Parole de lectrice: la guerre d’Algérie s’est-elle vraiment terminée en 1962 ?

Publié le 19 Octobre 2010

 

           Danielle Minne, ce nom ne vous dit rien ? Djamila Amrane non plus ? Il s’agit d’une seule et même personne, fille d’enseignants métropolitains communistes, nommés en Algérie à la fin des années 40. Avec sa mère, remariée à un musulman, Danielle Minne  milite au FLN. En janvier 57 elle a 17 ans lorsqu’elle pose une bombe dans un café d’Alger, l’Otomatic : il y aura  quatre  morts et des dizaines de blessés dont beaucoup devront être amputés.  Elle sera jugée et condamnée. Puis en 1962 à l’indépendance de l’Algérie, elle sera libérée en vertu des accords d’Evian et regagnera l’Algérie.

http://www.ina.fr/economie-et-societe/justice-et-faits-divers/video/AFE01000403/arrestation-de-danielle-minne-terroriste-de-dix-sept-ans.fr.html

 

L’histoire ne s’arrête pas là.

Après s’être mariée à un M. Amrane elle obtient la nationalité algérienne, change donc de nom, fait des études, puis enseigne à l’université d’Alger ou elle fait une belle carrière. Le terrorisme islamique des années 90 lui faisant craindre pour sa petite santé (on ne sait jamais… une bombe…) elle revient en France et enseigne à l’université de Toulouse Le Mirail sous son double nom Amrane-Minne, pour y enseigner … l’Histoire de la décolonisation. On n’est jamais aussi bien servi que par soi même !

http://w3.grhi.univ-tlse2.fr/presentation/membres.htm

Il est à peu près sûr que ses exploits de terroriste ont été connus de ses collègues d’université à Toulouse. L’ont-ils considérée comme une héroïne de la lutte anticolonialiste ou comme l’assassin d’innocents qu’elle est ? Qui a dénoncé un pareil scandale dans la presse française ou même chez nos élus ? Personne.


            Paris 2007 . Bertrand Delanoé qui se définit comme un « maghrébin d’origine européenne » (émission vivement Dimanche sur France2) prête les salons de la mairie de Paris pour une remise de décoration. Le consul d’Algérie remet la médaille de la Guerre de Libération à des français, porteurs de valises,Paul-Louis Thirard et  Rolande Girard. Cette cérémonie semble avoir eu lieu plusieurs années de suite.

           Les porteurs de valises sont des français qui ont aidé le FLN en lui fournissant une aide financière et logistique en métropole, tel le réseau Jeanson du nom de son principal animateur Francis Jeanson. Ce sont principalement des militants communistes. Ils bénéficient du soutien  moral de personnalités connues tel Jean-Paul Sartre ou d’autres intellectuels de gauche,  ou de belles âmes du Showbiz dignes prédécesseurs de celles qui aujourd’hui s’enflamment pour la défense des travailleurs clandestins sans penser, à l’abri de leurs millions, à l’impact que ce phénomène d’immigration peut avoir sur le petit salarié ou le chômeur qui ne retrouvera pas d’emploi à cause de cette concurrence plus que déloyale.

 

             Maintenant replacez les même faits dans le contexte de la seconde guerre mondiale. 

Un ancien SS enseigne l’Histoire du IIIème Reich dans une université française, des collabos sont décorés à la mairie de Paris par un consul Allemand ?

Cela est il envisageable une seule seconde ?

 

            L’incessante propagande dans les médias et dans l’enseignement français, ces deux bastions de la gauche, en faveur du point de vue du FLN a quelque chose de surprenant.

 

            Le FLN vaincu sur le terrain par l’armée française a été le grand vainqueur politique de cette guerre. Vainqueur parce qu’après avoir éliminé tous ses opposants, il a reçu l’Algérie et le Sahara (donc le pétrole) sur un plateau et qu’il le garde depuis cinquante ans au détriment de toutes les autres tendances politiques algériennes. Vainqueur parce que, pour celui qui n’est pas documenté sur la complexité de cette guerre, il apparait comme un mouvement de libération avec tout l’angélisme attaché à cette expression, alors qu’il est responsable de massacres sanglants et ignobles de populations civiles et d’enfants, mais aussi de l’élimination de tout ses opposants, notamment ceux du MNA.

             Il y a eu en fait quatre guerres d’Algérie : celle entre l’armée française et les groupes armés et terroristes algériens. Celle entre algériens indépendantistes et algériens pro-français, qui étaient une majorité et n’ont été soumis que par la mort, la terreur ou l’exil. Celle entre les différents courants indépendantistes. Puis, pour terminer, la guerre franco-française entre le gouvernement français et l’OAS (mouvement clandestin de militaires déserteurs) soutenue par les pieds noirs, ceux-ci refusant que l’indépendance soit considérée comme inéluctable alors les indépendantistes étaient vaincus sur le terrain.

