Poème de jeunesse par Bruno Guillemin

Publié le 24 Décembre 2012

Bruno Guillemin

images--1-.jpg Le mot pour le dire


Il peut-être douceur et tendresse lorsqu'on le susurre à l'être tant aimé.
il se pose gentiment sur les lèvres se souffle et s'envole dans l'air du temps et vient se percher dans le pavillon de l'oreille.
Adroitement il se faufile dans son conduit et comme un flacon que l'on décapuchonne son contenue comme un parfum se libère , enfle en notre for intérieur pour y répandre son odeur, pour y pénétrer notre coeur d'une voluptueuse essence aromatique pour y toucher notre âme et la faire briller plus fort et la faire rougeoyer comme une braise incandescante. Il aime à se promener dans notre tête pour s'y inscrire à jamais parmis les souvenirs de notre vie.
Il est là présent et bien des années durant il nous rappelle le moment passé ou le cher et tendre tête baissé nous berçait sur son épaule à voix feutrée à mots couverts de tant de volupté.
Il est le charme, il est la grâce, il sait être dentelle du siècle passé, ritournelle sous l'auvent aubade et chansonnette. Il est léger comme la brise marine, il est doux à prononcer et peut changer le fil d'un instant la destinée d'un être convoité. il est désir , il est caresse, il est romance et poèsie et sait être lyrique lorsque le coeur se déchaîne.
Il transforme il séduit , rien ni personne ne peut l'enchaîner ni l'asservir, il ne supporte ni l'esclavage ni l'injustice et l'imposture et sait être le plus heureux des hommes lorsqu'il flatte et pardonne.
Mais attention à ne pas le heurter, sa sensibilité serait exacerbée, et si par malheur par mégarde vous le brusquiez, il s'enflammerait comme les feux de l'enfer, de tout miel qu'il sait être il deviendrait vite essaim d'abeilles prêt à se déchaîner et à détruire si vite ce qu'il a mis tant de temps à bâtir il serait prêt au pire.
Il deviendrait menace, injure et calomnie. Il serait pareil à ses peuples guerriers prêt à corrompre. Il sait être sale, odieux et abjecte. Il est le poison qui insidieusement se répand dans nos coeurs et nos têtes.
Il reste tapis là dans nos mémoires puis il s'endort et sommeille. Et lorsque l'on croit avoir tout oublié, que le temps a fait son oeuvre bien des années s'étant écoulées. A la vue d'un être que l'on a maudit, le souvenir revient et le mot renaît de son coma léthargique et re apparaît sur les lèvres aussi fort qu'autrefois.
Il tenaille, il enserre, il renferme il rumine, il fulmine, il culmine il rancune. Il détruit l'âme fragile des hommes et des femmes .
Il nous fait souffrir et parfois nous fait mourir. Il se nourrit d'angoisses et d'amertumes mais à ceux qui savent le combattre avec d'autres mots ils en viennent à bout et débarrassent leurs coeurs de tant de rancoeur.
Il sait être gaie et joyeux comme le pinson. Il est fugace et subtil et renferme tant de dérision. Là il se moque de lui-même tout d'abord puis des autres.
Il sait être cruel mais bien vite revient à la raison. Pourquoi tant de haine en son coeur lorsque la vie est si courte.
Juste le temps de le dire et très vite il se meurt mais pour lui même tout d'abord car les autres le retiennent le transforment et le font renaître pour devenir aubade chansonnette ou chanson.
Il peut enfler pour être chant discours ou calomnie si tant est que mis bout à bout il forme une harmonie de style. Il peut tout simplement rester moquerie, farce ou mot d'humour et c'est là sa grande force car il permet à ceux qui en abusent de rester en vie plus longtemps que les autres car ils savent toujours retomber sur leurs pieds en faisant d'un mot une pirouettte une arabesque sans utiliser d'autres armes que celles pour le dire . Il me vient maintenant deux mots à te dire .........

Poème personnel écrit il y a 20 ans Bruno Guillemin

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Histoire de France

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