Point de vue: et si les élus montraient l'exemple? Par Gérard Brazon

Publié le 24 Septembre 2011

Il est révoltant d'entendre à longueur d'antenne de fausses informations sur les indemnités de nos élus. Combien de fois ai-je entendu qu'un député, un sénateur n'avait qu'une indemnité "d'environ" 5500 €. Rien de plus? Ces députés et sénateurs qui minorent de façon honteuse leurs revenus réels sont tout simplement indignes. Après tout, pourquoi ne disent-ils pas leurs vrais revenus? Pourquoi cette gêne?

Du temps des trente glorieuses, les français s'en moquaient. La "poule du dimanche" était dans l'assiette, l'avenir avait un sens, les enfants pouvaient imaginer l'ascenseur social, l'éducation nationale avait une réalité et était respectée. Bref, tout allait bien et les français, sans être dupes, savaient bien que la soupe des élus était bien plus grasse et plus copieuse que la leur! Mais ils ne mouraient pas de faim, et globalement ils étaient heureux. 

Aujourd'hui, avec la crise, les crises, les français souffrent! Ils se retrouvent quasiment "sans culotte" et ont le sentiment que les élus sont les nouveaux aristocrates. La situation est, à mon avis, très dangereuse. La poule n'est plus au rendez-vous du dimanche hormis le plus souvent pour les populations protégées et sous perfusion permanente. Une perfusion soporifique au frais de l'ensemble des français qu'il devient de plus en plus difficile à faire perdurer. Et encore, même les assistés ne sont pas heureux et contestent également, du fait de l'insécurité grandissante.

C'est la "classe moyenne" qui prend l'ensemble des coups et toujours les mêmes qui sont à l'abri. Mais la situation n'est plus entre les pauvres et les riches, les "sans culottes" et les aristos avec la bougeoisie au milieu qui manipule et réclame une place à la table du Roi. La situation est plus dangereuse. Ce sont les bourgeois qui sont perçus comme les nouveaux aristos, et c'est la classe moyenne qui se retrouve en "Marcel" et ne souhaite pas se retrouver "sans culotte".

L'avenir n'est pas écrit bien sûr mais il me semble important, pour une bonne réflexion, que les Français sachent qui sont ces nouveaux aristos le plus souvent inconscients, ces Elus, ces grands patrons du CAC40, ces syndicalistes du MEDEF, ces Directeurs d'entreprises qui dégainent des plans sociaux pour satisfaire des actionnaires, etc.

Voici par exemple les véritables revenus et trains de vie de ceux qui décident pour nous et nous disent combien nous avons de la chance et pourquoi il nous faut partir en retraite à 67 ans alors qu'eux-mêmes, se réservent une vie de retraités paisibles dans les locaux des assemblées. Alors certains me diront que c'est de l'envie, que cela fait le jeu des extrêmes ! Ce n'est pas moi ni les extrêmes qui ont voté les lois et les prébendes. Non c'est simplement l'envie de voir un peu de décence lorsque la misère est réelle chez les "français d'en bas".

Gérard Brazon

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Ce que gagnent les élus du bon peuple France

La mise à jour de ce qu'ils gagnent vient d'être faite.

Rappelons que ce que gagnent les élus, c'est tout simplement les crédits qu'ils se votent eux-mêmes, sur nos impôts.

Vous remarquerez qu'à chaque vote d'augmentation, il ne manque pas une voix, droite et gauche sont tous d'accord, 100% de votes favorables ! Qui dit mieux ?

POUR UN SENATEUR

 

Indemnité parlementaire  6 720 € - 44 080 F

Crédits pour les collaborateurs  6 826 € - 44 775 F

Indemnités de frais de mandat  5 592 € - 36 681 F 

subvention au groupe politique  1 289 € - 8 455 F 

Total  20 427 €  133 991 F

 

POUR UN DEPUTE

 

Indemnité parlementaire 6 720 € - 44 080 F

Crédits pour les collaborateurs 8 469 € - 55 553 F

Indemnités de frais de mandat 5 592 € - 36 681 F

Total 20 781 € 136 314 F

 

A noter que ces indemnités sont en augmentation de 2 027,60 € (13 300 F) par mois par rapport à 2002....+ 11 % !

 

A CELA S'AJOUTENT LES AVANTAGES EN NATURE SUIVANTS :

 

1) Les crédits pour collaborateurs et indemnités de frais de mandat sont NON IMPOSABLES.

2) Voyagent gratuitement en Première sur l'ensemble du réseau SNCF, plus les prestations de couchage (couchettes et voitures-lits) gratuites, mais demi-tarif pour leur conjoint.

3) Disposent de quarante allers-retours en avion gratuits par an entre Paris et leur circonscription.

