Percée nationaliste aux législatives finlandaises

Publié le 21 Avril 2011

         Le parti eurosceptique Vrais Finlandais arrive en troisième position au coude-à-coude avec les socialistes et les conservateurs, qui s'imposent de justesse. Un changement de premier ministre doit avoir lieu.

       Les résultats des législatives de dimanche en Finlande sont extrêmement serrés : les conservateurs se sont imposés de justesse devant les socialistes et les nationalistes qui réalisent une percée historique, selon le décompte final des votes publié par la commission électorale. Sur les 200 sièges du Parlement à pourvoir, la commission électorale en a octroyé 44 à la Coalition nationale (conservateurs), 42 au parti social-démocrate (SDP) et 39 aux Vrais Finlandais (droite nationaliste). La Coalition nationale a recueilli 20,4% de suffrages, le SDP 19,1% et les Vrais Finlandais 19,0%.

      Cela constitue une énorme percée pour Vrais Finlandais, qui ne comptaient que six sièges dans la précédente assemblée. «C'est un changement historique», s'est déjà félicité leur chef Timo Soini. Une déroute pour l'actuel premier ministre

 

        Relégué à la position de quatrième force politique du pays, le parti Centre du premier ministre Mari Kiviniemi, apparaît déjà comme le grand perdant du scrutin, avec des résultats en baisse d'un quart par rapport au scrutin de 2007. «Cela ressemble une défaite écrasante pour nous», a reconnu Mari Kiviniemi, qui devrait quitter son poste. Le chef du parti conservateur, Jyrki Katainen, fait figure de potentiel successeur. S'il devient premier ministre, il devra donc constituer un gouvernement de coalition, y compris avec le SDP qui reviendrait aux affaires. Prudent, il a jugé dimanche soir qu'il était prématuré de commenter les résultats.

Le scrutin a été marqué par la forte progression de Vrais Finlandais, dont les thèmes anti-immigration et anti-euro ont dominé la campagne électorale. La formation de Timo Soini refuse que la Finlande participe au renflouement des pays «dilapidateurs» de la zone euro qu'il faut aider comme l'Irlande, la Grèce et le Portugal. De son côté, le SDP souhaite des modifications dans le financement de l'aide à ces pays.

Pour le moment, la Finlande a accepté de garantir huit milliards d'euros dans le Fonds européen de stabilité financière, dans lequel les membres de la zone euro se sont engagés à en garantir un total de 440 milliards. Mais cette somme devrait être appelée à grandir. Si un seul des 17 membres de l'Eurogroupe décide de se retirer du Fonds, ce dernier s'effondrera.

Source: http://www.lefigaro.fr/

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique étrangère

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