Panique à Gaza : l'Egypte a fermé les tunnels

Publié le 10 Août 2012

L'annonce de la fermeture a été "un choc énorme"

GAZA "Si le bouclage continue, ce sera un désastre", avertit Abou Taha, propriétaire d'un des innombrables tunnels creusés sous la frontière entre la bande de Gaza et l'Egypte, tous fermés après une récente attaque meurtrière dans le Sinaï.
Pour cet homme d'affaires quadragénaire, ces tunnels sont devenus au fil des ans une source lucrative de revenus.

Mais il est désormais menacé de faillite depuis qu'une trentaine d'hommes armés ont attaqué dimanche dans le nord du Sinaï une position tenue par des gardes-frontières égyptiens et tué 16 d'entre eux, avant d'être neutralisés par l'armée israélienne aux abords du terminal routier de Kerem Shalom.

Cette brutale attaque a provoqué une onde de choc en Egypte, où les autorités ont aussitôt fermé le passage de Rafah, entre l'Egypte et la bande de Gaza, unique fenêtre extérieure de l'enclave palestinienne non contrôlée par Israël.

Dans la foulée, tous les accès aux tunnels ont été fermés, interrompant les fructueuses activités véhiculées par ce biais depuis le début du blocus de l'enclave imposé par Israël en 2006.

"Les marchandises et produits alimentaires passent par ces tunnels, de même que les matériaux de construction, et tout cela va complètement cesser. Nous allons être étranglés, et Israël s'en réjouira", déclare à l'AFP Abou Taha.

Pour Abou Mustafa, 34 ans, propriétaire d'un tunnel spécialisé dans les matériaux de construction, l'annonce de la fermeture a été également "un choc énorme".

"Notre affaire va s'arrêter. Cela va porter préjudice à des milliers de familles des propriétaires de tunnels ainsi qu'aux travailleurs", prévoit-il.
"Nous ne sommes pas hostiles aux mesures de sécurité prises par les Egyptiens et les Palestiniens, mais nous exigeons la réouverture des tunnels, avec peut-être un peu plus de contrôles. Mais si nous fermons les tunnels, les gens à Gaza vont mourir", ajoute-t-il.

Selon des responsables des services de sécurité palestiniens, il existe des centaines de tunnels à Rafah, une localité très étendue à la frontière entre la bande de Gaza et le Sinaï égyptien.

Omar Shaaban, un économiste qui dirige PALThink, un groupe de réflexion basé à Gaza, estime à un demi-milliard de dollars par an le montant du chiffre d'affaires des tunnels. Fermer ces tunnels aurait "un effet dévastateur pour les habitants de Gaza", estime-t-il.

"La bande de Gaza s'est habituée à utiliser les tunnels comme point de passage permanent et tous les secteurs d'activité dépendent d'eux", souligne-t-il à l'AFP.
Bien que quelques allégements soient intervenus dans le blocus, Israël maintient un contrôle strict sur ce qui peut être importé, y compris de nombreux matériaux de construction, dont une bonne partie passent ainsi par les tunnels.

Leur fermeture prolongée provoquerait une paralysie du bâtiment et réduirait au chômage 15.000 ouvriers.
"Le carburant passe aussi tous les jours par là et tout retard dans les fournitures ne peut qu'aggraver la crise de l'électricité et provoquer l'arrêt des boulangeries, des usines et des transports", ajoute Omar Shaaban.

Jusqu'à très récemment, la bande de Gaza vivait sa pire crise sur le plan de l'électricité, mais la situation s'est considérablement améliorée avec la fourniture d'importantes quantités de carburant par le Qatar, via l'Egypte et Israël. Mais l'attaque de dimanche a tout remis en cause.

De longues files de voitures se sont formées lundi près des stations-services à la suite d'un mouvement de panique.
"Les Egyptiens bloquent les camions transportant la nourriture et le carburant avant leur arrivée aux tunnels", explique Abou Jihad, qui gère une station-service.

© La Dernière Heure 2012

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique étrangère

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DURADUPIF 11/08/2012 15:01


Comme quoi l'économie se fait même dans des prisons à ciel ouvert, si chères à nos boboïstes idiots utiles et dhimmis d'Europe. A défaut ils orienteront leur économie sur la vente du sable des
tunnels fermés. Tout simplement, comme d'habitude,  ils solliciteronts les aides des Pays imbéciles "riches" et Occidentaux.

Gérard Brazon 11/08/2012 10:05


On notera au passsage que pour une prison à ciel ouvert comme le dit la gauche française, voire, un camps de concentration israèlien, la bande de Gaza à des réactions tout ce qu'il y a de plus
logique pour des habitants vivant normalement, finalement. Des queues de voitures pour l'essence n'existaient pas dans les goulags, les camps de la mort hitlérien, ceux de Pol pot et j'en passe.
L'Egypte démontre le mensonge du hamas, de l'autorité palestinienne et la stupidité des occidentaux et singulièremet celle de nos "élites" françaises biens pensantes.