Philippe Bilger, testament judiciaire

Publié le 14 Novembre 2011

Philippe Bilger est parti. L’avocat général, l’homme qui portait la parole et la foudre du ministère public en cour d’assises, était probablement l’un des meilleurs de sa génération et il en avait conscience, c’est là son moindre défaut. Il a quitté la magistrature le 3 octobre, neuf mois avant la date officielle de sa retraite, pour rejoindre un cabinet d’avocat où il ne sera pas avocat.

  Philippe Bilger devient président d’un Institut de la parole, qui entend former à la prise de parole publique, au sein du cabinet D’Alverny Demont & associés, à Paris. Bilger, auteur d’une dizaine de livres et d’un blog fameux (Justice au singulier), se sentait à l’étroit dans la magistrature. L’homme est séduisant et agaçant, avec son cheveu sur la langue et une dent contre x, il s’est parfois trompé mais a la plus belle des qualités pour un magistrat : c’est un homme libre.

«  Après quarante de bons et loyaux services judiciaires, vous avez quitté la magistrature plus tôt que prévu ?

J’ai fait en 2010 une conférence dans ce cabinet d’avocats, je caressais l’idée de partir, mais ça restait très abstrait, et ça a été vraiment le coup de foudre de l’amitié. J’arrive dans un cabinet où je suis espéré, où je n’ai pas à démontrer à chaque seconde ma nécessité, à justifier ma légitimité, ce que j’ai vécu intensément dans le judiciaire. On ne me confiait un dossier aux assises qu’après avoir essayé tous les avocats généraux. Avec ce procureur général-là à Paris (François Falletti), j’ai compris que je n’avais plus aucune chance d’avoir une affaire sensible, politique, c’est cette certitude absolue qui a probablement joué.

Vous estimez avoir été tenu à l’écart ?

Je ne suis même pas persuadé qu’il y ait eu réellement une décision. C’est un peu consubstantiel à ce que je suis, on s’est dit c’est un type libre, imprévisible, dangereux pour le pouvoir au sens judiciaire, on ne sait jamais ce qu’il pourrait dire, il ne considère pas que l’audience c’est d’aller rendre compte quatre fois par jour en faisant de la course à pied auprès du service central. J’ai une espèce de répugnance à rendre compte, à informer surtout d’une audience qui se passe bien. Je suis trop free lance, j’aurai été autant, voire plus répressif que les autres, simplement je refuse qu’on m’impose les chemins par lesquels je dois passer.

La nostalgie attendra, dites-vous dans votre blog. Et l’amertume ?

Je n’ai pas l’ombre d’une amertume. A un certain moment, j’ai pu substituer, sans aucune vanité, une magistrature intellectuelle à une forme de magistrature judiciaire, à partir du moment où j’ai su qu’il ne fallait pas que je perde mon temps à espérer un poste judiciaire de nature politique. Je quitte la magistrature enthousiaste.Simplement, j’arrive à la fin de ma vie professionnelle, j’ai une opportunité et je n’ai plus rien à attendre de cette hiérarchie. Ce que j’aime passionnément dans le judiciaire, je vais ici le ressentir profondément. J’aurais certes bien aimé terminer en septembre par l’affaire qui m’étais promise, une affaire corse renvoyée aux calendes parce que le président s’est senti mal. J’avais commencé à préparer le dossier, j’allais retrouver des avocats que j’aime bien, des gens devaient venir à l’audience pour mon dernier réquisitoire. Quand j’ai appris que c’était renvoyé, j’ai une eu seconde de morsure, et puis voilà. Mon dernier réquisitoire, je l’ai fait sans savoir que c’était le dernier.

Pourquoi cette mise à l’écart ?

De nouveau je vais avoir droit au même reproche de narcissisme, qui me tape prodigieusement sur les nerfs. Je crois que c’est l’être Bilger qui déplait profondément. Même ceux qui ne m’aiment pas me reconnaissent au moins un talent équivalent à celui de leurs collègues. Mais il y a une forme de tempérament, de personnalité, d’être, avec peut-être trop d’intensité, trop de passion – la passion est une faute de goût dans notre univers – une volonté de convaincre, trop d’indifférence à la hiérarchie, trop de désinvolture par rapport aux autorités, un ensemble qui renvoie certainement aussi chez moi à des défauts.

