Populisme: Nouvel expression tueuse de liberté de penser.

Publié le 11 Novembre 2010

 

              La-bien-pensance.jpgJe me fais le relaie d'un excellent article d'Enquête et Débat sur le populisme et sa définition. Vous n'êtes surement pas sans ignorer que lorsque vous êtes opposé vous êtes "POPULISTE!

 

Nouveau mot remis à la mode après celui de  STIGMATISATION qui lui-même était précédé par ISLAMOPHOBIE, RACISME, etc.

Nous avons des petits génies du dictionnaire politiquement correct qui recherche le bon mot (pas celui pour faire rire) afin de mieux vous captiver (à ne pas confondre avec vous plaire). En effet, plus vous êtes captivé, lire dans le sens culpabilisé, plus vous êtes malléable, perméable, corvéable aux discours victimaires des droits-de-l'hommistes.

           C'est compliqué vous dites-vous? Oui en effet car celui qui gagne la bataille du vocabulaire gagne la bataille contre la liberté d'expression.

Combien de fois ne vous êtes-vous pas étonné de votre audace en glissant dans l'oreille d'un ami, un mot désormais interdit, un propos classé tendancieux. Inutile de vous les formuler, vous savez bien de quel mot, de quel propos il s’agit.

POPULISTE est donc le dernier de ces mots qui est chargé de tuer la bête immonde qui sommeille en vous, de chasser les dernières idées sombres qui cohabitent dans votre esprit.

Outil magique, le mot POPULISTE doit être suffisamment fort pour éteindre en vous tous velléité de révolte citoyenne. Pourquoi ? Comment ?

Vous ne comprenez pas la politique? Vous êtes populiste!

Vous ne comprenez pas les syndicats dans la rue? Vous êtes populiste!

Vous refuser l'AME? Populiste vous dis-je!

La CMU vous semble être un panier percé? Populiste encore!

L'immigration est incontrôlée? populiste toujours!

L'islam vous fait peur? Populiste, populiste, honte à vous!

 

Alors vous finissez dans votre coin devant votre écran de télé à ruminer! En regardant Chazal, la Ferrari ou Pujadas. Mais doucement pour que personne ne puisse vous entendre ! Pas même le chien, ou le chat qui, vous en êtes presque sûr, s'il vous entendait, vous aboierai ou miaulerai sans doute : POPULISTE!

Alors libérez-vous! Pour cela, il n' y a pas besoin de tuer votre animal domestique. Il suffit de le vouloir. De récupérer votre liberté d'expression et de dire...  M... à ceux qui vous traitent de populiste. Essayez, cela fait beaucoup de bien! (sourire)

 

 Gérard Brazon

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  Jonathan G. Frickert

« La démocratie, c’est le gouvernement du peuple exerçant la souveraineté sans entrave » disait Charles de Gaulle. Cette citation, reprise quarante ans après sa mort, prend à nouveau tout son sens en 2010.

Ce samedi encore, Denis Olivennes, dans son débat avec Franz-Olivier Giesbert sur RTL, parlait d’une « corde populiste » chez Nicolas Sarkozy. Il divisera ensuite cette corde en 2 autres : la « corde xénophobe » et la « corde anti-européenne ». Être populiste serait donc être xénophobe et eurosceptique.

                Cette notion de populisme est également très utilisée dans l’affaire Bettencourt, sous son dérivé syndical : « le poujadisme ». Il ne faut pas « sombrer dans le poujadisme » ni « flatter les bas instincts du peuple ». C’est également une critique qui fût faîte à Nicolas Sarkozy lors de son fameux passage , le 26 octobre 2005 à Argenteuil, et son très médiatisé « Vous en avez marre de cette bande de racailles, eh bien on va vous en débarrasser ».

Comme si le peuple n’était qu’un conglomérat de gens égoïstes, uniquement bons à mettre un bulletin dans l’urne pour que l’on réfléchisse à leur place…  D’où vient cette aversion française pour le populisme ?

