Politique: Les égarements de l'éducation nationale passés sous silence!

Publié le 25 Novembre 2009

Lundi 2 » Novembre 2009

Cela se passe au lycée technologique parisien Jean-Lurçat (13 è) et cela donne une idée de la perte d'autorité des enseignants confrontés à des élèves sans repères. Le Monde (daté des 22-23 novembre) raconte que, depuis le 19 novembre, les enseignants de cet établissement de plus de 1200 élèves ont débrayé tandis que la proviseur s'est mise en arrêt-maladie, parce qu'ils se savent impuissants à répondre à l'opération "zappe ton prof" lancée par une classe de terminale contre une enseignante. Il lui est reproché de vouloir sévir contre les usages du portable en cours et contre les filles qui s'y maquillent "miroir en main ou s'épilent le sourcil". Quasi-unanimement, la classe a "vivement conseillé" au proviseur  "un changement de prof". Les élèves ont également envoyé une lettre à l'enseignante lui demandant "de procéder à un changement d'attitude et de cesser de faire des remarques à chaque fois que l'on a un téléphone entre les mains (...) Si ce n'est pas le cas et qu'il n'y a aucun effort de changement de votre part, nous n'avons plus que quelques mots à vous dire : allez vous faire enc..". Il serait envisagé de remplacer la professeur, au nom de la continuité du service public. (...)

Il faut surtout se poser urgemment la question de savoir comment l'Ecole a pu en arriver à de telles aberrations, où des imbéciles heureux en sont à corriger des professeurs abandonnés par leur hiérarchie. L'école, qui est l'image de la société, donne là un aperçu effrayant de ce pourrait être la France déculturée de demain si rien n'est fait, très vite, pour redonner toute leur autorité aux enseignants et les sanctions nécessaires aux enfants sauvages. Que pense le prudent Luc Chatel, le nouveau ministre de l'Education, de ce pur scandale, peu médiatisé? 

Yvan Rioufol

 

Lundi 23 Novembre 2009  (Mon commentaire paru sur le blog du Figaro)

Monsieur Rioufol, vous êtes l'espoir que tout n'a pas été dit, que les jeux ne sont peut-être pas faits, que la messe n'est pas terminée.
Cela fait plus de 5 ans que j'écris sur mon blog et que j'essuie régulièrement les mêmes insultes d'islamophobie et autres amabilités débiles. Mais depuis plus d'un an, il semble que quelque chose bouge doucement!
Que des femmes et des hommes commencent à comprendre ce qui ce passe dans notre beau pays. Qu'ils réalisent que les politiques n'ont pas de solutions toutes faîtes! Qu'ils sont trop souvent prisonniers d'accords européens qui les dépassent désormais, qu'ils n'auraient plus de pouvoirs.
Ces élèves, ces profs, cette éducation nationale n'est que le résultat de ce laisser-faire, laisser-à-penser, ce relativisme permanent, ce manque de culture historique, cette méconnaissance de la France et de son identité, de cette lâcheté de citoyen qui n'ose plus dire ce qu'il pense par peur de tout et de rien! Peur d'être mal-jugé ou déjugé.
Alors que faut-il faire au fond?
Réagir! En investissant des partis politiques de droite comme de gauche? La plupart du temps les systèmes sont verrouillés de l'intérieur.
Créer son parti politique? Trop onéreux et trop long!
S'accrocher à une femme, un homme charismatique et suivre son mouvement? Jusqu'où? Pour allez où?
25 ans de syndicalisme, 15 ans de politique m'ont souvent appris la prudence! Nul n'est prophète en son pays. Pour autant, il faudra bien que nous bougions! Nous tous qui avons compris en vous lisant Yvan Rioufol qu'il le fallait sous peine de mourir à petit feu.
Salutation Yvan

Gérard Brazon

 

Conclusion ? Mardi 24 Novembre 2009

Le ministre de l'Education Luc Chatel a annoncé mardi une enquête et des sanctions contres les élèves d'une terminale technologique parisienne qui voulaient changer de professeur d'anglais parce qu'elle leur interdisait l'usage des téléphones portables en classe.

"Les équipes mobiles de sécurité vont se rendre dans l'établissement pour procéder à une enquête et pour faire en sorte que les responsables de cette lettre injurieuse (adressée au professeur, ndlr) soient sanctionnés", a déclaré le ministre sur RTL.

Cette professeure d'anglais de 58 ans, Claudine Lespagnol, souhaitait pouvoir faire ses cours dans de bonnes conditions, et donc adressait des remarques aux lycéens qui utilisaient leurs téléphones et envoyaient des SMS en classe.

Après avoir demandé au proviseur du lycée un changement de professeur, sans succès, des élèves ont écrit à Mme Lespagnol une lettre d'insultes, signée de "la TSTG2" (terminale sciences et technologies de la gestion 2), dans laquelle ils lui demandaient de changer de comportement.