Et une trop grande vanité ?

Un orgueil du métier, certainement, il y a une certaine manière d’assumer l’orgueil de son métier qui est tellement intensément vécu qu’en effet, des médiocres peuvent trouver qu’on est vaniteux. Mais la vanité, c’est le contraire. Je projette une subjectivité totalement libre et peut-être omniprésente, qui peut donner l’impression que je ne parle que de moi, alors que j’ai toujours cherché plutôt à analyser, à faire comprendre l’institution, pour la faire accepter. Je suis en réalité un être infiniment timide, qui a trouvé ce champ de pouvoir, pour tenter de faire valoir, intellectuellement, ce qu’il est. J’ai eu la chance de pouvoir surmonter une certaine fragilité, un sens social très relatif, dans un métier de pouvoir, d’autorité et de dialogue qui m’a beaucoup aidé. Le vaniteux croit qu’il est nécessaire à l’institution. Je crois profondément que l’institution m’a été utile.

On dit Bilger raffole des dithyrambes. Si c’était vrai, est-ce que j’aurais critiqué deux gardes des sceaux, eu deux procédures disciplinaires avortées, est ce que je dirai à certains médias qu’ils ne sont pas bons, je ne viens jamais en baissant l’échine devant toutes ces instances qui vous jugent. J’ai droit à une sorte de jugement à part. Peut-être parce que je me suis moi-même trop placé à part.

Votre histoire peut-elle expliquer ce besoin d’être à la fois dedans et dehors ?

J’ai toujours été très fier de ma famille, de ma mère, femme exceptionnelle. Cela a été dévastateur puisqu’en huit mois, j’ai perdu mes deux frères et ma sœur. J’ai toujours eu une grande admiration pour mes deux frères. Avec Pierre (l’ancien pdg d’Alsthom), nous n’avions rien de commun, mais c’était un être que j’aimais énormément. Il a été, parlons net, traîné dans la boue ; il est revenu en grâce quand il a rendu sa prime parce qu’on a compris qu’on avait affaire à un parfait honnête homme. J’aurai moi eu tendance à ruer dans les brancards. Lui, sa grande force était de savoir se taire.

Quant à mon père, j’ai beaucoup réfléchi à son histoire. J’ai longtemps eu une attitude schizophrénique, je défendais l’homme politique injustement condamné de mon point de vue à la Libération, mais j’avais beaucoup de mal avec le père. La dernière fois que je l’ai vu, j’avais 14 ou 15 ans. J’ai tenté de créer une vague familiarité avec l’image paternelle, cela m’a permis d’élucider le comportement judiciaire que j’ai aux assises, même avec une certaine conscience de l’imperfection. Mon père était un réprouvé, je me suis rendu compte que je ressentais une passion pour les réprouvés, qui peuvent être des salauds, entendons-nous. Aux assises, j’ai compris pourquoi même au faîte de l’extrême sévérité, j’ai toujours tenté de ne pas humilier ces êtres, qui dans l’appareil judiciaire se trouvaient en statut d’infériorité, de ne pas profiter d’une situation de force institutionnelle pour accabler ou mépriser.

Me Francis Szpiner, après le procès du « gang des barbares », vous avait traité en 2009 de « traître génétique ».

Traître génétique, c’est odieux, mais bizarrement, c’est tellement grotesque que ce ne m’a pas affecté au-delà de quelques heures. Ce qui m’a scandalisé et indigné, c’est sa lâcheté lorsqu’il est venu dire après, “je faisais référence à la déloyauté de Bilger vis-à-vis du parquet général”. Ensuite, j’ai été scandalisé par le conseil de l’ordre qui l’a exonéré, et surtout par la décision rendue en appel par des magistrats qui ont connu le grand bonheur d’extérioriser plus d’hostilité à l’égard de Bilger que de sévérité à l’égard de Szpiner. Ca a été remarquable, j’ai l’impression qu’une certaine magistrature s’est vengée par cet arrêt.

