Peut-on parler "d'acharnement judiciaire" contre Nicolas Sarkozy ? Sans rire surtout...

Publié le 1 Juillet 2014

Source France-Info-Pravda

"Complot""acharnement""déferlement de haine"… Les amis de Nicolas Sarkozy ne manquent pas de vocabulaire pour dénoncer le placement en garde à vue de l'ancien président, mardi 1er juillet. Entendu dans une enquête concernant un trafic d'influence présumé et la violation du secret de l'instruction, Nicolas Sarkozy doit répondre aux questions de l'office anticorrupution de la police judiciaire.

Cette affaire s'ajoute à d'autres : Bettencourt, Karachi, le financement libyen de sa campagne de 2007, l'arbitrage Tapie, les sondages de l'Elysée. C'est cette pile de dossiers, qui concernent de près ou de loin leur poulain, qui fait dire aux soutiens de Nicolas Sarkozy que la justice s'acharne contre lui pour l'empêcher de se représenter à la présidentielle de 2017.

Peut-on vraiment parler d'acharnement ? Eléments de réponse.

Non, ce n'est qu'une garde à vue et elle est logique

Nicolas Sarkozy bénéficie de la présomption d'innocence et aucun de ses adversaires politiques, pourtant nombreux à réagir, mardi matin, ne la remet en question. La garde à vue est une simple procédure, qui a plusieurs objectifs. Notamment celui de permettre aux enquêteurs d'interroger une personne pendant 24 heures, renouvelables une fois. Le second est d'empêcher les gardés à vue, lorsqu'ils sont plusieurs, de se concerter. Convoqués tous les deux et non interpellés, Nicolas Sarkozy et son avocat, Thierry Herzog, ont pourtant eu le temps de communiquer avant de se présenter, de leur plein gré, au siège de la police judiciaire, à Nanterre (Hauts-de-Seine).

Mettre en garde à vue un justiciable et son avocat peut-il être vu comme de l'acharnement ? "On pourrait estimer qu'il s'agit d'une stratégie qui vise à mettre hors d'état d'exercer un avocat", analyse le pénaliste Christian Saint-Palais, pourLe Pointreconnaissant toutefois ne pas avoir "d'élément objectif pour le penser". Et c'est bien "la suspicion d'un délit commun (...) qui avait justifié les écoutes téléphoniques de Sarkozy et d'Herzog", constate l'avocat Léon-Lef Forster, et donc leur garde à vue. Nicolas Sarkozy avait en outre la possibilité de faire appel à un autre avocat.

Non, les juges d'instruction n'ont rien inventé

L'acharnement judiciaire n'a pas de définition. Pour Benoît Garnot, spécialiste de l'histoire de la justice, auteur de l'ouvrage Histoire des juges en France, de l'Ancien Régime à nos jours (Nouveau monde éditions, 2014), "quand des éléments à charge sont inventés, quand un juge d'instruction en fait plus que ce qu'il devrait, alors on peut parler d'acharnement".

Cela ne semble pas être le cas dans cette affaire. Les écoutes sur le téléphone de Nicolas Sarkozy ont éveillé de sérieux soupçons de trafic d'influence et de violation du secret de l'instruction. Toutefois, la mise sur écoute de Me Herzog avait soulevé des interrogations quant à leur nécessité et à leur légalité. Elles témoignaient, au minimum, du zèle des juges dans les enquêtes qui concernent l'ancien président.

Oui, il y a au moins l'obstination de certains juges

Entre Nicolas Sarkozy et les juges d'instruction s'est installé depuis longtemps un rapport de force teinté de mépris réciproque. Le Nouvel Observateur racontait, en mars 2013, une "guerre sans merci". Déjà, au ministère de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy prenait les juges d'instruction pour cible. Une fois à l'Elysée, il a voulu supprimer les juges d'instruction, en 2009. Il n'a jamais caché qu'il en détestait certains et les magistrats se souviennent bien d'avoir été comparés à des "petits pois" ayant "la même couleur, le même gabarit et la même absence de saveur".

