Parole et commentaire de lecteur. Qu'en pensez-vous du collectif des 35?

Publié le 22 Août 2010

           Le «collectif de la droite populaire» rassemble 35 députés de la majorité et ambitionne de reconquérir les électeurs déçus par l'action de Nicolas Sarkozy. Un seul mot d'ordre : revenir aux fondamentaux pour faire barrage au Front national.

       La date avait valeur de symbole. Le 14 juillet dernier, 35 «députés de la Nation» issus des rangs de la majorité ont rendu publique la charte du «collectif de la droite populaire». Un «laboratoire politique» aux valeurs bien ancrées : «Nation, Patrie, République et travail» en sont les maîtres-mots.

          Pour Lionel Lucas, le député des Alpes-Maritimes à l'origine du mouvement avec son collègue Thierry Mariani, l'objectif est clair : «revenir aux fondamentaux, aux propositions de campagne de Nicolas Sarkozy».

         En 2007, le candidat de l'UMP promettait «la rupture». Mais pour les députés de la «droite populaire», les engagements du chef de l'Etat n'ont pas été tenus.

          Les paroles ont séduit, les actes n'ont pas suivi, regrette aujourd'hui Lionel Lucas.

         - Qu'en est-il de la fin des régimes spéciaux,

         - d'un vrai service minimum dans les transports,

         - du ‘coup de Kärcher dans les banlieues' ? On attend toujours».

Pour lui, l'UMP a laissé un boulevard sur sa droite à force d'ouverture à gauche. C'est l'erreur de départ. Comment a-t-on pu croire que ça allait apporter quelque chose ?.  

Et d'enchaîner sur le bilan de Martin Hirsch "il était devenu insupportable" et de Fadela Amara "plus très crédible" au gouvernement. Seul rescapé de l'ouverture pour les députés de la "droite populaire": Eric Besson, "car il a fait le boulot qu'on lui demandait", en adéquation avec les velléités de cette droite décomplexée qui milite dans sa charte pour une "immigration contrôlée et maîtrisée".

Autre mot d'ordre de cette frange orthodoxe du sarkozysme : rétablir l'autorité de l'Etat dans les banlieues. L'ensemble du collectif a vivement réagi suite aux violences urbaines de la mi-juillet à Grenoble et Saint-Aignan.

Alors que Thierry Mariani et Christian Vanneste réclament l'expulsion des «délinquants étrangers auteurs d'actes gravissimes» et veulent étudier la question de la suppression des remises de peine, Lionel Lucas fustige quant à lui "l'attitude inadmissible des gens du voyage" et n'hésite pas à demander la "militarisation de certains quartiers, devenus des zones de guerres tribales". Des mots très durs que le député assume pleinement : "Il faut appeler un chat un chat. Je ne crois pas que l'émasculation soit dans la logique de l'homme politique". Le collectif compte d'ailleurs livrer une lutte sans merci «contre les tabous du politiquement correct». 

De là à penser que la «droite populaire» se plaît à adopter la rhétorique et les thèmes de prédilection du Front National, il n'y a qu'un pas que ces députés ne veulent absolument pas franchir.

"C'est exactement le contraire. C'est plutôt le FN qui essaye de nous piquer nos idées de base. Sauf que leurs propositions sont démagogiques et irréalisables", explique le député des Alpes-Maritimes qui précise que "le collectif fera tout pour empêcher le parti frontiste de reprendre des voix".

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les parlementaires qui le composent risquent de trouver une oreille attentive à l'UMP. Après l'échec des élections régionales et la multiplication des affaires au sein de gouvernement, le parti majoritaire craint un retour en force du Front national, qui pourrait représenter un réel danger en 2012. Selon Lucas, Xavier Bertrand a donc manifesté son intérêt pour ce nouveau collectif.

Mais la critique appuyée du bilan du chef de l'Etat peut aussi agacer à droite. "Il n'y a pas de défaillance dans notre électorat car le président tient ses engagements", a ainsi affirmé jeudi matin sur Europe 1 le porte-parole Dominique Paillé, l'un des rares cadres du parti majoritaire à avoir accepté de se prononcer sur le collectif. Et d'accuser «Lionel Lucas et son collectif» d'avoir «mal lu le programme de 2007».

Voilà les députés du collectif prévenus : s'ils veulent gagner en influence au sein de la majorité, il va peut-être leur falloir modérer leurs reproches à l'égard de Nicolas Sarkozy.