Au fond, je n’ai pas peur des attaques, mais ce qui m’a tétanisé, c’est qu’en quarante ans de magistrature, je n’avais jamais eu l’impression d’avoir à faire à une malveillance de principe absolue, qui n’attendait que l’affaire Fofana pour s’exprimer. En général je ne pêche pas par naïveté ou sulpicianisme, là tout de même je me suis heurté à un médiocre personnage qui a mis en œuvre une malveillance absolue. Parfois je rencontre Szpiner, évidemment j’ai des syndromes héroïques à la Harrison Ford d’aller le saisir, mais j’ai encore le sens du ridicule.

Vous avez commis beaucoup d’erreurs ?

J’ai essayé d’être le plus honnête possible. J’ai commis des erreurs sûrement, j’espère n’avoir pas mis la main ni l’esprit dans une véritable erreur judiciaire. Je n’ai pas toujours été à la hauteur de cette philosophie qui veut que lorsqu’une accusation judiciaire s’effondre, il faille la laisser s’effondrer. On a beau avoir la certitude d’une culpabilité, sans preuve judiciaire on doit la laisser s’écrouler, alors que parfois je la retenais, je l’admets. Mais je suis resté fidèle à ce serment intime que je me suis fait, je suis toujours arrivé à la cour d’assises avec cette qualité fondamentale qu’est la curiosité, en mettant entre parenthèse le dossier et la procédure que je connaissais.

Lorsque l’accusé reconnaît les faits, mon seul travail était de mettre sur la table judiciaire tout ce qui de près ou de loin, à charge ou à décharge, permettait d’élaborer la peine, et à ce moment là le juré sent qu’elle peut tomber comme un fruit mûr. Si l’accusé ne reconnaît pas, j’avais cette curiosité pour l’être qui était là, pour la victime ou sa famille, en me disant qu’il était possible qu’il dise la vérité. C’était bien sûr parfois difficile, même pour celui qui est conscient des dérives de la mécanique judiciaire, on est parfois entraîné à tenir pour rien des dénégations qui paraissent absurdes. J’ai tout de même tenté d’écouter, d’accepter la plausibilité d’une sincérité de l’autre côté.

Je reproche à beaucoup d’avocats généraux de faire l’impasse sur l’audience. Ils ont préparé le discours, ils vont tout à coup se lever et demander vingt ans et on ne sait pas pourquoi, parce qu’en réalité, on n’a plus le courage aux assises de dire ce qu’on est et ce qu’on pense. Par rapport à l’ensemble des discours, préparés, calibrés, forcément conventionnels même de la part de gens brillants, avec un ton qui est tellement neutre qu’il donne l’impression qu’ils ne sont absolument pas convaincus de ce qu’ils disent, j’arrive comme une sorte de bulldozer d’authenticité, et rien que cela crée un choc. J’improvise la pensée, j’ai mis dans ma tête un début et une fin, mais c’est pour ça que je suis devenu beaucoup plus réservé sur les exercices classique d’éloquence, je crois qu’il faut presque exclusivement qu’un être déboule dans l’espace intellectuel.

Les relations avec les jurés étaient importantes pour vous ?

Essentielles. Le jury a beaucoup changé lorsqu’il a été choisi sur les listes électorales, à partir de 1978. Avant, on avait des jurys, pour aller vite, de notables, qui étaient en tous cas dans un lien de familiarité très fort, de révérence sociale et d’estime intellectuelle presque évidentes avec l’accusateur, c’était au fond un monde presque homogène. Ensuite on ne pouvait plus se contenter d’un discours à un jury qui formait bloc, il fallait adapter la parole à chacun, à sa vision très singulière de la société. A une certaine époque, je ressentais assez vite la présence de piliers intellectuels, susceptibles de mieux faire passer le message ; une certaine manière de prendre des notes, de poser des questions, une attitude esthétique, je cherchais évidement ces piliers là. C’est plus difficile aujourd’hui, il est plus difficile de convaincre, pour un avocat général.

