Où sont les femmes - Par Cyril Brun

Publié le 17 Mai 2013

Une loi pour l’égalité nous dit-on ! En ce jour de consacré à la femme, il est intéressant de regarder de plus près ce qu’il en est du projet de loi Taubira. Car en prônant l’égalité entre pratiques sexuelles, les tenant du mariage pour tous en sont venus à oublier, que dis-je, à nier la femme.

Par Cyril Brun

Il suffit de relire le projet Taubira pour s’en convaincre. Systématiquement les mots « Elle » au singulier comme au pluriel, et le mot « femme » sont supprimés. Tout ce qui porte la féminité a été traqué et ostracisé de ce texte.

À vouloir une égalité dans les pratiques sexuelles, les identités sexuelles, pour citer l’article 4 ter du chapitre III, nous en sommes venus à nier, à refuser la femme. Des générations de femmes ont souffert, ont pris des risques pour que ce mot « femme » soit respecté, protégé. Combien de larmes et d’affronts ont été nécessaires pour faire sortir de l’oubli, parfois de l’infamie, la femme et tout ce qu’elle représente ? Pourquoi tant d’entre elles se sont-elles battues ? Pour avoir une place au soleil ? Pour être libres et indépendantes ? Pour être comme tout le monde ?  Pour faire comme les hommes ? Si un certain MLF a voulu copier le modèle masculin, c’est bien parce que ses représentantes voyaient dans la féminité une injustice, une condition jugée inférieure. Mais la femme ne vaut-elle pas par elle-même ? Le poète ne voit-il pas en elle l’avenir de l’homme ? Comment la femme peut-elle être cet avenir, comment la femme peut-elle donner tout ce qu’elle a à donner si elle n’est qu’une pâle copie du masculin ?

Nombre de femmes se battent quotidiennement pour être non pas des hommes bis ou des surhommes, mais des femmes. Nombres d’entre elles ont à cœur de prouver que la femme peut être femme sans avoir à être comparée à l’homme. Elles savent qu’elles doivent sans cesse faire leurs preuves dans une société machiste. Elles savent que bien des hommes seraient souvent bien contents de les voir retourner dans l’ombre tant ils craignent qu’elles leur fassent de l’ombre.

Il y a bien lieu d’être inquiet, lorsqu’on voit qu’un projet qui veut promouvoir l’égalité, rejettent dans l’ombre les femmes. Il y a de quoi être préoccupé quand on découvre que la femme n’a plus droit de cité dans la loi. Certes, notre langue qui ne connaît pas le neutre le veut ainsi. Mais l’égalité sexuelle doit-elle se faire au détriment de toutes ces années de combats pour faire sortir la femme de l’ombre ? Certains modernistes voient peut-être dans cette distinction époux-épouse, un archaïsme bourgeois du code civil. Mais regardons dans combien de textes il a fallu procéder à des coupes chirurgicales pour en retrancher la femme, comme on isole un virus.

Prenons garde que cette égalité, cette justice que promeut le sénateur Michel ne soit pas une nouvelle injustice pour les femmes. Oh bien entendu, pour le rapporteur Michel, la justice est fonction du rapport de force (justice et égalité).

Ce projet est un recul dangereux pour la cause des femmes. On a voulu se débarrasser de la femme en en faisant un homme bis, un surhomme ou un sous-homme, tous les moyens ont été bons pour cela. Et aujourd’hui on veut les balayer de la loi même. L’égalité n’est pas l’indifférenciation.

Certes l’intention première de ce texte n’est pas contre la femme, mais il n’y en a pas moins un risque que cette loi fait courir aux femmes en les excluant, en les traquant même. C’est symbolique certes. Mais nous savons combien le symbole porte du sens. Nous savons ce que les mots font de maux à long terme quand l’habitude devient loi.

Battez-vous pour l’égalité, mais ne ruinez pas des années de vrais progrès, de véritable avancée pour les femmes. Le pas que l’on veut nous faire franchir est dangereux, parce qu’il met en route un engrenage que nous ne maîtriserons bientôt plus. C’est une bombe à retardement contre la libération de la femme, mais aussi contre l’égalité. Ce projet divise aujourd’hui déjà, mais par cette éradication des femmes, il divisera demain encore davantage.

Cyril Brun

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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L'EN SAIGNANT 18/05/2013 17:45


Il en est de même pour cela comme du reste.! On vide la langue, les langues, de leurs signifiants les plus importants. Il n'y a plus de pédés ni gouines ni couples hétéros, mais des "gens mariés"
ou simplement "des couples" .! Il n'y aura plus ni hommes ni femmes mais des "androgènoïdes"  à un point existentiel tel, que le jeune marié "ex-mâle" qui au moins se croit tel, voudra
convoler avec une "ex-femelle" secrètement réputée telle mais sans garantie, pour se reproduire, risque de se trouver, la première fois, devant une impossibilité et/ou du moins, devant un grave
et profond problème de sens, autant linguistique que de pénétration .!