 

Autre défi de taille pour la «droite populaire» : réussir à se faire entendre au sein de l'Assemblée, et notamment auprès des autres députés de la majorité. Le collectif, qui veut se réunir «une à deux fois par mois» compte beaucoup sur la présentation à la rentrée de la future loi sur l'immigration, dont Thierry Mariani est le rapporteur, pour faire valoir ses points de vue. Pour le député du Vaucluse, il y a urgence : «Une partie de l'enthousiasme de 2007 est en train de disparaître. Les deux années qui nous restent, il ne faut pas les gaspiller», explique-t-il. Avant d'ajouter : «2012 se gagnera d'abord à droite».

 

Ce que j'en pense: Pour ma part, même si j'approuve les prises de positions des 35 parlementaires je crains fort que cela sera perçu par les français comme un écran de fumée. Ne pouvant pas s'en prendre directement au Président Nicolas Sarkozy, ils s'en prennent aux joueurs de deuxième voire troisième niveau surtout s'ils sont issus des rangs de la gauche.

C'est également oublier que le pouvoir en France est dans les mains du Président. Celui-ci s'est mis tellement en avant que dire aujourd'hui que les choix ne sont pas assumés est tendancieux. Le Président Nicolas Sarkozy a fait son ouverture à gauche sans s'occuper de personne. Pas même de sa majorité et encore moins de l'UMP. Ces choix se sont imposés à tous. Les français de 2007 l'ont élu pour mettre en place son programme.

A son crédit: Il a libéré la parole et je suis le premier à lui dire merci.

On peut parler de la Nation.

On peut dire que l'on est choqué de constater que les symboles de celle-ci sont bafoués.

On peut dire que les voyous qui sévissent dans les banlieues sont effectivement des voyous.

On peut dire que l'immigration est une immigration de peuplement.

On peut redevenir patriote, etc.

Certes, il y a des manques! C'est évident. Car si l'on peut parler librement de tous ces thèmes impossibles à aborder avant 2007, il reste que les résultats ne sont pas vraiment là. A qui la faute? Pour moi, c'est le choix qui a été fait du tout européen. C'est l'abandon de notre souveraineté. Au carcan que nous a imposé l'Europe avec ses différents traités obligeant la France a abandonné des pans entiers de cette souveraineté. Le bras armé de l'Europe est le conseil des droits de l'homme, les tribunaux européens bien trop orientés vers une immigration libre et une vision droits-de-l'hommiste poussé à l'extrême sans tenir compte des réalités des différentes nations. Le dernier en date de ces traités? La déchéance de la nationalité interdite et signé par le socialiste Lionel Jospin. Ah ils sont beaux ces socialistes qui ont tout fait pour corseter la France et l'enfermer. Ce traité n'a pas été ratifié. Une chance?

 

Ce qui m'agace au plus haut point c'est que tous les gouvernements ont participé à ce corsetage de la France par l'Europe. Pour être efficace il faudrait sans doute dénoncer certains de ces traités, se libérer de ces carcans juridiques. Qui osera le faire?

Le comité des 35 n'en parle même pas. L'Europe est devenue une prison pour la France. Être européen aujourd'hui c'est abandonner la souveraineté de son pays. Qui en parle? Alors en 2012? Elire un Président n'étant plus qu'un simple gouverneur rendant des comptes à l'Europe? Ce n'est pas vraiment encourageant? Ou est cette idée de subsidiarité ? 

C'est un espoir qui passe aujourd'hui par un autre regard, une autre vision. Certainement pas par des tentatives de diversion.

Ce qui est prioritaire c'est de gagner l'élection présidentielle.

Ce qui est à craindre aujourd'hui c'est de voir la gauche gagner cette élection.

C'est de voir un 2002 à l'envers. La gauche, sans état d'âme, avait voté pour Jacques Chirac. Sans état d'âme et sans honte non plus.

Je fais partie des ultra-minoritaires qui auraient préféré que Jacques Chirac accepte le débat avec Jean Marie Le Pen. De même, qu'il démissionne plutôt que d'accepter le verdict à l'Africaine de 2002 qui a ridiculisé la République française.

 

Alors que le Front National renaît de ses cendres, (à cause de qui?)  Il serait peut-être temps de se débarrasser de la tutelle de la gauche bien pensante obligeant à l'éternel Front Républicain qui détruit à chaque fois la droite.

Gérard Brazon 

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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