Otages au Niger : pour les familles la France doit "négocier" avec Aqmi

Publié le 4 Mars 2013

Dans la nuit du 16 septembre 2010, sept otages avaient été capturés par un groupe d'AQMI. Parmi les sept otages, un Togolais, un Malgache et cinq Français (parmi lesquels Daniel Larribe et sa femme, relâchée depuis). 

Dans la nuit du 16 septembre 2010, sept otages avaient été capturés par un groupe d'AQMI. Parmi les sept otages, un Togolais, un Malgache et cinq Français (parmi lesquels Daniel Larribe et sa femme, relâchée depuis). | DR

A mesure que les combats s'intensifient au Mali, les familles d'otages enlevés au Niger expriment des inquiétudes de plus en plus vives. «La  doit donner à Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique, NDLR) des signaux clairs montrant une volonté de négocier, en lien avec les sociétés et Vinci», affirment lundi dans un communiqué les familles des quatre otages enlevés le 16 septembre 2010 par Al-Qaïda au Maghreb islamique dans le nord du Niger, à Arlit, un site d'extraction d'uranium. 

«Aujourd'hui, on considère que les opérations militaires, de force, ne parviendront pas à sauver les otages», a expliqué René Robert, le grand-père maternel de Pierre Legrand, l'un des quatre otages aux mains d'Aqmi. «Nous voulons qu'aujourd'hui soient donnés des signaux très clairs à Aqmi pour qu'on manifeste une volonté de négocier», a-t-il ajouté.*

Des familles désemparées


Dans les colonnes du Parisien, les familles exprimaient ce lundi matin leur désarroi : «Nous traversons des heures terribles. Nous sommes devant l'ordinateur avec mon mari et nous attendons. Nous en sommes malades», confie Marie-Jo Dol, dont le fils Thierry est retenu prisonnier au Niger. Mêmes craintes chez Jean-Pierre Verdon, dont le fils a été enlevé au Mali en novembre 2011 et qui est vraisemblablement retenu dans la zone de combats : «L'attente est insupportable. Nous sommes tétanisés».

La possible  des chefs jihadistes renforce l'inquiétude


L'amiral Edouard Guillaud, chef d'état-major des armées a affirmé ce matin avoir à l'esprit la préservation des otages : «Nous ne savons pas où se trouvent les otages. Mais la totalité des opérations que nous menons est faite en gardant à l'esprit le fait que nous pouvons nous rapprocher d'eux. Nous organisons nos opérations pour être sûr que nous pouvons les préserver».
La mort présumée des chefs jihadistes Abou Zeïd et Mokhtar Belmokhtar, renforce l'inquiétude des familles. Sur la mort d'Abou Zeïd, l'amiral Guillaud juge l'information crédible, sans toutefois confirmer. Même position concernant le cas de Mokhtar Belmokhtar : «Sur les forums jihadistes, apparaissent depuis hier un certain nombre d'informations disant qu'ils serait toujours vivant. C'est la raison pour laquelle, je suis moi-même d'une extrême prudence.» Dimanche, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait lui-même appelé à la prudence. Ni Aqmi, ni aucun réseau islamiste n'ont dit un mot sur ces disparitions comme ils le font habituellement lors de la mort de l'un des chefs jihadistes.

LeParisien.fr 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Le Nazislamisme

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