Pour ceux que cela intéresse: l’unité de façade affichée par l’UMP.

Publié le 5 Juin 2012

L’offensive de l’ex-premier ministre fait tanguer l’unité affichée de l’UMP, que Jean-François Copé essaie de maintenir à tout prix. Les réactions du secrétaire général.

François Fillon a-t-il eu tort d’ouvrir les hostilités en déclarant qu’il n’y avait plus de leader naturel à la tête de l’UMP ? Nous avons à coeur, avec l’ensemble des députés et des militants, de tourner le plus vite possible cette page afin de revenir à l’esprit d’unité qui nous anime tous dans le cadre de cette campagne législative. Seule la mobilisation pour cette bataille nous engage aujourd’hui.

Et pourtant les uns et les autres ne cessent de commenter cette petite phrase…C’est donc mon rôle d’en appeler à l’apaisement, ce que j’ai fait.

Vous-même, serez-vous candidat à la présidence de l’UMP ? On en reparlera après les élections. Aujourd’hui, seules comptent les législatives. Je fais campagne matin, midi et soir. Il faut empêcher l’irréparable programmé par François Hollande. Je pense au refus de la règle d’or pour les finances publiques, au démantèlement du nucléaire, au droit de vote des étrangers, au matraquage fiscal des classes moyennes, à la boîte de Pandore du retour à la retraite à 60 ans non financé. Tout ce qu’il faut impérativement empêcher pour notre pays.

Une cohabitation est-elle souhaitable et même possible dans la conjoncture actuelle ? Le problème n’est pas institutionnel. Le vrai sujet, c’est l’avenir de notre pays au sein de la tourmente européenne. J’en veux pour preuve le fait que quinze jours seulement après l’installation de ce nouveau pouvoir, les Français ne manifestent pas d’enthousiasme particulier à son égard, quand ils ne font pas preuve de scepticisme.

Preuve supplémentaire que nous devons absolument l’emporter pour mettre en oeuvre les réformes sérieuses qui s’imposent.

Si vous gagniez, quel serait le premier ministre idéal ? Nous verrons. Il faudrait une personnalité choisie par le président de la République comme le veut la Constitution et qui recevrait la confiance des députés UMP et du Nouveau Centre.

Rachida Dati lance une nouvelle offensive, cette fois contre Bernard Debré ; c’est encore un signe de division de la majorité. Jusqu’où la soutiendrez-vous ? J’ai parlé à l’un et à l’autre et les choses sont en voie d’apaisement. Le seul combat qui vaille, c’est celui que nous menons contre les socialistes. François Hollande a une vision dangereuse de la société française. Lorsqu’il préconise l’euthanasie, lorsqu’il dévoile sa vision de la politique familiale, décousue, ambiguë et même un peu artificielle, lorsque sa ministre de la Justice prend des mesures qui envoient un signal de laxisme total face à la délinquance des mineurs récidivistes en supprimant les tribunaux correctionnels qui leur sont dédiés, lorsqu’il lâche l’ensemble de nos alliés pour annoncer le rapatriement d’une partie des troupes basées en Afghanistan, je me demande s’il n’est pas en train de programmer la dégradation de l’image de notre pays aux yeux du monde.

Une majorité de militants UMP se dit favorable à des accords locaux avec le Front national, ce que vous refusez. Ne devriez-vous pas clarifier la situation et expliquer quelles sont ces valeurs qui méritent que le cordon sanitaire soit maintenu entre le FN et l’UMP ?Notre vocation est de nous adresser à tous les Français. Et je dis à ceux qui ont voté pour le Front national qu’en voulant renverser ainsi la table, pour reprendre une formule de Nicolas Sarkozy, elle leur est tombée sur les pieds. Parce que Marine Le Pen, en se prononçant en faveur des bulletins blancs, a ouvertement appelé à voter pour que la gauche soit au pouvoir. Dans ce contexte, je défends l’idée que nous sommes aussi là pour nous adresser aux électeurs du FN, pour leur dire que l’UMP est la seule formation politique qui peut répondre à leur ras-le-bol, à leur exaspération, que le maire de Meaux que je suis comprend bien.

