Parce que pour une certaine intelligentsia, il y a des "parents toxiques".

Publié le 28 Octobre 2014

L'expression est plus qu'étonnante, elle est choquante. Pas tant pour les violences physiques sauf si la gifle ou la fessée en fait partie. Une bonne torgnole à un môme qui fait sa colère dans un magasin, refuse d'obéir, ne veut pas entendre à 2 ans les explications savantes de la maman au bord des larmes dans la rue, une bonne torgnole rend souvent service et remet les pendules à l'heure. A ne pas confondre avec les tarés qui battent leurs enfants pour le plaisir. Pour le reste qu'est-ce que veux dire des parents intrusifs, absents ? A quel moment des parents souhaitant que leurs progénitures apprennent leurs leçons sont intrusifs, abusifs, etc. ?

Gérard Brazon

Parents toxiques : comment échapper à leur emprise ?

Par  


Difficile de se construire lorsqu'on a été victime de parents dits "toxiques", qu'ils aient été violents physiquement, psychologiquement, absents ou trop intrusifs. Témoignages et conseils pour se défaire de leur emprise. 

 

Depuis des mois, Sophie garde dans son sac cette lettre pour sa mère, sans parvenir à la lui donner. Dans cette missive, elle tente, en pesant chacun de ses mots, d'exprimer le mal que lui font et lui ont fait ses remarques nombreuses et répétées sur son poids et celui de son futur mari, son manque d'ambition professionnelle ou financière. "Je suis tout à fait prête à oublier toutes ces petites phrases un peu mesquines que tu m'as dites (...) mais j'aimerais tellement que tu puisses être juste heureuse pour moi" supplie la jeune femme. Un souhait légitime et qui peut paraître évident, mais qui lorsqu'on a la malchance d'avoir un père ou une mère "toxique" relève souvent de la pure utopie.  

 

 

Pourquoi certains parents ne semblent pas capables d'aimer "suffisamment" comme le préconise le psychologue Donald Winnicott? Comment comprendre et accepter les comportements de ces géniteurs malveillants, intrusifs ou violents et surtout comment se construire sans ces repères d'amour parental? Voici, avec l'aide de la psychothérapeute Béatrice Voirin, quelques pistes de réflexion. 

Un parent toxique est incapable d'apporter du soutien à son enfant

"Un parent toxique, c'est un parent qui a été dominateur, critique, méprisant, manipulateur ou plus simplement démissionnaire et incapable d'offrir le moindre soutien à son enfant. Ces parents ne sont pas forcément coupables de sévices ou d'abus sexuels", définit au préalable la psychothérapeute. Attention, glisse-t-elle, "on est tous un jour ou l'autre des parents "toxiques". Nous ne sommes que des êtres humains! On peut avoir des problèmes et s'emporter contre son enfant de façon excessive. On peut ne pas être disponible de temps à autre. Mais la plupart des enfants sont capables de s'accomoder de ces coups de colère, de ces manques, occasionnels tant qu'ils reçoivent leur dose d'amour et de compréhension." 

 

 

Autrement dit, il faut faire la différence entre une parole malheureuse prononcée sous le coup d'une grande fatigue ou d'un énervement que toute mère ou tout père a pu ressentir un jour et la récurrence de critiques comme celles relevées par Sophie dans sa lettre: "t'es-tu rendu compte du regard de la vendeuse quand tu lui as dit que je perdrais un peu de poids pour le mariage?

 

Elle était sidérée! A chaque fois que tu me demandes si je compte maigrir (tu me l'as demandé trois fois depuis l'annonce du mariage), je te réponds que "oui, bien sûr, j'y compte bien". Mais qu'est-ce que ça me fait mal de te répondre cela, parce que moi je ne me trouve pas si grosse!" 

Culpabilisation, violences verbales, absence de mots d'amour...

"Cette femme que j'aime tant, je la déteste tout autant", avoue quant à elle Ava, 42 ans. "J'ai du toute mon enfance prendre soin d'elle, subir son chantage affectif, veiller à ce qu'elle ne se suicide pas. Lorsque je suis devenue anorexique et que le médecin l'a alertée, je pesais alors 36 kilos, sa première réaction a été de m'accuser de faire ça contre elle. Avec elle, tout passe par la culpabilisation, le monde entier lui fait mal, mais jamais autant que ses enfants. Il est impossible de la contenter, et ça c'est vraiment très très dur, même aujourd'hui". 

 

 

Les témoignages comme ceux de Sophie et Ava sont légion. "Mon père est très violent verbalement et ma mère ne m'a jamais prise dans ses bras ni dit "je t'aime". Je me suis construite sur l'idée que j'étais un monstre pas aimable, que les autres étaient dangereux", confie pour sa part Sandrine. Et toujours cette même interrogation: comment faire pour sortir de ce ressentiment et parvenir à vivre sans ce capital d'amour parental ? 

