Police: le malaise policier est réel et pas seulement français.

Publié le 17 Septembre 2011

La police française n'est pas la seule à se retrouver dans la tourmente et la violence anti policière. La police française n'est pas la seule à devoir faire face sans arme à des violences urbaines.

Sans arme parce que de ses armes, elle n'a pas le droit de se servir.

Sans arme, parce qu'il faudrait que cette Police ait la certitude d'être soutenue par sa hiérarchie.

Sans arme car elle sait, que la justice ne la loupera pas au moindre écart, à la moindre victime parmi les auteurs des violences urbaines!

Sans arme parce que l'esprit n'est plus habité que par la crainte des suites judiciaires, par la possible garde à vue, par la prison peut-être.

Car le policier n'est qu'être humain fait de certitudes, de peurs, d'angoises. Il est susceptible de faillir et je suis admiratif du fait que rarement les policiers faillissent face à ces hyènes qu'ils ont en face d'eux, face à cette volonté de se faire du flic, de se faire un policier et d'exprimer la joie par les you-yous habituels.

Le policier est devenu une proie. La proie idéale, celle qui ne peut se défendre, le mouton que l'on égorge sur l'hôtel de la bien pensance et du politiquement correct. Sur l'hôtel de la politique des "pacifistes".

J'ai souvent de la colère lorsque je vois cette jeunesse qui se plaint si souvent, en supportant les murs de leurs cités d'êtres des victimes. Alors même que les plus à plaindre, sont les jeunes de Bamako, ceux d'Alger, de Saint Louis, de Dakar, de Yaoundé qui eux rèvent de vivre en France, prennent la route de l'immigration et meurent parfois sous les eaux. Ils rèvent d'un eldorado qui n'existe pas ou plus et fort heureusement ils commencent à le comprendre. Toutefois, il reste un territoire bien moins violent que le leurs.

Ces jeunes de France, ces français de papiers le plus souvent, me font honte pour deux raisons. Parce qu'ils s'en prennent à un système qui les a nourris, les a éduqués et qui a permis à leurs parents d'avoir des outils éducatifs. Qu'en ont-ils fait ces parents que l'on n'entend jamais et dont la responsabilité n'est jamais remise en cause. La deuxième, parce que la France est incapable de prendre la mesure de ce malaise et surtout de se faire respecter. Pourquoi voulez-vous du respect se disent-ils au fond ces jeunes multirécidivistes le plus souvent, vous ne vous respectez pas vous-mêmes ! Pas même votre Histoire !

Gérard Brazon

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[…] «La brutalité à laquelle les collègues sont confrontés presque tous les jours s’est accrue dans des proportions spectaculaires», a dit Erich Rettinghaus, le secrétaire pour la branche Rhénanie du Nord/Westphalie du syndicat policier DPolG (Deutschen Polizeigewerkschaft). […]

Selon les recherches menées par l’Institut d’Études Criminelles de Basse Saxe (Kriminologischen Forschungsinstituts Niedersachsen - KFN), auxquelles plus de 20 000 officiers de police ont participé, le nombre des policiers grièvement blessés a cru de plus de 60 pour cent entre 2005 et 2009. Dans les grandes villes, toujours selon ces recherches, un agresseur de policier sur deux était d’origine étrangère. Et dans un cas sur trois, le motif de l’attaque était la haine de la police et de l’Etat, comme l’ont souligné les policiers agressés. […]

«Nous tombons de plus en plus profondément dans la spirale de la violence», soulignait un policier de Dusseldorf, «le seuil de tolérance a été dépassé depuis longtemps». Ses collègues sont régulièrement «frappés à coups de poing, de pied ou de bouteilles», et reçoivent également «des crachats, des insultes et des menaces de mort».

Les soi-disant gardiens de l’ordre sont devenus depuis longtemps des figurants dans les «virées alcoolisées», figurants avec lesquels tout un chacun peut en découdre en toute impunité. Il devient de plus en plus courant, chez les «jeunes migrants» de «se faire un flic» chaque week-end. Absence totale de respect pour la police. Dans ce chaos général - les policiers pouvant faire face à plusieurs centaines d’assaillants – la plupart de ces derniers recommencent sans jamais être inquiétés.

Dans les quartiers de Berlin Wedding ou Duisbourg-Marxloh, provoquer la police est presque devenu un sport populaire. Ce sont pour l’essentiel de jeunes immigrés qui accaparent la police. Les voitures de police sont attaquées à coups de pierres et de bouteilles dans des embuscades, les interventions les plus anodines - contraventions de stationnement, troubles légers à l’ordre public - peuvent dégénérer en situations très graves dès lors que les policiers se font encercler.

«La justice doit se réveiller, et punir ces délits avec toute la sévérité de la loi», disait Rettinghaus, le représentant du syndicat policier. Dans la réalité cependant, ce sont souvent les policiers qui sont rendus responsables de la violence, accusés de laisser le champ libre à son escalade. Les agresseurs réels ont alors beau jeu de dénoncer la police et réclamer des dommages et intérêts.

Source : Gewalt gegen Polizisten, par Von Jörg Diehl, Spiegel, 7 septembre 2011. Traduit de l'allemand par Olaf pour Poste de veille

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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