Point de vue sur une éducation nationale 2 - par Bonapartine

Publié le 16 Février 2011

               Bonapartine poursuit sa démonstration sur l'éducation nationale qui démontre une réelle faiblesse que ne peut compenser les discours des Ministres d'hier et d'aujourd'hui. On ne peut que vouloir le bien de nos enfants, y mettre le premier des budgets nationaux mais si c'est pour donner une culture au rabais, baisser le niveau, céder aux demandes communautaristes, et finalement faire à minima, ce n'est pas le bien que l'on trouve, c'est un troupeau de moutons incapable de se gérer sans avoir un guide télévisuel au mieux, un guide suprême au pire. L'Education nationale à la mission de faire des enfants de France, des femmes et des hommes en capacité de réfléchir, d'analyser. Au minimum, des femmes et des hommes sachant lire, écrire et compter. Nous voyons ces objectifs devenir des sommets infranchissables pour toute une jeunesse. 18% de ces jeunes ne contrôlent pas les fondamentaux. Sont-ils plus idiots que les autres? Bien sûr que non! Ils ont en face d'eux un système qui a baissé les bras. Il n’y a pas d'autorité. Les lois et les règles sont discutées parce qu'elles sont devenues discutables voire, négociables.  Du fait de l'abandon de l'autorité. 

Le nivellement par le bas est devenu la norme. Aucun enfant ne peut avoir de bonnes notes dans certains quartiers. Cela signifierait une trahison à l'égard de la "communauté". Une trahison signifiant l'exclusion au mieux, la violence au pire. Rien ne peut-être valorisé sans qu'il y ait des réactions. C'est l'éducation nationale qui est en première ligne. Avec une armée de profs politisés qui commence à prendre conscience que le système qu'ils ont défendu, a accouché d'un monstre: l'ignorance et le nihilisme.          

Gérard Brazon


Partie II Chapitre B-

                 Comment remédier à ces lacunes face à un enfant parvenu au terme de sa scolarité de primaire, voire devant un jeune adolescent scolarisé au collège ?

           En C.M.2 et jusqu’en classe de 5ème, j’ai, en partie, résolu le problème  en créant un jeu de cartes, un peu sur le modèle du "Jeu des 7 Familles" mais avec un nombre plus grand de "familles" où, tour à tour, apparaissent, par exemples, celles des principaux rois à connaître parmi les rois mérovingiens, carolingiens, capétiens, valois, les Bourbons …. Pour chaque carte sélectionnée, l’enfant doit être capable de vous dire l’essentiel de ce qu’il sait sur le personnage et de le resituer dans la période de l’histoire adéquate. Exemple : si un élève de 10 ans ou un jeune adolescent de 12 ans vous dit que Bonaparte a vécu au XVIème siècle, il faut évidemment s’inquiéter ! Mais par le recours au jeu et à condition que le jeu demeure un moyen pédagogique et surtout pas un objectif pédagogique, vous pouvez tout à fait rectifier de telles lacunes en encourageant l’enfant ou le jeune adolescent à resituer, de manière ludique, le personnage dans son époque et en en parlant avec lui presque comme s’il vous était familier. Ensuite, il est indispensable, avec les enfants, de fixer des repères sur une frise chronologique, en proposant ce qu’il est aisément possible de proposer dans le cadre d’un enseignement à domicile : la constitution d’une frise chronologique composée par l’enfant accompagné par l’enseignant, de dimension murale (Ceci nécessite l’accord des parents qu’ils accordent généralement sans difficulté.) Quitte à associer, dans votre démarche pédagogique, l’enseignement mathématique (exemple : telle bande rectangulaire représente la période du Moyen-Age, le rectangle équilatéral signale le commencement de la dynastie des Capétiens, l’emploi et la révision des chiffres romains en numération pour mentionner un siècle, le recours aux fractions simples pour déterminer le nombre de "portions" dévolues à telle ou telle période …) ou artistique en apprenant à mettre en valeur une frise chronologique par le placement d’images, de photographies, de croquis.

