Panique à bord de la "bien pensance". Leur barque prend l'eau et c'est tant mieux.

Publié le 20 Mars 2011

             Bonapartine me signale un article qui, je l'avoue me plonge dans des abîmes de réflexions. Cet article de Rue 89 dont on connaît la tendance Boboïde lance une charge contre tous ceux qui ont ébranlé l'édifice de la bien-pensance. Cette bien pensance qui s'est arrogé le droit de penser droit, c'est-à-dire facho-humaniste, une logorrhée idéalo-socialo.

          Cette bien pensance enrage. Elle hurle, elle se retrouve dans les flammes de l'actualité. En face à face avec le réveil des Français. Elle tente de boucher les trous de son pitoyable navire qui enfin, prend l'eau de toute part.

          Cette bien pensance ne supporte pas la "pensée libérée", la libre expression. Elle ne supporte pas une pensée indépendante, surtout celle de penser comme cette France décrétée franchouillarde, imbécile et forcément fâchiste. En clair une France blanche, de culture judéo-chrétienne aux racines grecques. Vous savez, cette France des Rois, des Empereurs, la France millénaire qui donne des boutons à tous les internationalistes amateurs de multiculturalisme.

          L'immigration étant le nouveau prolétariat pour "ces penseurs". Ils lancent l'assaut sur les "responsables" comme d'autres avaient dénoncé les Juifs avant guerre. Voici des noms des "responsables" ces agents de la notabilisation crachent-ils ! Alain Finkielkraut, Eric Zemmour (Le Figaro, RTL, France 2, i>Télé), Ivan Rioufiol (le Figaro), Philippe Cohen (Marianne2.fr), Elisabeth Lévy (Causeur). Des noms lâchés à la vindicte populaire. Toujours ces bonnes vieilles méthodes de collabos : la dénonciation ? Savent-ils ces petits collabos moderne que sur ces cinq là, quatre sont juifs. Qui sont les plus dignes d’honneur. Eux ou cette bien pensance ?

          Un blanc est un blanc, un noir reste noir et un arabe toujours un arabe n'en déplaise aux dictateurs de la pensée formatée. Que ce soit un blanc, un noir ou un arabe, quand c'est un voyou ou un salaud, l'origine et la couleur importe peu. Cela reste un voyou ou un salaud. Même si cela déplait à la bien pensance, refuser le parler vrai, relève de l'hypocrisie. Cette bien pensance qui fait l'impasse sur les pourcentages des détenus en fonction de leur origine et appelle "jeunes" des voyous issus de l'immigration mais, Pierre, Paul ou Jacques quand ils sont "de souches" ou "souchiens".

          Je vous laisse lire cet article de Rue 89. Ce plat indigeste avec mon  sentiment en entrée et vous allez comprendre pourquoi, au-delà des abîmes de réflexions, je suis assez content que ces biens pensants regardent s'écrouler les fortifications de leur château politiquement correct.

Gérard Brazon

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             Lorsque le FN était un parti antirépublicain, qu'il cachait à peine sa filiation avec les groupuscules nationalistes ou monarchistes d'avant-guerre (l'Action française, la Ligue des patriotes…), qu'il était imprégné d'antisémitisme, qu'il rejetait la laïcité et le parlementarisme, les choses étaient simples. Marine Le Pen a changé le disque, et tout se complique.

         Désormais, c'est au nom de la laïcité (et non des « racines chrétiennes de la France ») que le Front national fait briller son islamophobie ; l'Etat est réhabilité et on a même entendu la présidente du FN vanter les vertus des « hussards noirs de la République », ce mot en R qu'évitait de prononcer son père. ( Islamophobie: l'anathème est lancé. L'islam peut occuper les rues, faire des appels à la prière du haut d'un minaret comme à Nanterre, imposer le halal partout mais le dire est "islamophobe". Pitoyable. Note de Gérard Brazon)

En mettant le pied dans la porte de la maison républicaine, la nouvelle dirigeante du FN a créé un sacré désordre, comme en témoigne l'affolement de l'UMP ou le
désarroi de la gauche.

          Dans ce nouveau contexte, Le Nouvel Obs a décidé de relancer une guerre qui oppose depuis des années la gauche pro-européenne (dont l'hebdo est un des porte-drapeau) aux souverainistes. Depuis des années, la première accuse les seconds de porter des valeurs réactionnaires et frileuses ; ceux-ci fustigent en retour la naïveté bien pensante de la première.

Finkielkraut et Zemmour « agents de notabilisation »

Dans son dernier numéro consacré à l'ascension de Marine Le Pen, l'hebdo s'en prend bille en tête à des journalistes et d'intellectuels souverainistes et/ou réacs, les accusant d'avoir fourni au FN le corpus idéologique dans lequel il puise aujourd'hui. Cinq noms sont particulièrement cités :

Un article signé par Arianne Chemin accuse ces « agents de notabilisation » d'avoir « décontaminé la pensée FN » en « brouillant les repères et les pistes » (Quelle curieuse expression que le mot "décontamination" qui souligne en creux, que la France était réellement contaminée par cette bien pensance):

« En focalisant le débat sur leurs thèmes fétiches – l'identité française, l'Etat, l'islam – , ils ont irrigué le champ politique qui court de Sarkozy à la candidate d'extrême-droite. ( "Théme fétiche" l'islamisation rampante de notre société relève finalement de la bêtise à l'état pure - Note de Gérard Brazon).