On aurait délesté la cour d’assises du jury, j’aurais immédiatement demandé à changer de fonction. C’est pour moi fondamental. J’ai pu cultiver le sentiment populaire qui est en moi, et qui d’après certain a tourné vers une forme de populisme, ce que je ne crois pas, cette relation que j’ai pu nouer pendant pratiquement vingt ans avec le peuple judiciairement représenté. J’y ai vu une possibilité de mettre en œuvre toutes les vertus auxquels je crois, conviction, sincérité, authenticité, parfois maladresse, brutalité, trop de pulsions, pas assez de retenue, pas assez de fausse modestie, pas assez de componction, toute cette attitude judiciaire collective que je déteste, qui se trouve si bien dans les cocktails, les salamalecs, les hypocrisies. Cela m’a beaucoup nui, tout ça. La détestation de l’être Bilger a dépassé la magistrature, l’homme qui est étranger à un univers facilite l’étrangeté de l’univers par rapport à lui-même.

Vous méprisez les magistrats ?

Il y a deux-trois magistrats que j’estime, tout de même, j’ai des amis, je dois beaucoup à Pierre Truche, à Jean-Louis Nadal qui à l’époque a soutenu un peu ma cause. J’ai été mis aux assises dans ces conditions, elles offraient à la fois l’avantage pour la hiérarchie de me mettre dans la structure qui me convenait le mieux, de la même manière que le droit de la presse, qui n’est pas du droit mais du byzantinisme intellectuel, me convenait totalement par rapport aux études de khâgne et d’hypokhâgne. En même temps, on me mettait dans l’univers où je n’allais gêner personne.

Je n’ai pas de mépris pour les magistrats. Il y en a que j’admire, Renaud van Ruymbeke est un type pour qui je me jetterai dans le feu judiciaire, on n’a pas tant de magistrats de très grande qualité pour qu’on puisse les ennuyer disciplinairement, ce serait le comble du paradoxe. Et il y en a d’autres dont je ne raffole pas, c’est clair, mais que je ne méprise pas. Ce que je leur reproche c’est peut-être de ne jamais se demander si on ne pourrait pas tenter d’être à la hauteur de notre très beau métier. Moi je suis défaillant, sans doute discutable, mais au moins je me pose en permanence la question de savoir comment atteindre ces vertus.

L’indépendance est une vertu ?

J’ai sous-estimé le poids de l’emprise politique et peut-être pas assez réfléchi à l’exigence de l’indépendance du parquet, parce que trop longtemps j’ai cru que les tempéraments étaient plus forts que les structures. Et les structures, même parfaites, ont besoin de personnalités pour les vivifier. Evidemment, un certain pouvoir aura toujours besoin d’une certaine magistrature, et ça c’est désespérant. Si je n’avais qu’un motif de mélancolie profonde, ce serait celui-là. Je ne suis pas assez naïf pour penser que demain, si la gauche est élue, elle se priverait de ce bras inespéré qu’est un parquet complaisant dans la gestion des affaires. J’ai toujours pensé que l’un des drames du judiciaire et peut-être du politique, c’est de n’avoir jamais compris que nommer des personnalités complaisantes, parfois intelligentes, mais en tous cas ectoplasmiques, n’était pas un investissement à long terme. Si un pouvoir comprenait que l’inverse est souhaitable, il serait construit sur des bases beaucoup plus solides.

J’ai été naïf, je l’admets. Quand on me le disait, il y a quelques années, j’étais un peu agacé par ces poncifs et puis, et ça a été décisif, j’ai été indigné précisément parce que j’avais été un partisan enthousiaste du candidat Sarkozy. J’ai tellement cru dans le candidat que je pensais en effet qu’on aurait une rupture positive sur le plan de la République irréprochable, de l’Etat de droit. Je n’avais qu’une inquiétude, est-ce que cet être d’action ne deviendra pas d’agitation, est-ce que, formidable candidat, il sera capable du retrait, de la distance, de la majesté, de la retenue, de l’équilibre des pouvoirs qui sont nécessaires à un grand président ? J’ai répondu positivement, je me suis totalement trompé. Je n’ai pas une vision sommaire et péremptoire de Sarkozy, je pense que les médias commettent une erreur en le schématisant. Il y a des avancées et d’énormes faiblesses, mais le personnage, cette inaptitude qu’il a à être président, sa personne finalement cache son bilan. Au fond, je ne suis pas capable d’examiner sereinement les ombres et les lumières de son bilan tellement l’être présidentiel me tape sur les nerfs.

