Politique: Dire tout et son contraire, Edouard Balladur est un artiste

Publié le 7 Septembre 2010

Comment peut-on dire tout et son contraire dans cette France politicienne.

 

Balladur ! Son nom vous dit sûrement quelque chose ! Vous n’avez pas pu l’oublier. Ce cher Edouard ami de trente ans de Jacques Chirac l’incompréhensible « personnalité préféré des français ». Il fût aussi premier ministre de Mitterrand. C’est là qu’il s’est aperçu qu’il avait les canines qui poussaient aussi vite que son désir d’être Président à la place de Jacques Chirac qui devenait du coup, l’ex ami de trente ans. Bref, l’Edouard Balladur nous a pondu un article dans le Figaro du 27 août.

 

Un chef d’œuvre alambiqué sur ce que devrait être l'action politique. Et il s’y connaît en politique ! Surtout politicienne d’ailleurs car, souvenons-nous qu’il est l’inventeur de la cohabitation. Cette situation gouvernementale aberrante qui, pour être constitutionnelle sur la forme, était une insulte à l’esprit. Particulièrement à celui du général Charles de Gaulle initiateur de la Constitution de la cinquième république.

 

 Une constitution qui n’a plus grand-chose à voir avec son origine. Une constitution qui n'en plus qu'un le pâle reflet. Une constitution quasi moribonde aujourd’hui du fait de toutes les outrageantes réformes qu’elle a subit comme autant de coups de scalpels de la part de ses pseudo héritiers qu’ont été Pompidou, Giscard, Chirac et même Sarkozy. Sans parler de son ennemi mortel Mitterrand qui n’ayant pu vaincre De Gaulle vivant a tué son œuvre une fois mort avec la complicité objective de Chirac le radical-socialiste de service. Mais je m’égare et j’en reviens donc à Balladur.

Dans son article il dit presque tout précisément mais aussi son contraire d’une manière précise également. Par exemple,

Il nous dit que le monde change encore plus vite et que la mondialisation a rendu général les conséquences de la crise financière ! Bien, nous en étions aperçus. La société est déchirée par la tension des esprits (belle figure de rhétorique et cela ne mange pas de pain contrairement au smicart), que les réformes ont été accomplis (...) mais que la France n’est pas tirée d’affaire. C’était la mise en jambe pour nous dire, trois paragraphes d’état de la France et d’espérance, que la situation 2012 sera bien différente ! En 2007, le pouvoir était déclinant, l’actuel est encore plein d’ambition, l’espoir de retrouver une activité est forte (...)  Il faut surmonter les effets d’une crise qui a tout aggravé. (...) il faut imaginer un programme pour les années suivantes. Là-dessus, on connaît le bonhomme en matière d’imagination. En plus d’avoir inventé la cohabitation il transforma Chirac en Thatchérien en 1986 et fît le bide que l’on a connu aux présidentielles de 1988. C’est le même qui se proposa comme premier ministre de Mitterrand lors de la raclée socialiste avec à la clef, le bide présidentielles que l’on a connu en 1995. C’est dire qu’en matière de programme, Balladur est une pointure... pour bottines ou escarpins surtout. Mais sous condition nous dit-il : il faudra l’adhésion des français ! Rien que ça. Il glisse pêle-mêle les éléments de son discours.

Faudra-t’il magnifié le rôle économique de l’état ou réduire les déficits en mettant en œuvre la rigueur budgétaire ? Je résume. Notre modèle social est-il a réformer malgré qu’il est le plus génial du monde mais aussi le plus coûteux ? Faut-il libérer les énergies  pour retrouver la pêche économique ou bien considérer intangibles tous les acquis sociaux ? Ce qu’il appelle « l’état providence » qui coûte 35% du budget.

Puis vient la première embrouille politicienne : Comment concilier le renforcement de l’identité et de cohésion avec la nation avec l’éloge de la diversité et les égards envers les particularismes de tous ordres ? Voilà une bonne question à laquelle comme tous les politiciens il se dépêche de ne pas répondre. Car enfin, comment concilier l’inconciliable.