"En France, il y a toujours un problème de lien entre le politique et la justice", explique l'historien Benoît Garnot. "La façon dont Nicolas Sarkoy a traité la justice a poussé les juges d'instruction à devenir plus indépendants", estime ce spécialiste. Pas seulement indépendants, peut-être revanchards. Nicolas Sarkozy faisait par exemple partie des personnalités épinglées sur le "mur des cons", dans les locaux du Syndicat de la magistrature (SM), classé à gauche. Et une des juges qui a placé l'ex-chef de l'Etat en garde à vue, Claire Thépaut, est justement membre de ce syndicat. 

Non, les affaires ne sortent pas "à chaque fois qu'il bouge une oreille"

La formule est signée Sébastien Huyghe, député UMP du Nord. Mais il n'est pas le seul à soupçonner la justice de sortir les dossiers gênants "à chaque fois que Nicolas Sarkozy bouge une oreille". Nombreux sont les soutiens de l'ancien président qui dénoncent des juges politisés qui veulent empêcher son retour en politique.

Mais c'est oublier que le nom de Nicolas Sarkozy est sorti dans le dossier Bettencourt en 2010, alors qu'il occupait l'Elysée et bénéficiait donc de l'immunité présidentielle. L'enquête sur les sondages de l'Elysée a été ouverte début 2013, à un moment où Nicolas Sarkozy se faisait très discret. Il n'est réapparu qu'en juillet, après le rejet de ses comptes de campagne de 2012.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Pivoine 03/07/2014 16:22


La société française ne git pas seulement dans le caniveau. Elle se délite. Elle n’est pas seulement au bord, tout au bord, des tourments et des tumultes, elle
est en perte de repères et aux mains de gens sans scrupules et sans éthique qui entendent en finir avec les repères qui subsistent encore.


Et la faute en revient au peuple français, qui n'a pas su, ou voulu voir, quand de bons candidats aux commandes du pays se sont présentés, tel Philippe de Villiers. La majorité des électeurs
l'estimait trop à droite, alors qu'il tenait des propos pleins de bon sens.


Les voilà obligés, aujourd'hui, de boire le calice jusqu'à la lie !

Marie-claire Muller 03/07/2014 15:46


La gauche totalitaire et Nicolas Sarkozy



Posted On 03 juil 2014


By : Guy Millière


Comments: 18






Je me suis souvent montré critique vis-à-vis de Nicolas Sarkozy. Je pense qu’il a commis de nombreuses erreurs quand il était Président, et a gâché une occasion de redresser la France. J’ai dit
ici ce que je pensais de sa gestion de nombreux dossiers, et, en particulier, de ce qui a concerné le renversement de Kadhafi en Libye ou l’accession de l’ « Etat palestinien » à
un siège à l’UNESCO.


Mais en voyant ce que l’affligeant François Hollande et sa cohorte socialiste font de ce pays, je ne peux faire autrement que me dire que Nicolas Sarkozy avait au moins conservé une dignité à la
fonction présidentielle, n’avait pas tenté de détruire la famille, ne s’était pas efforcé de broyer ce qui reste de l’économie françaises sous des surcroîts de charges et de rigidité absolument
délirants, et n’avait pas essayé de démanteler la justice. Sous Hollande, la France est tombée très bas. Elle est tombée tellement bas qu’il devient difficile de voir comment elle pourra sortir
du caniveau où elle git présentement. Et quand quelques matches de football seront passés et que ceux qui s’excitent sur un ballon auront fini de s’exciter, bien des tourments et des tumultes se
feront vraisemblablement jour. L’heure est grave.


En voyant l’état de l’UMP, en pleine décomposition, et tiraillée entre des sous chefs qui ne voient pas qu’ils ont dépassé depuis longtemps leur seuil d’incompétence, je dois dire que Nicolas
Sarkozy avait au moins cette chose indéfinissable et pourtant très concrète, et qui manque cruellement aux sous chefs susdits : ce qu’on appelle en anglais, « the sense of
leadership », le sens du commandement sans lequel il n’y a pas de dirigeant. Sous Hollande, la France n’a pas de leader. Et aucun leader ne se profile au sein de la droite UMP. Alain Juppé
ou François Fillon ont autant de charisme que des maîtres de cérémonie un jour d’enterrement. Dès lors que François Hollande a, lui, le dynamisme d’une méduse flasque échouée sur une plage, c’est
un peu mieux, mais très insuffisant. Si la France doit sortir du caniveau où elle git présentement, il faudra quelqu’un qui a de l’énergie. La France est dans un état tel qu’en dehors de Nicolas
Sarkozy, il y a Manuel Valls, qui a montré qu’il n’avait aucune consistance en acceptant de jouer le jeu de chaises musicales sur le radeau de la méduse, et il y a Marine Le Pen, nationaliste et
socialiste, sous la coupe du chevénementiste Philippot en politique intérieure et du poutinien pro-iranien Aymeric Chauprade en politique étrangère. L’horreur.