4) Disposent de la flotte de voitures du Palais-Bourbon pour leur déplacement en région parisienne, et quand les voitures manquent, disposent des taxis parisiens.

5) Correspondance parlementaire gratuite et peu ou pas contrôlée.

6) Disposent d'un forfait global de communications comprenant à la fois les abonnements à quatre lignes téléphoniques et Internet, et le coût des communications.

7) Peuvent emprunter 500 000 F à 2% sur dix ans.

8) Retraite à 55 ans. Mais la pension de député se cumule avec toutes autres retraites pour lesquelles l'élu a cotisé dans le cadre d'une autre activité professionnelle. Pour un fonctionnaire, c'est génial car pendant qu'il est député ou sénateur, son avancement de fonctionnaire se poursuit normalement ! Ainsi le parlementaire fonctionnaire part à la retraite avec sa retraite de parlementaire (minimum 2 591,63 € soit 17 000 F par mois si deux mandats) PLUS sa retraite de fonctionnaire à taux plein, après avancement normal ! Elle n’est pas belle la vie ?

 

Songez à de Gaulle. Il était ce qu'il était, chacun en pense ce qu’il veut, mais, quand il est parti après avoir démissionné en 1969, il avait droit à cinq ou six retraites cumulables : général de Brigade, ancien secrétaire d'état à la Guerre sous Paul Reynaud, Ancien président de la République, Président de plein droit du Conseil Constitutionnel, Président de plein droit du Conseil d'Etat, etc.  Il les a toutes refusées, toutes , sauf celle de Général de Brigade, son grade le plus élevé atteint dans l'Armée en 1939, avant d'être nommé secrétaire d'Etat à la Guerre par Paul Reynaud).il a déclaré avoir assez avec ses droits d'auteur de ses Mémoires.

 

Depuis quand les députés perçoivent-ils ce jackpot ? il est du plus haut intérêt de le rappeler ici.

 

Jusqu'au printemps 1983, les députés ne percevaient nullement des indemnités scandaleuses. De Gaulle (dont on peut penser ce qu'on veut par ailleurs, nous sommes bien d'accord, mais il avait quand même de la dignité et un certain sens de l'Etat et du service public) leur avait appris ce qu'est le service de l'Etat ! c'est ainsi que le député de base percevait une indemnité mensuelle égale à la moyenne du plus bas et du plus haut traitement de la fonction publique. Au printemps 1983, cela représentait à peine 20 000 frs/mois.

 

Mais au printemps 1983, tout changea : les petits nouveaux socialistes, élus deux ans auparavant et qui avaient tant salivé sur l'assiette au beurre pendant 23 ans, de 1958 à 1981, trouvaient en fin de compte la pitance tant désirée bien maigre.....Alors Pierre Joxe, grand méchant loup marxiste devant l'éternel, imagina une double astuce pour faire cesser cette terrible insuffisance. Il n'eut aucune vergogne, car c'est justement au printemps 1983 que le méga coup de massue d'austérité s'abattit sur les français : fin de l'indexation des rémunérations salariées sur les prix, emprunt forcé, tour de vis fiscal, dédit de l'état sur les traitements de la fonction publique (l'accord salarial signé avec Delors en décembre 1982, qui prévoyait une augmentation étalée de 8% pour compenser l'inflation encore très forte de l'année d'avant, fut unilatéralement rompu par l'Etat et remplacé par un blocage sine die, ce qui revenait à baisser ces traitements de 7,5% d'un seul coup, mieux que Laval en 1934...).

 

Alors pour éviter à nos pauvres petits nouveaux députés les affres de cette austérité qui devait pour de longues années faire s'envoler le chômage et faire réapparaître des miséreux dans nos rues, Pierre Joxe, à la cloche de bois, prit simultanément deux mesures :

 

1) l'indemnité parlementaire serait désormais fixée à la moyenne des traitements le plus haut et le plus bas des TRAITEMENTS HORS ECHELLE des fonctionnaires (c'est-à-dire du début de carrière de l'échelle-lettre A et du traitement du président de la Cour de Cassation). Comme le début de carrière de l'échelle-lettre A est copieusement plus élevé que le début de carrière du fonctionnaire le moins bien payé, cette disposition entraîna une augmentation mécanique de VINGT HUIT POUR CENT de l'indemnité parlementaire (au moment même où les traitements de la fonction publique étaient bloqués en violation de l'accord salarial signé six mois auparavant).

 

2) et il était institué une indemnité mensuelle NON IMPOSABLE, du même ordre de grandeur que l'indemnité parlementaire, destinée à financer les frais d'un collaborateur salarié. Aucune obligation n'était prévue pour dire à quel salaire devait être payé le collaborateur en question, si bien que le député pouvait y nommer quelqu'un de sa famille, ou sa petite amie (resp. son petit ami) à un salaire d'un coût de loin inférieur à l'indemnité perçue. Autrement dit, la différence entre les frais réels du collaborateur et l'indemnité pour frais de collaborateur devenait tout simplement, pour le député, un revenu supplémentaire exonéré d'impôts.