Entre les tenants de la nation qui constatent régulièrement les abandons de souveraineté et les tenants du communautarisme qui souhaitent que la France se repente pour des soi-disant crimes envers leurs ancêtres et ce à partir de 1450 ?

D’ailleurs, il poursuit dans la foulée  Y a-t-il de nouveaux abandons de souveraineté que les états européens (notez qu’il ne dit pas la France) doivent consentir à leur Union afin que celle-ci soit enfin reconnue comme un acteur majeur dans les affaires du monde. Comment peut-il affirmer cette contre vérité. Cette doxa pro-européenne. La France, cette nation comme il dit n’est donc pas un état majeur dans les affaires du monde actuellement. Troisième puissance nucléaire, intervenant sur les théâtres militaires dans le monde, membre de droit permanent à l’ONU, la France est bien plus que l’Europe aujourd’hui. Et si elle devient moins forte c’est par la volonté de politiciens comme Balladur qui la réduisent progressivement à l’état de province. Le général Charles de Gaulle se retourne dans sa tombe devant l’ignominie de ce discours. Mais le général de Gaulle, Balladur s’en moque comme il s’est moqué de la Constitution gaulliste.

 

Mais le bougre poursuit et nous dit enfin à la moitié de l’article qu’il est pour la réforme de l’état providence. C’est une urgente nécessité ! Le poids des transferts sociaux est l’un des plus lourds au monde. Les nouvelles mesures présentées comme une avancée sociale sont financées par les déficits publics. Ce qui n’est pas faux. Mais au-delà, Balladur ne s’interroge pas sur les personnes qui bénéficient de cette manne financière.

Quid du versement diverses d’allocations aussi diverses que variées que nul n’envisage de stopper en cas d’abus.

Quid du Rmiste à qui l’on ne demande rien si ce n’est de rester chez lui. Pas même une journée consacrée à sa collectivité, à son département qui manque de main si ce n’est pour faire du nettoyage en forêt, en montagne, en bord d’eau, sur les abords des lignes de chemin de fer, etc.

Quid des aides aux logements, des allocations familiales perçues par des familles polygames, des recoupements sociaux impossibles à effectuer du fait de la CNIL pour vérifier si des individus ou familles ne posent pas plusieurs dossiers dans des départements différents. Flicage, état policier, fascisme, diront les bonne âmes. Ce sont les réponses qui seront données si un gouvernement français se permettait de vérifier par où passe l’argent des contribuables. C’est plus facile de hurler sur les comptes de l’Elysée. Ces dossiers sont chauds bouillants ! Personne ne souhaite mettre le doigt là dedans. Mais pourtant... C’est minime, c’est pouillème nous disent les bobos de gauche! Qu’en savent-ils ? Lorsque les départements ont récupéré le versement du RMI, ils se sont aperçus de milliers d’abus. Mais il ne faut pas en parler. C’est ce que fait notre Balladur national. Il dénonce mais ne fera rien si ce n’est... supprimer toutes les aides. Comme ça,  il n’y aura plus d’abus.

 

J’en arrive au summum du politicien de haut niveau. Balladur part d’un postulat sur la crise d’identité française  La société Française vit actuellement une crise d’identité. Elle se sent menacée par le déclin économique, le chômage, l’insécurité, l’affaiblissement de l’adhésion à la nation et à ses valeurs de toujours. Bref le franchouillard de base. N’ayez donc pas de honte si vous vous reconnaissez dans cette description.

Il poursuit : du coup, l’immigration excessive est mise en cause, qu’elle provienne de l’Europe ayant adhéré à l’Union lors de l’élargissement hâtif et mal organisé, (sic) qui font bénéficier leurs habitant de la libre circulation.  On notera qu’il ne dit pas un mot des pays auxquels il pense ni même, sa part de responsabilité en tant qu’ancien premier ministre.

