connaissent le quartier et peuvent faire de la médiation et de la dissuasion.

Bien sûr, Orange n'est pas la seule entreprise concernée. D'autres grands groupes, attirés par les prix du foncier à Saint-Denis, comme Generali, l'Afnor, la direction de l'ingénierie de la SNCF, etc. rencontrent le même type de problème. Un problème pris très au sérieux par le préfet Lambert, arrivé il y a un an et demi en Seine-Saint-Denis. «Le préfet Lambert a très régulièrement des réunions avec les chefs d'entreprise, les syndicats et les commissariats pour pallier ces problèmes. C'est une de ses priorités, affirme la Préfecture de police de Seine-Saint-Denis. Il travaille sans relâche depuis son arrivée pour installer de la vidéosurveillance, rendre les policiers visibles afin de dissuader les agresseurs.»

Mais la situation reste délicate et inquièteles futurs arrivants. C'est le cas de SFR, qui a prévu de déménager son siège de la Défense à Saint-Denis fin 2013. Un vaste chantier de 130.000 mètres carrés, où viendront s'installer près de 7000 salariés. Et l'architecte du projet, Jean-Paul Viguier, a beau présenter le futur bâtiment SFR comme la métaphore d'un arbre, «sous la forme d'un campus, adossé à un tronc, dont s'échappent des ramifications qui ouvrent sur des terrasses et un vaste jardin étagé», il n'est pas sûr que cela suffise à rassurer les salariés!

Figaro.fr

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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island girl 22/10/2011 22:44



Nul n'apppécie d'habiter ou de travailler dans un endroit malsain ou rodent des épaves à faciès .....quant aux bobos d'orange ou de SFR,le dur atterrissage avec la réalité leur permettra de
connaitre le bonheur du muticulturalisme !!! 



Epicure 22/10/2011 17:39



J'adore les foutaises d'Architectes depuis 60 ans que je découvre le "Littérarisme abscon" de leurs discours qui aboutissent  à des villes invivables des quartiers qui n'enn sont pas et une
architecture minable que l'on mesure à sa juste valeur: nulle quand on voyage un peu...(En Europe du Nord notamment)



Claude Germain V 22/10/2011 17:02



Exact ,en ayant subit moi meme les resultats ,un an et demi de bataille avec une habitante et ses trois monstres d'enfants insultants et racailleux ,mon épouse et moi nous sommes retrouvés
coupables par la police d'avoir simplement voulu nous defendre .  Ne touchez pas au diable, vous pauvres pecheurs ,les anges gardiens de Dieu le protege .



Vanpyperzele 22/10/2011 16:34



Ca devient une calamité ces ttpes d'agressions.A Bruxelles aussi des firmes ont délocalisés pour en terminer avec ces bandes incontrolables et plus ou mois protégés par les services de polices...