Le populisme est une notion qui renvoie à la fois à la littérature et à la politique. D’un point de vue strictement littéraire,  il faut se référer au « Manifeste », non pas de Marx, mais de André Thérive, écrit en 1929, et à « Populisme » écrit deux ans plus tard par Léon Lemonnier. On retrouvait ici un intérêt du bourgeois pour le prolétaire, vu comme un sujet d’étude. Ce courant fût, comme on peut s’en douter, très vite déconstruit par les communistes. Quelques dizaines d’années plus tôt, Victor Hugo et Honoré de Balzac étaient des précurseurs, en parlant de la vie des gens au quotidien dans une France qui se libéralise.

Dans un sens plus politique, il s’agit de recourir au peuple dans les décisions de l’État. L’utilisation du référendum en est donc un critère majeur.

Pour d’autres, le populisme consiste à forcer les hommes politiques à tenir leurs promesses. Si celles-ci ne doivent pas être tenues, on peut donc se dire que ces dites promesses ne sont qu’un artefact dans le but de faire ce qu’on pense être bon pour le peuple. Pourquoi ? Parce que celui-ci n’est pas conscient de ce qui est bon pour lui.

Il y a déjà un siècle et demi, le premier mouvement populiste faisait parler de lui aux États-Unis. Il s’agissait d’un mouvement d’agriculteurs et d’ouvriers luttant contre les taux d’intérêts trop élevés.

Dans le même temps naissait en Russie le mouvement « Narodniki » (“gens du peuple” en russe), qui visait à établir un système d’économie socialiste agraire.

Un siècle plus tard, on a commencé à désigner comme « populiste » des mouvements très hétérogènes mais ayant comme point commun la lutte contre les flux migratoires, généralement classés à droite. On considérait ainsi Le Pen, Blocher et Haider comme de farouches populistes.

Le boulangisme, le péronisme, ainsi que le poujadisme ont de cette manière été classés comme des mouvements populistes. C’était généralement des mouvements nationalistes. On a donc ici l’image d’un peuple vu comme chauvin et raciste, du moins dans l’esprit des élites.

Pourtant, au cours de mes cours de droit constitutionnel, on m’a appris que la nation et le peuple étaient antagonistes. Étymologiquement, populisme et nationalisme sont donc des notions très éloignées les unes des autres. Le premier se référait à la démocratie directe, au nom d’un peuple, tandis que l’autre appelait à la démocratie au nom d’une nation toute entière. C’est le système représentatif.

De même qu’on oppose populisme à républicanisme. La droite « populiste » serait l’inverse de la droite « républicaine ». Or, au sens stricte, le premier renvoi au peuple, et le second à la chose publique (la « Res publica »). Le peuple ne serait donc pas concerné par la chose publique. Une nouvelle fois, ici, le peuple est vu comme perverti par ses passions personnelles.

Cette idée est à nuancer par l’article premier de la Déclaration des Droits de l’Homme, qui dispose que « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune ». On voit donc, dans le fondement même de la République telle que nous la connaissons, qu’il existe déjà une distinction, bien que celle-ci soit tout à fait légitime pour le bon fonctionnement de la société.

Le populisme, dans sa branche poujadiste essentiellement, remet en cause les élites, qui trahissent le peuple en le faisant marcher à la carotte. C’est donc plus une peur pour un certain rang social et contre l’égalité des citoyens.

Enfin, on dit également du « populisme » qu’il est anti-politique. Le mot politique renvoyant aux affaires de la « Polis », de la Cité, on peut donc s’interroger sur le bien fondé, comme dans le cas républicain, d’une telle opposition.

Voici donc quelques pistes sur le refoulement du populisme. Celui-ci est généralement vomi, aujourd’hui, par la gauche, pourtant connue dans le champ politique comme prônant la défense du peuple contre les élites, symbolisées quant à elles par la droite. Un manichéisme qui n’est plus d’actualité depuis la Seconde Guerre Mondiale.

Une inversion telle que nous la connaissons aujourd’hui, avec un Parti Socialiste élitiste et qui vise très largement les classes sociales supérieures.

Il ne faut jamais détacher une notion de son contexte ni de son sens premier. Peut-être fais-je du populisme en parlant ainsi du peuple … Peut-être que non…

« La démocratie, c’est le gouvernement du peuple exerçant la souveraineté sans entrave », disait-il. Une citation qui parait bien utopique en ce XXIe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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