Le scandale des manuels scolaires 2011 - par Dimitri Casali

Publié le 16 Septembre 2011

Portrait de Dimitri CasaliEntré à la 11e place du classement des meilleures ventes (essaies, documents) de l’Express-RTL,  je serai l’invité de Stéphane Bern (avec Lorant Deutsch) demain vendredi 16 de 11h à 12h 30 sur RTL , de Frédéric Taddéi mardi 20 sur France 3 à 22h 40 pour l’émission « Ce soir ou jamais », d’Alain Finkielkraut sur France Culture pour « Répliques » le samedi 24 de 9h 10 à 10h , de Julien Courbet sur France 2 mardi 27 septembre à 17h 10 et de la chaine LCP le 25 septembre émission « Parlons en ». Vive l'Histoire!

Dimitri Casali

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En cette rentrée scolaire, l’historien Dimitri Casali, auteur de nombreux livres, publie aux éditions Perrin L’altermanuel d’histoire de France. Un ouvrage dans lequel il a répertorié tout ce qui n’est plus présent dans les manuels des élèves. 

Parmi les absents ou les personnages mis à l’écart, figurent Louis XIV, qui a été relégué à la fin du programme de 5e, classe dans laquelle le nombre de sujets à traiter en histoire est colossal et où il est rare que les professeurs en arrivent à bout du programme, mais également Napoléon Bonaparte. Ainsi, explique notre invité, "l’empereur Napoléon Ier, vainqueur d’Austerlitz, a disparu des manuels scolaires". Et n’est désormais présent dans les programmes que "le premier consul Bonaparte, le législateur, celui qui a fait le Code civil". 

Une "triste réalité" et "une ambivalence" sur lesquelles l’historien entend attirer l’attention dans son ouvrage, car elles permettent, selon lui, "de voir comment les Français appréhendent l’histoire actuellement", à savoir par "une lecture uniquement culpabilisante". 

Dans cet altermanuel, poursuit-il, "j’ai essayé d’avoir une vision sereine, apaisée et optimiste". "Pourquoi avoir honte d’Austerlitz ? Parce qu’aujourd’hui, dans les programmes et les manuels scolaires, Austerlitz n’apparaît jamais. Pourtant, dans le monde entier, dans l’art militaire, Austerlitz est considérée comme une des plus grandes victoires de l’art militaire. Aux Etats-Unis, à l’école de West Point, ils apprennent encore les manœuvres d’Austerlitz. Et enfin, Austerlitz, c’est avant tout les soldats de la Grande Armée, qui était une armée nationale, animée par un sentiment national et révolutionnaire, et qui a battu les despotes, les vieux monarques européens. Donc, c’est une victoire magnifique. Et malheureusement, (les Français) en ont honte, alors que les historiens anglo-saxons, par exemple, considèrent qu’Austerlitz est une des plus grandes victoires. Ils ont notamment fêté Trafalgar. Et à l’occasion de son bicentenaire, nous avons envoyé notre porte-avion Charles-de-Gaulle. Alors que Jacques Chirac avait refusé de célébrer Austerlitz, parce qu’il y a eu des pressions de certains collectifs antillais qui ne voulaient absolument pas que l’on célèbre Austerlitz". 

Or, "ce que les Anglo-saxons ont très bien compris, mais les Chinois et les Japonais aussi, - même les Sud-Américains sont en train de célébrer Napoléon, aujourd’hui, à l’heure du bicentenaire de leurs indépendances, puisqu’il a inspiré aussi Simon Bolivar... -, et bien nous, nous l’avons complètement oublié." 

"En fait, il faut que l’histoire, notre lecture du passé, redevienne sereine, cesse d’être une source de lamentations pour devenir une source d’espoir (...) ’Si tu veux marcher vers le futur, retourne toujours vers tes racines’, disait déjà Machiavel. En fait, l’histoire sert à comprendre le présent et à affronter l’avenir", rappelle l’historien. "D’ailleurs, récemment, un sondage terrifiant a été publié, puisque, selon cette enquête, 71 % des jeunes Français ont peur d’affronter l’avenir. Pourquoi ? Parce qu’il y a véritablement une crise identitaire, une crise de la mémoire de France, comme on le voit avec l’exemple de Napoléon", explique Dimitri Casali. 

http://www.france5.fr/c-a-dire/index-fr.php?page=emission&id_article=1580

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Gérard de Blotzheim 21/09/2011 08:24



La crise de l’éducation nationale n’est pas d’hier non plus. Pour avoir exercé le plus beau métier du monde, celui d’enseigner, plus de trente
années après avoir quitté ce corps « malade », je le suis encore plus pour constater le « désastre » intellectuel de nos jeunes bacheliers : des ignares en puissance
inutilisables sur le marché du travail rémunéré, justes bons pour du travail subventionné… Alors l’école primaire… une vraie
catastrophe… Attention, il ne faut pas le dire, la « bête est malade », mais surtout ne pas le lui dire, elle risquerait de se soigner…


Gérard de Blotzheim