 

En contrepartie, l'indemnité parlementaire devenait imposable....mais seulement pour la moitié ! ce qui revenait presque au même que la situation antérieure non-imposable, pour peu que le député ait une femme et des enfants.

 

Il faut noter que le vote de ces dispositions à l'Assemblée fut acquis A L'UNANIMITE.

 

A ceux qui pourraient objecter que les députés ne pourraient plus se passer de collaborateurs (ce qui est faux, mais admettons-le un instant), voici ce qu'il faut répondre :

 

OK pour les collaborateurs, nous ne voulons pas les mettre brutalement au chômage. MAIS LA PLUS ELEMENTAIRE HONNETETE COMMANDERAIT DE LES FAIRE REMUNERER DIRECTEMENT PAR L'ETAT COMME DES FONCTIONNAIRES D'UN CORPS PARTICULIER QU'IL RESTERAIT A DEFINIR.

 

Ces fonctionnaires seraient astreints au secret professionnel le plus rigoureux et à la neutralité, privés de droit de grève comme les policiers, et n'auraient le droit d'être affiliés à aucun parti politique ni aucune société secrète. Ils devraient avoir la nationalité française et, à leur recrutement, pouvoir exciper d'un casier judiciaire vierge. Leur devoir de réserve serait total : aucune déclaration publique connectée de près ou de loin à leur fonction. De plus, tout manquement à leurs devoirs ainsi définis entraînerait la révocation immédiate et sans pension.

 

Ainsi il serait impossible à un député de se mettre dans la poche la différence, nette d'impôts, entre ce que lui coûtent vraiment les collaborateurs et ce qu'il perçoit pour eux.

 

Une autre solution, si on ne veut pas de fonctionnaires nouveaux, consisterait à ne rembourser aux députés que ce qu'ils ont réellement dépensé pour rémunérer leurs collaborateurs (salaires+cotisations sociales), sur présentation de justificatifs, et bien entendu avec un plafond de dépenses à ne pas dépasser sous peine, pour le député, de payer de sa poche tout dépassement.

 

Mais dans le cas où on choisirait la seconde solution, il serait indispensable d'interdire à un député de recruter quelqu'un de sa famille directe, c'est-à-dire : conjoint ou ascendant ou descendant en ligne directe.

 

Mais ce n'est pas tout : ces augmentations phénoménales étant passées comme une lettre à la poste, ces messieurs les petits nouveaux députés furent mis en appétit. L'appétit vient en mangeant, c'est bien connu ! Aussi quelques semaines plus tard, pourquoi se gêner ? l'Assemblée vota A L'UNANIMITE le principe d'un second collaborateur, et d'une indemnité non imposable correspondante, dans les mêmes conditions que pour le premier collaborateur....au départ cette indemnité était un peu moins élevée que celle pour le premier collaborateur (mais rassurez-vous, à peine moins élevée), et cette microscopique différence s'estompa par la suite.

 

Depuis, les députés, qui se votent eux-mêmes leurs augmentations, ont trouvé le truc pour échapper à l'austérité qu'ils ont inaugurée au printemps 1983 et dont ils n'ont jamais été capables de sortir les français depuis :

 

 

Pendant que les traitements de la fonction publique et des salariés du privé augmentaient dans des proportions ridiculement faibles, voire pas du tout (ce qui augmentait très peu l'indemnité parlementaire), ils pouvaient à volonté augmenter les indemnités pour frais de collaborateur ! et ils ne s'en sont certes pas privés ! ainsi les augmentent-ils régulièrement chaque année de 10 à 15% ! quand on sait qu'elles sont non imposables, et que le salarié collaborateur, lui, était augmenté à la sauce austérité, c'est- à-dire à coups de dixièmes de pour cent, il y a de quoi nourrir les plus légitimes révoltes !

 

Ces mesures Joxe n'ont pas concerné immédiatement les sénateurs, mais ce n'était qu'une question de temps : bientôt, eux aussi eurent droit à cette généreuse réforme.... 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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MIKA 24/09/2011 09:48



PLUS DE 130 K euros par an…Certes, MAIS disent-ils : 
« Nous avons des frais ! »


Dont acte. Alors changeons la règle ; Qu’ils soient tenus de
déclarer leur frais pour justifier ou restituer ce qu’ils sont supposés percevoir au titre des défraiements…


Les anglais y sont contraints et c’est ainsi que des scandales ont pu
voir le jour.



francis Claude 24/09/2011 09:12



bon voté pour moi cela arrondira ma pension de retraite merci!!!!