Quel a été pour vous le tournant ?

Le tournant, ce sont les petits pois. Je ne parlerai même pas du Fouquet’s. Je suis presque touché par cette énorme maladresse démocratique, le résultat d’une crise passionnelle avec son épouse, pour laquelle j’ai une forme d’indulgence. Ensuite, c’est dérisoire, mais tout a commencé là : il a traité, pour faire l’éloge de Rachida Dati, les magistrats de la cour de cassation de petits pois, et ceux-ci n’ont pas réagi. C’était la première seconde de l’humiliation qu’on a continué à subir : le garant de l’unité et de l’indépendance de la magistrature ne cessait à cause d’une subjectivité forcenée, de créer des clivages et de mépriser un corps, dont je comprends pourquoi il ne l’aime pas, mais qu’en réalité il devait protéger. Le paradoxe c’est qu’il a désespéré les juges, mais aussi plombé ceux qui ont bénéficié publiquement de sa subjectivité. Sur le plan de l’Etat de droit, sur le plan de la République irréprochable, il est devenu une sorte de Caligula au petit pied.

Vous êtes de droite ?

Il y en a assez de penser que pour être indigné par les transgressions de la morale publique, il faut être forcément de gauche. Je me bats d’une certaine manière, même si je ne sais pas si je suis de droite au sens classique, je me bats pour faire accepter l’idée qu’au sein du clan globalement sarkozyste, il y a une masse de citoyens qui sont scandalisés et indignés, par ce qui m’indigne et que je dénonce.

Si je suis de droite - après tout, pourquoi pas - mais d’une sorte singulière parce que je n’ai jamais aimé la qualité dominante à droite, qui est la dérision et j’ai toujours apprécié bizarrement, la gravité de gauche qui va parfois jusqu’à l’ennui. Je me suis dit, le socle du candidat était constitué par des exigences auxquels je croyais, que la droite ne soit plus la bête du monde, que le mérite ait du sens, que l’argent légitimement, honnêtement gagné soit respecté, que l’Etat de droit soit récupéré par un humanisme vigoureux pas forcément étiqueté socialiste. On s’aperçoit et c’est ce qui me désespère aujourd’hui, c’est que sur tous ces signaux fondamentaux on a abouti à l’inverse. Les thèmes légitimes du candidat ont été retournés par la pratique présidentielle.

Vous avez été tenté par la politique ?

J’ai toujours eu une grande passion politique. Plus jeune, je n’étais pas en position de le faire, et surtout je n’avais peut-être pas l’âme du militant, l’idée qu’il fallait franchir une multitude de degrés avant de connaître l’opportunité d’un bel échec électoral. Maintenant que j’ai une petite importance que je ne surestime pas, qui m’aurait permis, au moins abstraitement peut-être, d’avoir un rôle dans un parti, ce qui m’entrave radicalement, c’est l’inconditionnalité. Je refuse absolument les bienfaits d’une pensée systématique. Je ne veux pas si peu que ce soit me laisser ligoter par un concept, une opinion, une pensée qui m’imposerait même avec mon consentement, sa lumière préétablie sur tous les sujets. Je veux pouvoir si j’en ai envie, dire partiellement du bien d’une partie du bilan, dénoncer cette République imparfaite, estimer certaines personnalités de gauche, avoir beaucoup aimé les primaires, trouver ceux qui surnomment Hollande Flamby grotesques, au fond, j’ai envie d’être libre.

J’ai presque le sentiment d’un enfermement dès que je sens qu’on veut me gêner aux entournures et chercher chez moi une cohérence factice, alors que j’aime passionnément la liberté d’expression et qu’elle peut me conduire non seulement à défendre Eric Zemmour, au moins une partie de ses propos, et en même temps des magistrats de gauche qu’on veut ennuyer. Evidemment de l’extérieur, vous imaginez quelle impression ça peut donner. »

Source

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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ppkc 15/11/2011 16:50



Il nous faudrait beaucoup de magistrats de cette trempe.


Merci de nous avoir tenu au courant.


Bonne chance à lui.