Un bon politicien est un homme qui ne regrette rien et surtout ne reconnaît rien. Il poursuit : ou qu’elle provienne de pays africains et musulmans aux mœurs différentes de celles traditionnelles et plus communément pratiquées en France et en Europe.  Quel talent tout de même. Aucune stigmatisation comme on dit aujourd’hui mais la réalité est là.

Notre Balladur sait et connait, comme tous les politiciens de droite comme de gauche, la situation en France et sa problématique. La difficulté qu’il y a à accepter, pour le franchouillard qu’il nous a décrit plus haut, qui me ressemble, vous ressemble sans doute, d’accepter disais-je un mode de vie, des traditions et des us et coutumes étrangères  à ses valeurs de toujours. Ce qui n’a pas empêché entre parenthèse, le Halal d’envahir nos télés et les panneaux publicitaires.

A ce niveau du discours on pourrait s’imaginer que cette prise de conscience balladurienne va déboucher sur des propositions concrètes ! Et bien non. Aucun remède à cette dangereuse situation n’est simple, ni évident, ni unanimement accepté. Il est nécessaire et difficile d’accueillir à la fois un certain niveau d’immigration et de préserver la personnalité traditionnelle de la nation, de conjuguer l’organisation d’une certaine forme de discrimination positive (sic) pour mieux favoriser l’intégration (...) ! Il finit sur ce thème par : le droit et le devoir d’intégration (resic) (...) doit prendre le pas sur l’apologie de la diversité. Comme c’est si joliment dit. Prit là aussi en défaut.

Comment peut-on décrire l’angoisse du français de souche ou non d’ailleurs mais parfaitement intégrés puis, de parler tranquillement qu’il est nécessaire d’accueillir un certain niveau d’immigration surtout venant d’immigrés aux mœurs différentes. Comment un électeur français peut s’y retrouver dans ce discours balladurien ?

Sur ce thème il nous donne une information : les livres d’histoires cessent de mentionner que les français ont longtemps étaient et le sont encore en grande majorité de confession catholique. Voudrait-on alimenter des réactions xénophobes qu’on ne ferait pas mieux. Là aussi il oublie de parler de sa responsabilité politique. Il n’y a rien dans ces discours précédents qui dénoncent cet état de fait d’acculturation historique. Une acculturation passée sous silence par tous et qui est une vraie atteinte à la nation française. Tous les profs connaissent cette boutade entendue dans un collège. Un prof enseigne l’histoire de la victoire de Charles Martel vainqueur des arabes à Poitiers. La réponse des élèves fusent. Nous sommes encore là et on va gagner ! Qu’ils se rassurent ces élèves, bientôt on n’enseignera plus cette victoire discriminante. Ainsi va la France politicienne d’aujourd’hui.

 

Tout le reste est à l’avenant. Un article dosé, soupesé, affiché en demi-teinte. Du grand art. Car à aucun moment dans le texte, il est possible de dire clairement ce que souhaite et veut Edouard Balladur. Ce n’est pas pour rien qu’il avait le surnom de Byzantin.

            Quelle France souhaite-t’il ? Il parle de la nation, mais il est complice de cette future province européenne. A la fois inquiet de l’identité française mais pour une nécessaire immigration. Qui est Edouard Balladur ? Qu’importe, c’est dans tous les cas un as de l’enfumage du peuple.

Gérard Brazon

http://puteaux-libre.over-blog.com

 

Source Le Figaro / Débats et Opinions du vendredi 27 août.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Gérard Brazon 08/09/2010 09:16