 

          A peine l’indépendance acquise, les algériens se sont mis à affluer en France suivant de peu leurs cousins Harkis pro-français, rescapés des massacres de l’indépendance, ou leur ex-patrons ou collègues pieds noirs. Ils sont désormais plusieurs millions. Bien évidemment ils ne constituent pas une masse politiquement homogène, cependant on peut admettre qu’ils servent de base à une exploitation politique par la gauche française d’une part, et par le pouvoir algérien de l’autre. Et peu à peu, c’est une vision « algérienne » de la guerre d’Algérie et de la colonisation qui s’est imposée de manière quasi officielle avec la complicité des médias et des intellectuels de gauche.  

              Là ou les manuels scolaires, les livres d’Histoire parlaient de la gloire de la France, du progrès et de la prospérité qu’elle a apportés, c'est-à-dire d’une vision normale pour un peuple sain, (sans même qu’il soit question de nationalisme ou de glorification de la colonisation), c’est la culpabilisation qui s’est imposée. La culpabilisation par la simplification à l’extrême d’une histoire complexe, où il ne reste plus que deux camps : la France et l’Algérie. Cette dernière étant présentée comme un pays occupé, alors qu’elle n’a jamais existé en tant que pays, n’ayant été depuis au moins deux millénaires, qu’une terre d’invasions et d’occupations successives par les romains, vandales, arabes et turcs passant ainsi du polythéisme au christianisme puis à l’islam. Et tout est bon pour étayer cette version d’une France puissance occupante et dévastatrice.

             Ce sont toujours les mêmes historiens, les mêmes participants, présentant une version FLN-compatible qui sont invités sur les plateaux télé. Pas de débat, juste une version inlassablement répétée afin qu’elle devienne la seule, donc la Vérité. Certains évènements sont mis en avant de manière répétitive comme le 17 octobre 61 ou la torture des membres du FLN alors que d’autres aspects de cette Histoire sont tus systématiquement, comme les massacres d’européens par le FLN, les villages musulmans entiers égorgés parce que pro français (Melouza) ou même, bien que franco-français, le massacre de la rue d’Isly à Alger en mars 62 où plusieurs dizaines de Français d’Algérie ont été tués par l’armée française qui a tiré dans la foule lors d’une manifestation pacifique.

 

            Le cinéma est devenu un des relais privilégiés de cette propagande, il suffit de faire une recherche sur la guerre d’Algérie pour constater que seule la vision de gauche est traitée depuis 50 ans. Peut-on imaginer en France un film dont le personnage principal serait un membre de l’OAS qui présenterait sa vision des évènements ? Ou un Harki ? C’est impensable.

           Pourtant si l’on veut être honnête, ces points de vue sont historiquement et même politiquement aussi valable que d’autres … mais la tolérance est comme la confiture de cette bonne vielle maxime : moins on en a et plus on l’étale. Désormais, certains réalisateurs binationaux ou simplement algériens ne se gênent pas pour présenter LEUR version de cette histoire. Version reprise telle quelle par les grands médias avec l’approbation et la complaisance de tout ce que le petit monde des privilégiés du showbiz ou des intellectuels de gauche compte comme dignes héritiers des porteurs de valises de l’époque.  Leurs émois sont sélectifs, les enfants des photos présentées ci-dessus n’ont jamais reçu le moindre mot de compassion pour leurs corps et leurs vies brisés. Pire, cinquante ans après, les mêmes continuent à leur cracher à la gueule…

 

           Seuls la littérature et certains travaux d’historiens « dissidents » ou tout simplement honnêtes, permettent d’avoir une idée plus juste de ce que furent la colonisation puis la guerre d’Algérie. Mais pour y avoir accès il faut d’abord prendre conscience de l’omerta qui entoure tout ce qui n’est pas certifié conforme par le politiquement correct. On peut aussi se plonger dans les documents d’époque, dans les journaux d’époque. Lire des récits biographiques de tous bords (et même du FLN, oui !) qui permettent de se faire une opinion directe et non filtrée par ceux qui, détenant de manière exclusive tous les secteurs où la parole peut s’exercer, détiennent aussi le pouvoir de manipulation du peuple.

Toute Histoire est multiple, elle a autant de facettes qu’elle a eu d’acteurs. Une grande partie de la gauche,  et même certains à droite qui lui emboitent le pas par paresse intellectuelle et conformisme, ont réussi à imposer à leur propre pays la version du FLN comme la seule respectable. Ce sont les mêmes qui font preuve d’une complaisance incompréhensible face à la montée des revendications islamistes pourtant contraires à leurs propres valeurs.

              On dit que l’Histoire est écrite par les vainqueurs, c’est assez effrayant comme constatation si on regarde les manuels scolaires de notre pauvre pays. Dans mille ans dira t-on que la guerre d’indépendance de l’Algérie c’est terminée par l’invasion puis l’islamisation de la France ? Je refuse d’avoir ces vainqueurs là …

 

Jacqueline B.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Histoire de France

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