Philippe Seguin, un hommage et un profond regret qu'il est abandonné le combat pour la France.

Publié le 11 Janvier 2010

C'est deux hommages et un profond regret que je ferai dans ma pensée à Philippe Seguin.
                    1/ Envers l'historien qui réhabilita la mémoire de Napoléon III dans son ouvrage Napoléon le Grand. Où, il mit en avant l'œuvre de ce souverain que la Troisième République s'évertua à faire oublier y compris dans les livres d'histoires scolaires. Une simple anecdote devrait suffire à vous en convaincre puisque Jules Ferry repris en partie les travaux de Victor Duruy Ministre de l'Instruction publique de Napoléon III empereur de France. Une instruction public et non une éducation nationale qui n’éduque plus personne depuis bien longtemps chacun le sait désormais.
                    2/ Son engagement en faveur d'une autre Europe que celle qui sévit actuellement s'occupant du calibrage de nos carottes, poireaux et autres et qui juge et condamne les usages et parfois l'essence même des Nations qui la composent comme de vouloir interdire les Croix aux murs dans toutes les écoles d'Italie.
De même, de refuser les origines chrétiennes de cette Europe au détriment de la vérité historique, sociale et morale des peuples. Tout celà, en faveur d'une Europe qui devrait être vierge semble t'il et sans aucune mémoire de son passé glorieux (ou non) pour mieux accueillir le "sang neuf de la diversité". Nul part ailleurs, cette exigence, ce suicide culturel, existe.   
                 Pourquoi devrions-nous avoir honte de nos acquis millénaires (Guerres et paix, souffrances et douleurs, connaissances, sciences et humanisme) et nier notre Histoire plus que d'autres sociètés humaines qui vivent sur les différents continents de notre planète?
                 Les élites de cette Europe refusent de donner la parole aux peuples sachant qu'elles seraient condamnée immédiatement par le suffrage populaire et pas uniquement en France. Nous l'avons bien vu lors des derniers référendums. En contradiction avec la pensée de Charles de Gaulle et de son enseignement.
                 C'est cette élite européenne qui, en France se dit gaulliste, socialiste, ou centriste qui à Bruxelles, bâillonne les peuples souverains sous prétexte qu'ils ne comprennent pas, disent-ils, les enjeux. 
                   Le général Charles de Gaulle ne cesse plus de se retourner dans sa tombe depuis que ces pseudos héritiers font le contraire et sans vergogne de son idéal.  Il suffit pour s'en convaincre, de se pencher sur les multiples modifications de la constitution de la 5éme république pour s'apercevoir que la France est de nouveau celle des partis politiques, des parlementaires absents ou tapageurs au détriment du peuple souverain.
                    A cette allure, la France ne sera plus qu'une province ou un ministre déclare sans rougir (Eric Besson) qu'"elle n'est même pas un peuple, ni même une langue mais un agglomérat".
Au secours mon Général, ils sont devenus fous!

Extrait du discours de Philippe Seguin
5 mai 1992 (exception d’irrecevabilité en application de l’article 91, alinéa 4, du Règlement)
Transferts de compétences nécessaires à l’établissement de l’Union économique et monétaire européenne (en vue de l’application du traité de Maastricht)
Je le proclame donc d’emblée : dès lors que l’entrée de la France dans l’Europe de Maastricht constitue bien l’acte historique qu’a évoqué le Président de la République, il serait normal, nécessaire, légitime, indispensable que la parole soit donnée au peuple (...) Non point que je conteste la légitimité de cette assemblée. Je ne me suis pas associé au chœur de ceux qui, il y a quelques semaines, ne trouvaient pas de mots assez durs pour l’abaisser, pour réclamer sa dissolution, voire proposer son auto-dissolution.

