Pakistan : les talibans tuent les gens éduqués.

Publié le 18 Octobre 2010

Source: Point de Veille

Les talibans font régner la barbarie. Le gouvernement ne fait rien et tout le monde a peur. Les musulmans sont les premières victimes de la terreur islamique.

Dr khan
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Le meurtre du Dr Khan dans le cadre de la guerre des talibans contre les gens éduqués, par Jane Perlez

Farooq Khan, médecin des pauvres, un érudit de l'islam et ami de l'Amérique, représentait tout ce que les extrémistes islamistes haïssent. Il y a une semaine, deux tueurs talibans, déguisés en vêtements ordinaires et arborant un rasage négligé plutôt qu’une barbe, ont gravi les marches menant au bureau du Dr Khan situé au deuxième étage et ils l’ont abattu à bout portant pendant qu’il déjeunait entre deux flots de patients.

L'exécution rapide et de sang froid du Dr Khan est le dernier meurtre dans ce qui ressemble à une campagne des talibans en vue d'éliminer, ou du moins réduire au silence, les musulmans éduqués du Pakistan qui dénoncent les militants, leur recours aux attentats-suicides et leurs appels au djihad mondial. Au moins six intellectuels et professeurs d'université musulmans ont été tués ou enlevés l'année dernière au Pakistan et dans chaque cas, ces crimes ont été suivis d’une petite mention dans les médias, de promesses d’enquête du gouvernement, puis d’un silence effrayé. 

Ce scénario est tellement familier que plusieurs musulmans modérés, qui se plaignent que le gouvernement est devenu impuissant face aux extrémistes, ont dit que la mort du Dr Khan n’était pas une surprise.  [...]

La disparition de la pensée religieuse éclairée est un élément de plus, disent les modérés, dans la campagne à long terme menée par les talibans, aidés par Al-Qaïda, en vue de saper l’État.

«Le gouvernement n'a pas la volonté ou la capacité de faire grand chose. Il est irréaliste d'attendre qu’ils fassent  quelque chose», a déclaré Rahimullah Yusufzai, un journaliste et ami de longue date du Dr Khan. Comme tous ceux qui ont été assassinés avant lui par des extrémistes, il avait reçu des menaces, a-t-il dit. «Ce n'est pas le premier assassinat du genre et ce ne sera pas le dernier. Les gens ont déjà peur de discuter de ce sujet et désormais, ils auront encore plus peur», a dit Mr. Yusufzai. [...]

Le Dr Khan a fait partie du Jamaat-e-Islami, le parti religieux anti-américain voué à la transformation du Paksitan en État islamique. Il a rompu avec ce groupe et rejoint un autre parti anti-américain, le Tehrik-e-Insafi, dirigé par l’ancien joueur de cricket Imran Khan. Il a ensuite adopté des positions plus indépendantes et a participé, au cours des dernières années, à des conférences internationales sur les femmes, la démocratie et l'amélioration des relations entre musulmans et non-musulmans. Peu de temps après sa mort samedi dernier, une faction des talibans pakistanais, la Brigade Abdullah Azzam, a revendiqué la responsabilité de son assassinat, disant qu'il avait mal interprété le djihad et l'islam.

Bien que de nombreux universitaires et professionnels musulmans aient été tués ces dernières années par les talibans, la mort du Dr Khan semble avoir produit un effet plus marqué. The News, un quotidien de langue anglaise qui critique le gouvernement, a dénoncé dans un éditorial le «bilan lamentable» des autorités dans l’arrestation des gens soupçonnés d’avoir commis ces meurtres. «Ils sont en liberté, mais est-ce une raison de leur permettre aussi de gagner ?», demande le journal.

Dans l'air doux de l’automne à Swat jeudi, un service commémoratif a eu lieu pour le Dr Khan sur le campus de la nouvelle 'université. Les représentants du gouvernement n'ont pas été invités, en raison de problèmes de sécurité et des émotions, a déclaré Mr Khan, recteur de l'université. «Nous sommes tous ses imams, nous allons garder le silence à sa mémoire. C’est la véritable façon de prier», a-t-il dit.

Source :  Killing of Doctor Part of Taliban War on Educated, par Jane Perlez, 8 octobre 2010. Traduction partielle

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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