Vous avez, cher anonyme, cette manière délicate de prendre les gens pour plus cons qu'ils ne le sont. Qu'importe! Vous ne trouverez pas un mot dans mon phrasé qui ressemble à ce vous décrivez
dans "un sabir des cités". Alors vous pouvez toujours essayez de me le faire en "verlan " ou à l'envers mais cela ne change rien au fond. Une carafe peut-être belle, elle ne sera que belle si
vous n'y mettez pas aussi un peu de bon vin. Hors, qu'avez-vous fait cher anonyme? Rien que vous moquer. Vous pouffer, ricanez deux doigts devant la bouche, relevant la mèche poudrée sur votre
front délicat mais un peu étroit. Cet article vaut ce qu'il vaut mais il a au moins le mérite de signaler que les beaux discours doivent avoir du sens. Le cher Edouard qui s'étonnait en 95
qu'il y avait des enfants dans le métro est décalé. Il aura pour moi la tache indélibile d'avoir compromis la Constitution de la 5 ème République d'une manière définitive avec son "idée" de la
cohabitation. Il n'a pas trahi De Gaulle puisqu'il n'était pas Gaulliste comme d'autres l'on fait croire pendant des années mais il a trahi les français qui ont cru avoir des Gaulliste au
pouvoir. Pour conclure cher anonyme ampoulé, comment peut-on parler de la nation souveraine quand on a fait sa carrière politique en ignorant les dégâts commis par l'europe et  par
l'immigration en insistant sur le plus d'Europe et le plus d'immigration. Car, vous le savez bien,  l'immigration ne pourra jamais être choisi au regard de frontières européennes
inexistantes et des traités qui nous ont liès les mains par rapport à l'immigration. Même les racines chrétienne de l'Europe furent balayées. Alors moquez-vous mon brave anonyme, je m'en
moque bien car si je pourrai changer quelques détails dans l'article, je ne changerai sûrement pas le fond. Pour moi, Balladur, Chirac, Mitterrand et d'autres sous fifres ont été les fossoyeurs
de la France souveraine et de sa culture. D'ailleurs, Balladur lui-même le reconnaît lorsqu'il dit que l'on enseigne même plus que la France est chrétienne. On dit seulement que l'islam est la
deuxième religion.


Mais tout cela vous le savez cher anonyme. Buvez votre thé, mangez votre brioche et pensez-y. Bien à vous.


Gérard Brazon



xavdr 08/09/2010 02:08



Cet article est d'une forme quelque peu grotesque, ce qui pour une personne exerçant le mandat de conseiller national du parti au pouvoir est assez inquiétant, à la fois sur la qualité des
membres élus à cette charge au sein de ce parti, et sur la gestion publique susceptible d'en découler.


 


Sur le fond, j'observe que vous affirmez en titre et en introduction qu'Edouard BALLADUR aurait dit tout et son contraire, et malgré vos rodomontades ne parvenez à relever aucun antinomisme dans
son texte. Tout juste vous exaspérez vous de cette forme trop exquise à vos gouts plus accoutumés à vos manières grossières, ce que je puis comprendre à défaut de vous approuver. 


Je puis essayer toutefois essayer de vous porter assistance en reformulant ses recommandations (du moins celles que vous citez) dans un phrasé plus en phase avec la forme dont vous usez.


1- il faut speeder à donf les réformes parceque le monde n'attend pas et la crise actuelle c'est les boules


2- Sarkozy a encore la gnac et il parie sur ce cheval là


3- Les 3 angoisses les plus hot sont : a- les allocs à crédit, b- le souk du multiculturalisme, le dosage du poids eurofédéral


4- ... a- il veut réduire les allocs


5- ... b- il aimerait voir réduire le volume de l'immigration et veut renforcer la politique d'intégration et notamment restaurer l'histoire de france dans son intégrité dans les programmes
scolaires,  fut elle civilisationnellement conflictuelle, mais en contrepartie il admet d'une dose de discrimination positive


6- ... c- il préférerait temporiser la libre installation des ressortissants des nouveaux membres de l'UE.


 


Voilà. C'est pas compliqué. Après vous aimez ou pas, c'est trop ou pas assez, etc. ça vous regarde, mais au moins soyez assez gentils pour vos lecteurs de ne pas leur raconter n'importe quoi
quand vous dites que le vénérable Edouard eut été lourdement incohérent au sein même de son récent texte.