Patrick Balkany, entre compte en Suisse et amour courtois…

Publié le 11 Octobre 2013

La France va mal. « S’ennuie », à en croire Pierre Viansson-Ponté, en avril 1968. Est « moisie », si l’on lit Philippe Sollers, en janvier 1999. Bref, le fond de l’air est morose. Heureusement demeurent des occasions de rire. Avec le couple Balkany, les éternels Thénardier de Levallois-Perret, par exemple. Lequel vient une fois de plus de connaître les honneurs de la presse avec la révélation, par lepoint.fr, de l’existence d’un compte en Suisse.

Par Nicolas Gauthier

Une histoire de plus ou une histoire de trop ? Allez savoir, sachant que le couple infernal, malgré des condamnations de justice – Patrick Balkany, quinze mois avec sursis et deux ans d’inéligibilité en 1996 –, demeure insubmersible. Accroché à sa mairie comme un chien à son os. Bénéficiant des réseaux qu’il faut : le soutien de Charles Pasqua dans les Hauts-de-Seine et la proximité d’avec l’ex-couple présidentiel, ça peut aider ; même si Levallois-Perret demeure l’une des villes les plus endettées de France au sein du département le plus riche de cette dernière.

En tout cas, voilà qui ajoute un nouveau chapitre à la saga balkanyste. Petit retour en arrière. Nous sommes en 1996 et Patrick Balkany, sûrement en mal d’affection, exige une fellation d’une des secrétaires municipales. Bêcheuse comme pas deux, la donzelle refuse de rendre ce menu service au patron. Lequel, ni une ni deux, lui colle un flingue sur la tempe ; il y a des invitations qu’on ne refuse pas et chez les Balkany, l’amour est courtois ou n’est pas. Bonne fille, la plaignante finira par retirer sa plainte. Contre quelle compensation ? L’histoire ne le dit pas. Isabelle Balkany, la mairesse, se contentera d’affirmer, à propos de la furtive maîtresse :« Depuis quand Patrick a besoin d’un flingue pour se faire tailler une pipe ? » La classe, comme toujours. L’élégance française, comme jamais.

Les records étant généralement faits pour être dépassés, il n’est jamais interdit de se surpasser. Ainsi, dans ses mémoires publiés en 2010, Une autre vérité, la mienne – quand Loana publie les siens, pourquoi pas ceux d’un autre poète –, Patrick Balkany assure donc avoir connu, dans sa jeunesse, une torride nuit d’amour avec Brigitte Bardot. Et notre trésor national d’illico démentir la chose, menaçant même de porter plainte. Le climax de l’affaire sera atteint dans l’émission de Laurent Ruquier, On n’est pas couché, quand Éric Zemmour lancera, en substance, au Roméo :« Soit cette affaire est fausse et vous êtes un mythomane. Ou elle est vraie et, si Brigitte Bardot ne s’en souvient pas, cela signifie que vous êtes le pire coup de Paris… »

On n’est pas couché ? Il est probable qu’en la circonstance, Patrick Balkany n’ait pas couché non plus. Pourtant, galant homme ne saurait se vanter de ses bonnes fortunes. Circonstances atténuantes, quand on couche avec Isabelle Balkany, à défaut d’aller voir ailleurs, il n’est pas interdit de rêver.

Nicolas Sarkozy, venu au secours de son meilleur ami, prêt à le soutenir telle la corde le pendu, aurait assuré, à en croire Le Monde daté du 31 mars 2008 : « Ils sont comme ils sont. Pas raffinés, mais courageux. » Pas faux : il en faut du courage pour se faire polir le tirlipompon par une dactylo sous la menace d’un flingue digne de l’inspecteur Harry…

Vous voyez bien que, malgré la sinistrose ambiante, il y a toujours de bonnes occasions de se fendre la pipe !

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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