En voyant la dérive effrénée de la justice qui, s’éloignant chaque jour un peu plus des principes élémentaires du droit, en se faisant justice politique façon Fouquier-Tinville au petit pied, en
piétinant des principes élémentaires tels la présomption d’innocence, le secret de l’instruction, le respect de la confidentialité des rapports entre un avocat et son client, en travaillant
parfois en synergie avec des organes de presse dirigés par des militants trotskystes déguisés en journalistes, conduit la France vers un fonctionnement de type totalitaire dans lequel tout un
chacun sera bientôt en liberté très provisoire, présumé coupable, susceptible d’être arrêté n’importe où et n’importe quand pour délit d’opinion, je dois dire que je discerne ce qui me paraît
ressembler à une machination méphitique contre Nicolas Sarkozy, destinée à lui enfoncer la tête sous l’eau et à l’empêcher d’avoir désormais la moindre prétention politique, et je dois dire que
je souhaite que cette machination se brise.


Il y a, en France aujourd’hui, quelque chose de très malsain. Je l’ai déjà dit. Je dois le répéter. Je publierai dans peu de temps un livre sur le sujet.


La société française ne git pas seulement dans le caniveau. Elle se délite. Elle n’est pas seulement au bord, tout au bord, des tourments et des tumultes, elle est en perte de repères et aux
mains de gens sans scrupules et sans éthique qui entendent en finir avec les repères qui subsistent encore.


Elle est tout au bord, vraiment tout au bord d’un totalitarisme qui ne dit pas son nom et qui pourrait être synonyme d’implosion.


Il est inadmissible, en soi, qu’un ancien Président de la république soit traité comme l’a été Nicolas Sarkozy. Et il ne s’agit pas de l’homme, mais de la fonction. Garde à vue ? Quinze
heures ? Mise en examen sous des prétextes spécieux et sur la base d’abus de droit ? « Corruption active », « trafic d’influence », « recel de violation du
secret professionnel », et puis quoi encore ? La volonté d’humilier et d’abaisser est flagrante, et si c’est Nicolas Sarkozy qu’on humilie et qu’on abaisse (arbitrairement selon toute
apparence, ce qui est déjà scandaleux), c’est aussi bien davantage que lui qui se trouve humilié et abaissé.


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Il est inadmissible qu’un homme quel qu’il soit fasse preuve d’un acharnement aux allures de persécution mené par une horde ivre de ses dogmes de coupeurs de tête. Et il n’y a pas qu’un seul
homme concerné, mais aussi son avocat, un magistrat qui n’a sans doute pas les idées qu’il faut. Même s’il y a non lieu, abandon de procédure, déssaisissement, il restera la fange dispersée
jusqu’en première page des journaux.


La gauche a mené la France là où elle est : avec la méduse à l’Elysée, le joueur du jeu de chaises musicales à Matignon, une indépendantiste guyanaise gauchiste place Vendôme, elle entend
continuer ses ravages au delà de 2017 en préparant un deuxième tour de présidentielle opposant la méduse à une nationaliste socialiste.


Elle a déjà mis en place une stratégie de terre brûlée qui empêche depuis des années tout débat d’idée en France sur tout sujet digne de ce nom, et tient pour cela l’éducation et la culture,
l’essentiel des grands médias et des maisons d’édition. Elle tient aussi largement la magistrature et l’utilise comme on l’utilisait en 1793, quand régnait la loi des suspects, il serait temps,
vraiment, que cela s’arrête.


La droite française aurait un intérêt à reprendre le travail des idées. Elle aurait intérêt à voir qu’il y a urgence.


Je ne sais si Nicolas Sarkozy est en mesure d’être l’homme a même de répondre à cette urgence, mais, face à ceux qui s’acharnent contre lui de manière ignoble, lâche, hypocrite, il a,
présentement toute ma sympathie.


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