Il n’y a pas d’alliance possible parce que, au-delà des désaccords de fond qui nous séparent, je pense par exemple à la question de l’Europe et à un certain nombre de valeurs, Marine Le Pen travaille à notre perte. À l’image de cette vieille alliance qui existait entre François Mitterrand et Jean-Marie Le Pen. Voter FN aux législatives, c’est donner tous les pouvoirs à la gauche. C’est pourquoi j’appelle solennellement ces électeurs, dont je comprends le message d’exaspération, à voter pour les candidats de l’UMP dès le premier tour.

Martine Aubry a déjà dit que, dans les circonscriptions où le FN risquerait de l’emporter face à un UMP, le PS appellerait à voter UMP. Adopterez-vous la position réciproque ? Nous aborderons cette question au vu des résultats du premier tour. Maintenant, demandons-nous si François Hollande n’est pas rouge de honte quand il se regarde le matin dans la glace, alors qu’il fait – lui sans aucun état d’âme – alliance avec l’extrême gauche. Avec un Mélenchon qui fait l’éloge de Robespierre, explique sans rire que Cuba n’est pas une dictature, invite ouvertement à la violence dans la rue.

Cela ne nous dit pas quelle position l’UMP adoptera… Attendons de voir s’il y a des duels. Dans ce cas de figure, je réunirai un bureau politique extraordinaire au lendemain du premier tour pour prendre collectivement une décision.

C’est justement une question très sensible, risquée, clivante au sein de l’UMP dans les deux composantes qui se dessinent, ceux qui prônent le front républicain et ceux qui préfèrent le “ni-ni”, “ni vote FN, ni vote PS”. C’est vrai.

Est-ce que l’UMP ne risque pas d’éclater à ce moment ? De mon point de vue, beaucoup se régalaient à l’avance de voir l’UMP exploser et il n’en a rien été. L’UMP est plus rassemblée que jamais et c’est grâce à la direction collégiale que j’ai proposée. Il n’y a eu à aucun moment, depuis le lendemain de ce triste résultat de l’élection présidentielle, de couac, de querelle, et nous sommes tous mobilisés pour la campagne des législatives.

Sauf quand François Fillon lâche sa petite phrase, quand Dati s’attaque à Bernard Debré… Cette page-là est maintenant derrière nous. L’essentiel reste la cohésion de l’UMP, et c’est très largement lié à la transformation profonde que j’ai proposée en introduisant des mouvements et le respect des sensibilités.

Certains poids lourds de l’UMP commencent à défendre l’idée de porter Alain Juppé à la présidence de l’UMP, parce qu’il serait un candidat de consensus, sorte de juge de paix qui éviterait la guerre des chefs. Tout le monde sait l’amitié ancienne qui me lie à Alain Juppé. Aujourd’hui, seules comptent les élections législatives. Vous ne m’entendrez pas parler d’autre chose avant le 17 juin. 

Propos recueillis par Josée Pochat

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Mascara83 05/06/2012 14:29


Cela finit par devenir énervant d'entendre tjrs les mêmes propos de l'UMP, .En gros, ils ne veulent pas des millions de Français qui ont voté pour le FN, mais font tjrs appel à leur voix !!! Tous
ces "rigolos, incompétents  ne servant que leurs intérêts perso. et ceux de leur parti, feraient mieux d'aller se cacher ds un trou de souris, au lieu de mettre sur le dos du FN, leurs
échecs, dûs au  rejet d'une grande partie du peuple Français. Ces anciens Ministres ++ en oubliant de ns déclarer, qu'en ne respectant pas leurs promesses lorsqu'ils étaient au gouvernement,
  ils ne sont pas prêts d'y retourner... du fait, qu'ils ont été à l'origine de l'installation des socialo/trotskistes au pouvoir.. .dont, ils ne sont pas prêts de reconquérir ....puisqu'ils
ont tout perdu: Sénat, Présidentielle, + ttes les prochaines élections à venir...En conclusion:  Ils ont fait le lit, et même bordés tous ces gauchos,  ils devraient avoir la dignité de
le reconnaître et quitter la scène politique tout simplement !!!

island girl 05/06/2012 12:58


Lalangue de bois est de rigueur dans ce parti de losers!