Pardonner pour aller mieux, pour ne plus être "victime"

"Il faut intégrer que malheureusement, le ou les parents toxiques ne changeront pas d'un coup de baguette magique", répond Béatrice Voirin. "il ne faut pas avoir d'espoir illusoire à ce sujet, en revanche on peut couver l'espoir réaliste, celui-ci, de se détacher de leur influence destructrice." "Ces parents ont des comptes à rendre sur ce qu'ils ont fait subir à cet enfant, ils ont leur part de responsabilité et l'enfant n'est pas responsable de ce qu'on lui a fait alors qu'il était un enfant sans défense", insiste la psychothérapeute. Mais, ajoute-t-elle, "l'adulte qu'est devenu cet enfant est responsable des décisions positives qu'il pourra prendre à partir de maintenant pour surmonter ces "expériences"".  

 

 

"C'est ce que j'appelle "le pardon non judeo-chrétien" le pardon égoiste, juste pour soi, pour aller mieux", résume-t-elle: "je ne suis pas responsable de ce que tu m'as fait subir "avant" mais à partir de maintenant je te "pardonne" et je décide que je serai responsable de ma vie future et que tu n'auras plus de pouvoir sur elle ". En bref, ne plus être une victime

"Etre dans la réponse et non dans la réaction"

Par ailleurs, suggère Béatrice Voirin, "chercher l'intention positive de ses parents (et parfois ce n'est pas simple) ou leurs circonstances atténuantes ne changent pas l'histoire mais aide à augmenter son libre-arbitre et à faire de nouveaux choix meilleurs pour sa vie future". Un travail dont il faut accepter le "prix émotionnel": "à partir du moment où l'on se débarrasse de ses défenses en exprimant son besoin, son mal-être, on fait forcément surgir des sentiments de rage, d'angoisse, de douleur et surtout de chagrin", analyse la psychologue.  

 

 

Pour que cette démarche porte ses fruits, il est important selon Béatrice Voirin d'être dans "la réponse plutôt que la réaction". "On agit par réaction quand on se sent agressé ou menacé émotionnellement. Si l'on reste dans la "réaction" on reste dépendant de l'approbation de l'autre, le parent toxique, on lui donne un pouvoir considérable! Mais si l'on répond simplement, on est conscient de nos émotions, on les respecte mais on ne les laisse pas nous mener à des actes impulsifs", décrypte-t-elle. Autrement dit, ne plus chercher à se justifier, "non ce n'est pas vrai, je ne suis pas méchante, je ne suis pas ingrate ...etc " mais affirmer son ressenti, dire les choses telles qu'on les ressent: "je suis quelqu'un qui vaut la peine, j'en suis aujourd'hui convaincue et me suis désormais débarrassée de cette image que tu m'as donnée de moi". 

Autre option: choisir de baisser les armes

Parfois, la réponse peut aussi consister à ne plus argumenter, à baisser les armes. "Il y a une grande différence entre choisir de capituler devant ses parents parce qu'on a examiné toutes les alternatives et que l'on décide que l'on n'est pas pret pour le combat et capituler automatiquement parce que l'on se sent faible. Effectuer ce choix signifie faire un pas vers une prise de conscience et du coup mettre à distance mécaniquement ses parents toxiques", explique encore Béatrice Voirin.  

 

 

Un choix qui ressemble à celui qu'a fait Sophie et qui explique sans doute qu'en dépit de cette mère critique et intrusive, la jeune femme ait trouvé le bonheur et l'amour avec un grand A. "Je n'ai peut-être pas la vie que tu voulais que j'aie, le boulot que tu voulais que j'aie, peut-être pas le fiancé que tu voulais, peut-être pas le mariage que tu espérais. Mais je suis heureuse, maman. Je suis heureuse parce que j'ai fait mes choix, en toute connaissance de cause", conclut-elle dans cette lettre qu'elle ne lui donnera peut-être jamais, mais qui par sa simple existence montre la capacité de résilience de chaque être humain, même privé de ce si précieux sentiment d'avoir été "suffisamment aimé". 

Parfois, seule la distance apaise

Dans les cas extrèmes, conclut toutefois la psychothérapeute, s'appuyant sur cette phrase de la psychologue Maryse Vaillant: "il y a des blessures qui creusent des trous qui ne se referment jamais". "Pour moi, la seule façon de se défaire de leur emprise, c'est hélas qu'ils décèdent", confirme Vanessa en évoquant ses parents. "Et encore, ils laissent des cicatrices". "Dix ans que je n'ai pas revu ma mère qui a, entre autres, commis sur moi des violences psychologiques et fermé les yeux sur son compagnon incestueux", raconte Lila. "Ma fille sait qu'elle existe mais ne l'a jamais vue. Après des années de doutes, je suis sûre aujourd'hui que je n'avais pas le choix". "Certaines familles ne sont pas bonnes pour nous et il vaut mieux les quitter", conclut Béatrice Voirin, constatant qu'en effet, dans certaines circonstances, "seule la séparation apaise". 


Source Express

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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deniaud 29/10/2014 07:44


tout ça, c'est très bien, mais les auteurs auraient au moins pu citer le fameux livre "les parents toxiques" de Susan Forward, américaine qui a subi des parents toxiques justement dans son
enfance.


Sinon, cela s'appelle du plagiat, non ?