Je constate d’ailleurs la contradiction dans laquelle s’enferment aujourd’hui nombre d’entre eux en se refusant à l’idée d’un référendum.
Ce que je veux seulement dire c’est que le recours à la voie parlementaire est contraire à l’esprit de notre pacte social car ce que le peuple fait, seul le peuple peut le défaire.
En outre, c’est une faute politique lourde que de refuser de donner à un engagement aussi grave la sacralisation dont il a besoin. Et ne changerait rien à l’affaire, la manœuvre qui consisterait, ultérieurement, à ne faire ratifier par le peuple que ce que le Parlement aurait déjà décidé,
Non, foin d’arguties ! Il me faut dire avec beaucoup d’autres, au nom de beaucoup d’autres, qu’il est bien temps de saisir notre peuple de la question européenne. Car voilà maintenant trente-cinq ans que le traité de Rome a été signé et que d’Acte unique en règlements, de règlement en directives, de directives en jurisprudence, la construction européenne se fait sans les peuples, qu’elle se fait en catimini, dans le secret des cabinets, dans la pénombre des commissions, dans le clair-obscur des cours de justice.
Voilà trente-cinq ans que toute une oligarchie d’experts, de juges, de fonctionnaires, de gouvernants prend, au nom des peuples, sans en avoir reçu mandat des décisions dont une formidable conspiration du silence dissimule les enjeux et minimise lei conséquences. Que l’on m’entende bien : je ne viens ici donner de leçon à personne ; mais que l’on veuille bien, en retour, respecter ma propre démarche ! Je me serais d’ailleurs bien passé d’être là. Il eût mieux valu, à l’évidence, que des voix plus fortes que la mienne engagent le combat.
Elles ne l’ont pas souhaité, je me garderai de les juger. Je me contente de faire et d’assumer un autre choix. Ce n’est pas si facile.
A la décharge des absents, je reconnais bien volontiers que le conformisme ambiant, pour ne pas dire le véritable terrorisme intellectuel qui règne aujourd’hui, disqualifie par avance quiconque n’adhère pas à la nouvelle croyance, et l’expose littéralement à l’invective. Qui veut se démarquer du culte fédéral est aussitôt tenu par les faiseurs d’opinion (...) au mieux pour un contempteur de la modernité, un nostalgique ou un primaire, au pire pour un nationaliste for­cené tout prêt à renvoyer l’Europe aux vieux démons qui ont si souvent fait son malheur.
Mais il est des moments où ce qui est en cause est tellement important que tout doit s’effacer. Et je ne parle pas ici au nom d’une France contre l’autre, car dès lors qu’il s’agit de la France, de la République et de la démocratie, il ne peut plus être question de la droite et de la gauche, l’enjeu, au. delà des partis, des clivages les plus naturels, des oppositions les plus légitimes, des querelles les plus anciennes, n’est rien de moins que notre communauté de destin. Et cette communauté de destin est gravement mise en péril par les accords, alors que ceux-ci ne sont ni la condition de la prospérité, ni la condition de la paix, Dans le monde tel qu’il est, l’idéal comme le réalisme commandaient de faire prévaloir une tout autre conception de l’Europe, voilà ce que je voudrais maintenant développer devant vous.
Monsieur le président, madame, messieurs les ministres, mes chers collègues, que l’on ne s’y trompe pas la logique du processus de l’engrenage économique et politique mis au point à Maastricht est celle d’un fédéralisme au rabais fonda­mentalement anti-démocratique, faussement libéral et résolument technocratique, L’Europe qu’on nous propose n’est ni libre, ni juste, ni efficace. Elle enterre la conception de la souveraineté nationale et les grands principes issus de la Révolution : 1992 est littéralement l’anti-1789. Beau cadeau d’anniversaire que lui font, pour ses 200 ans, les pharisiens de cette République qu’ils encensent dans leurs discours et risquent de ruiner par leurs actes ! (...)

Sur l’exercice de la souveraineté:
(...) Toutes ces arguties n’ont en réalité qu’un but : vider de sa signification ce mot gênant pour qu’il n’en soit plus question dans le débat. La méthode est habile. En présentant chaque abandon parcellaire comme n’étant pas en soi décisif, on peut se permettre d’abandonner un à un les attributs de la souveraineté sans jamais convenir qu’on vise à la détruire dans son ensemble. (...) Extrait du discours de Philippe Seguin 1992.

           Ce discours de Philippe Seguin que chacun peut retrouver sur Internet était prémonitoire. On peut seulement regretter qu'il n'est pas pris la tête d'une véritable opposition à ce démantélement de la souveraineté française et s'étonner qu'il se soit associé avec l'un de ceux qui participèrent à sa destruction. 
En 1995, il s'allia par exemple avec un  Jacque Chirac qui, sans rougir, admirait et a honoré en 1996, un François Mitterrand qui fût l'adversaire le plus résolu et le plus acharné du général de Gaulle. Il osa même jusqu'à demander de "méditer le message" de celui-ci. Ce qui me confirma que Jacque Chirac n'était pas un vrai Gaulliste mais plutôt l'héritier caché du radical-socialisme.
          Est-ce que Philippe Seguin avait choisi entre plusieurs maux le moindre? Lui qui inventa "la fracture sociale". Entre un Jacque Chirac plutôt qu'un Balladur ou la Gauche sectaire. Ce sont les historiens qui le diront.

            En attendant, la France souveraine s'amoindrit de jour en jour et nous pouvons prédire sa disparition dans les deux décennies qui viennent au profit d'un gouvernorat sans pouvoir dans une Europe tentaculaire et émasculatrice? Elle sera un théatre d'ombres qui restera lucratif pour les politiques-acteurs-marionnettes pour qui le sort de la France et l'avenir des français se déroulera ailleurs.
           Oui le Général de Gaulle serait véritablement choqué de ces différentes trahisons de sa pensée française et de l'idée qu'il se faisait de la France.
Philippe Seguin, pour ceux qui sont croyant, en débattra sûrement avec lui et pendant longtemps encore.
Gérard Brazon

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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