Polémique en Azerbaïdjan autour de l'Eurovision

Publié le 26 Mai 2012

Crystal-20Hall-copie-1.jpgBAKOU (Reuters) - La chanteuse suédoise Loreen, qui figure parmi les favoris de l'Eurovision de la chanson qu'organise samedi l'Azerbaïdjan, a suscité la polémique en dénonçant l'état des droits de l'homme dans l'ex-république soviétique du Sud-Caucase.

"Les droits de l'homme sont violés quotidiennement en Azerbaïdjan. On ne doit pas garder le silence face à de telles choses", a dit l'artiste, cité vendredi par le quotidien d'opposition Azadliq.

Loreen s'exprimait à l'issue d'une rencontre avec des militants de l'opposition, dont des membres de l'Institut pour la liberté et la sécurité des journalistes (IRFS), précisent le quotidien ainsi que l'agence de presse locale APA.

Les autorités azerbaïdjanaises ont déploré sa prise de position. "Il y a malheureusement certaines tentatives de politisation", a dit Ali Hasanov, responsable du service des affaires publiques et politiques au sein de l'administration présidentielle.

"Cet événement musical ne doit pas être politisé", a-t-il ajouté.

Loreen (née le 16 octobre 1983 à Stockholm en Suède), chanteuse suédoise d’origine amazigh (berbère), a été choisie pour représenter son pays d'acceuil la Suède à l’occasion du concours Eurovision 2012, les 22, 24 et 26 mai prochains à Bakou, en Azerbaïdjan. Euphoria (Euphorie) est le titre de la chanson. Artiste engagée, elle est d'une personnalité très ouverte sur le monde et défend de nombreuses causes dont la cause LGBT.

 

En conférence de presse au Palais de cristal, l'enceinte flambant neuve construite pour le concours, la chanteuse a éludé toutes les questions relatives à sa rencontre controversée.

"Il y a deux parties distinctes en moi. L'une est intime, et l'autre se consacre au travail que j'effectue ici. Aujourd'hui, je veux seulement focaliser mon énergie sur ce que nous avons à créer", a dit la concurrente suédoise.

L'Azerbaïdjan a remporté l'an dernier le concours et du même coup le droit d'organiser l'édition 2012.


Le gouvernement d'Ilham Aliyev, au pouvoir depuis la mort de son père, en 2003, entend utiliser l'événement retransmis dans toute l'Europe pour mettre en valeur les progrès accomplis depuis l'indépendance, en 1991, et le dynamisme de son économie portée par ses réserves en hydrocarbures.

L'opposition veut pour sa part profiter de l'attention médiatique liée à l'événement pour dénoncer l'état des droits de l'homme et des règles démocratiques.

Selon des associations de défense des droits de l'homme, la construction même du Palais de cristal, où a lieu le concours, a donné lieu à des expropriations forcées.

Plusieurs dizaines de manifestants ont été arrêtés depuis le début du mois dans le centre de Bakou lors de rassemblements pour la démocratie et la démission du gouvernement.

"Une répression sévère de la liberté d'expression, des dissidents, des ONG, des journalistes critiques -en fait, de quiconque critique trop fortement le régime Aliyev- s'est poursuivie jusqu'au concours de l'Eurovision de la chanson", a dénoncé John Dalhuisen, directeur d'Amnesty International pour l'Europe et l'Asie centrale.

Margarita Antidze, Henri-Pierre André pour le service français

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Faits Divers- Sociétés

Commenter cet article