"On ne peut pas imaginer un renversement de situation", a dit le ministre : "ce ne sont pas les élèves qui font la classe".

Jeudi après-midi, en signe de solidarité avec leur collègue, les enseignants du lycée avaient débrayé. Ils avaient alors exprimé le sentiment de ne pas être soutenus, ni par la direction de l'établissement, ni par le rectorat de Paris.

Source AFP

Tout n'est peut-être pas perdu! Le scandale était trop grand, la négation de l'autorité trop forte! Mais qu'en est-il de ces centaines de profs vilipendés, ici ou ailleurs, dans l'indifférence des médias. Je pense à Louis Chagnon qui fût abandonné à son sort après avoir été sanctionné par le rectorat ! Il est désormais réhabilité par le tribunal administratif mais les dégâts ont été énormes!
Gérard Brazon

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Gérard Brazon 26/11/2009 18:36


@ Bilik
Je vous remercie de votre commentaire! Pour ma part cela fait 5 ans que je me bat à visage découvert sur mon blog! Depuis 1990 en tant que Président d'association de Résident afin de "pacifier" ma
résidence! Au prix d'insultes, de boîtes aux lettres cassées, de courriers volés, de menaces, de pneus crevé, etc. Nous n'étions pas nombreux mais nous avons réussi à retourner la peur, puis
établit la confiance et enfin réparer cette résidence qui filait vers un statut de Cité.
J'en ai tiré la conclusion que seul je ne peux rien mais que de se cacher était pire que d'être présent à visage découvert.
Le respect est la clef. Alors oui j'aimerai que nous soyons plus nombreux à réagir! Plus nombreux à écrire, plus nombreux à dire clairement les choses! ce blog est là pour ça! Nous ne sommes que 3
blogs à ne pas censurer nos commentaires! C'est peu, trop peu et ce n'est pas nos bien-pensants qui sont les adeptes de la libre expression! Ils adorent censurer ces messieurs, dames! Au nom de la
liberté bien sûr!
Donc utilisez ce blog, faîtes le connaître autour de vous et si toutefois vous voulez faire un article, dites le moi, c'est ouvert!
Bien à vous.


Gérard Brazon 26/11/2009 18:26


@ Annie
En effet nous manquons d'éléments mais pas de faits réels comme cette lettre envoyé au proviseur demandant le retrait du professeur ainsi que la
lettre envoyée à la prof lui signalant ce qu'elle devrait faire si cela ne lui plaît pas! Deux éléments qui ne font pas de doute mais qui n'éclaire pas le positionnement des autres profs et de
la hiérarchie scolaire! 


bilik 26/11/2009 17:37


> il faudra bien que nous bougions! Nous tous
Pour que TOUS bougent il faut qu'UN montre l'exemple et DEMANDE aux autres de le suivre.
Si UN montre l'exemple puis s'arrête avant la tranchée ennemie en se réfugiant derrière la sempiternelle excuse "Moi, j'en ai fait assez, je m'arrête là, c'est AUX AUTRES de continuer à bouger"
alors personne ne bouge car il n'y a personne à suivre.
Montrer l'exemple c'est, par exemple, écrire des articles dans un blog, comme vous le faites. Ecrire des articles, c'est bien mais pour que TOUS bougent, c'est INSUFFISANT. En plus d'écrire des
articles, il reste encore à demander aux AUTRES, en l'occurrence vos lecteurs, de vous suivre, et ça c'est TRES SIMPLE à mettre en oeuvre, c'est tout bien expliqué ici .
(La page expose la méthode dans le cas de la lutte contre l'islam mais vous pouvez parfaitement utiliser la même méthode pour lutter contre tout ce que vous dénoncez dans vos articles)


Keszey Annie 26/11/2009 10:49


Bonjour Gérard. Après 44 ans dans l'Education Nationale, cette histoire de lettre, adressée à un professeur d'anglais par une classe revendiquant l'usage d'un portable me paraît, en effet,
nécessiter une enquête approfondie, pour décider des mesures pertinentes . Les informations sont à la fois trop incomplètes, trop atypiques et trop graves pour juger
maintenant.
Cette classe avait d'autres professeurs: interdisaient-ils le portable, avec succès, ou l'autorisaient-ils? S'il n'y a pas de cohérence entre les membres d'une équipe  tout devient difficile.
Et les autres professeurs des autres classes? Et les professeurs du Conseil d'Administration? Et le Proviseur? Et l'organisation de la discipline collective du lycée, où en
est-elle? Pourquoi cette histoire arrive- t- elle en novembre, deux mois après la rentrée scolaire? A- t- on toléré ces extravagances pendant si longtemps? La réalité est certainement beaucoup plus
compliquée.Les sanctions collectives n'existent pas mais qu'en est-il d'une somme de sanctions individuelles?
Cordialement. Annie Keszey