D'un côté, des conseillers qui, le nez sur leurs études qualitatives, poussent le chef de l'Etat à lancer un débat sur la laïcité. De l'autre, une candidate d'extrême-droite qui abandonne son discours libéral. (On comprend trop bien pourquoi ces regrets - Note de Gérard Brazon) »

 

« Marine le Pen n'a plus qu'à tendre son brun tablier »

Dans un éditorial, le directeur de l'hebdomadaire, Laurent Joffrin, ajoute un clou dans le cercueil préparé par sa consœur :

« Pendant plus de vingt ans, on a entendu qu'il fallait “briser les tabous”, rejeter le “politiquement correct”, dénoncer la “pensée unique” s'affranchir de la bien pensance » […] C'est ainsi qu'une petite troupe de publicistes et d'intellectuels, sous couverts d'anticonformisme ont réhabilité les réflexes de la droite la plus identitaire; (Pendant 40 ans on a entendu que la France était coupable, qu'elle était esclavagiste, colonialistes, collabo, que les blancs étaient des racistes par essence, etc. Note de Gérard Brazon)

Chacun dans son style […] [ils] ont choisi le refus du métissage, la foi sécuritaire et la défense de l'identité nationale pour chevaux de bataille, occupant sans relâche studios de télévision et colonnes des journaux pour clamer qu'on les empêche de parler et jeter à tous vents les clichés les plus éculés de la droite nationaliste et conservatrice. (Tandis que le laxisme de la justice, l'immigration incontrôlée, l'agression de policiers, les 430 zones de non droit, etc,  sont un bel idéal - Note de Gérard Brazon)

Débarrassée (officiellement) des vieilleries pétainistes et antisémites de son père, Marine le Pen n'avait plus qu'à tendre son brun tablier.(Accusation gratuite concernant la couleur du tablier. On remarquera que personne ne parle du tablier rouge de certains. Ce rouge qui fit 100 millions de morts -Note de Gérard Brazon) »

 

Et pour faire bon poids, L'Obs dévoile, dans un encadré, un texte que Jean-François Kahn s'apprête à publier dans un numéro spécial de Marianne, et dans lequel il ne ménage pas non plus certains de ses amis :

« Dans notre volonté de casser le carcan de la pensée unique, qui n'était pas encore devenue un lieu commun quand nous l'évoquions, nous avions largement ouvert nos colonnes aux pourfendeurs de l'idéologiquement correct […] à qui l'establishment médiatique refusait la parole. Pour le coup, ce fut un succès. Certains de ceux-là sont devenus des vedettes et on n'entend plus qu'eux.

Sauf qu'ils ont, entre-temps, basculé dans le discours réactionnaire le plus convenu, le plus éculé, et le plus systématique. Je pense notamment à Elisabeth Lévy. Quant à Eric Zemmour, il est devenu le héros de la droite ultralibérale du fric : à se les mordre ! »

 

Philippe Cohen : « Je m'efforce d'alerter les électeurs de gauche »

Les intéressés, qui ont toujours clairement pris leurs distance avec le FN, se sont étranglés. Sur Marianne2.fr, Philippe Cohen se désole de ces attaques :

« Voilà plus d'un an en effet que je m'efforce […] d'alerter les électeurs de gauche et les républicains en général sur la menace que constitue Marine Le Pen aujourd'hui : un véritable hold-up sur la doctrine et les valeurs républicaines. […]

Qui rend donc un fier service au Front national ? Ceux qui veulent nous rejouer à la virgule près la “ quinzaine anti-Le Pen ” de 2002 et se contenter de dénoncer la lepénisation des esprits ? Cet anti-fascisme d'opérette a largement fait la preuve de son inefficacité. »

 

Pour le responsable de Marianne2.fr, Laurent Joffrin se trompe d'adversaire : s'il y a des responsables de la montée du FN, c'est cette gauche qui a abandonné à l'extrême-droite les thèmes de la nation et la lutte contre l'insécurité :

« […] Ces Jean Moulin de pacotille qui, par leur ignorance de la vraie situation du peuple, offrent un boulevard à quatre voix au Front national. »

 

Sur le site Causeur, d'Elisabeth Lévy, la contre-attaque est moins élégante. C'est un blogueur, David Desgouille, qui s'est chargé de tenir le flingue, qu'il a pointé sur Arianne Chemin. Celle-ci étant accusée d'avoir « décontaminé le nationalisme corse ».

Plutôt que de répondre aux accusations de L'Obs ( »Philippe Cohen a fait le boulot, beaucoup mieux que je ne pourrais le réaliser moi-même »), Desgouille est allé déterrer un portrait qu'il juge « hagiographique » signé par la journaliste il y a plusieurs années, consacré au nationaliste corse Jean-Guy Talamoni…

►Addendum 15 mars, 13h08. Elisabeth Lévy a finalement pris la plume pour répondre à l'Obs :

« A la différence de Laurent Joffrin et de pas mal de monde, y compris à l'UMP, je ne crois pas que c'est en abordant les questions qui fâchent qu'on l'a fait passer de 12% à 20 % des intentions de vote, mais, au contraire, en poussant des cris hystériques pour qu'on ne les aborde pas, ce qui revient, selon l'expression d'Alain Finkielkraut, “ à faire cadeau du réel au Front national ”. » 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Bonapartine 20/03/2011 12:39



Bonjour,


« A la différence de Laurent Joffrin et de pas mal de monde, y compris à l'UMP, je ne crois pas que
c'est en abordant les questions qui fâchent qu'on l'a fait passer de 12% à 20 % des intentions de vote, mais, au contraire, en poussant des cris hystériques pour qu'on ne les aborde pas, ce qui
revient, selon l'expression d'Alain Finkielkraut, “ à faire cadeau du réel au Front national ”. »


Je ne suis pas toujours d'accord avec les opinions d'Elisabeth Lévy. Mais là, en l'occurrence, son analyse
est pertinente et je l'approuve à 100%.


 


Bonapartine.