Quoi qu’il en soit, la transmission de l’Histoire de France, chez des enfants ou de jeunes adolescents, passe par la capacité de l’enseignant à "replacer l’Homme au cœur de l’Histoire", seul moyen de permettre à de jeunes gens d’approcher la façon de penser de ceux qui ont vécu à des époques où les mentalités n’avaient rien à voir avec les nôtres. Ce que confirmait d’ailleurs Dimitri Casali, dans une interview parue sur le journal Riposte Laïque, le 06.12.10 :

 

 « Il fallait essayer de faire intéresser les élèves qui avaient une répulsion de l’enseignement de l’Histoire. Je me suis rendu compte que quand on leur racontait l’Histoire avec enthousiasme et que l’on replaçait l’Homme au cœur de l’Histoire, on parvenait à faire naître en eux le goût de l’Histoire. »

 

[1/http://www.ripostelaique.com/Francois-Ier-Henri-IV-Louis-XIV-et.html ; 2/http://www.ripostelaique.com/Dimitri-Casali-Reapprenons-a-nos.html]

 

Ensuite, il est indispensable de faire preuve d’ingéniosité pour trouver les moyens pédagogiques de sensibiliser nos élèves à une discipline qui ne suscite, à l’évidence, aucune curiosité intellectuelle chez eux, voire parfois de la répulsion. Répulsion qui, à mon sens, trouve en partie sa source dans le fait que notre société ne sait plus d’où elle vient et donc ne sait pas où elle va, ne s’attache plus à défendre ses racines et son identité.

 

Je vous parlais précédemment d’un jeu de cartes que j’ai crée. Dans un tout autre domaine, je pourrais tout aussi bien vous dire que l’acquisition des bases de la géométrie, en classe de C.E.1 et jusqu’au C.M.2, s’effectue beaucoup plus facilement quand elle est associée à une démarche artistique et qu’elle recourt notamment à l’activité de peinture.

 

Autre exemple : j’ai en mémoire le souvenir de deux enseignants de collège, l’une d’Espagnol et le second d’Education sportive, qui avaient monté un projet pédagogique sur le thème du tango avec leur classe de 4ème pour leur permettre d’intégrer bien plus facilement la langue et la culture espagnoles. Projet qui avait donné des résultats tellement positifs qu’ils dépassaient toutes les espérances de départ !

 

Dimitri Casali a, en ce qui le concerne, imaginé et mis en place le concept d’Historock, associant l’enseignement de l’Histoire avec sa passion de la musique. Démarche également très originale et qui, on le voit, conduit les familles et leurs enfants à se déplacer aux concerts et donc à écouter l’histoire de Napoléon Bonaparte, à une époque où plus aucun enfant ou adolescent n’est plus en capacité de parler de celui qui reste, quoi que l’on en pense, l’un des plus personnages les plus marquants de notre mémoire collective.

 

Pour résumer, je crois donc qu’il appartient à chacun de nous témoigner de suffisamment de créativité pour parvenir à combiner sa passion de l’Histoire avec d’autres talents ou passions qui peuvent tous nous animer  par ailleurs.

 

Encore une fois, je le dis et le redis volontiers, il n’est pas question de dresser un tableau qui déprimerait un régiment d’armée mais de regarder certaines réalités en face et de trouver les moyens d’y remédier.

Pour y parvenir, je crois qu’il faudrait surtout que nous retrouvions tous collectivement aujourd’hui  la voie du bon sens : c’est une qualité majeure qui fait, à l’évidence, défaut de nos jours.

Dans ces circonstances, je tiens simplement à remémorer ce que disait la très regrettée Jacqueline de Romilly :

 

" Il s’agit de nos enfants. Et les enfants, çà s’élève : il faut leur apporter ce qu’ils ne peuvent ni inventer, ni désirer apprendre, mais sans quoi ils ne pourront rien faire : le goût de l’effort, l’appétit de culture." Jacqueline de Romilly.

                           

Bonapartine.

 

Rédigé par Gérard Brazon

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