Pour les enfants des français de l'étranger, la scolarité sera payante.....

Publié le 18 Juillet 2012

  Mais biensûr, elle est gratuite pour les enfants d'étrangers installés en France...... 

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Le dispositif de prise en charge des frais de scolarité sans conditions de ressources pour les lycéens français scolarisés à l'étranger s'apprête à disparaître. L'attribution de bourses sur critères sociaux est, elle, maintenue.

La fin annoncée de la prise en charge des frais de scolarité des lycéens français à l'étranger pour la rentrée laisse certains parents dans l'incertitude.

Cette mesure, voulue et mise progressivement en place par Nicolas Sarkozy depuis 2007, a été critiquée à plusieurs reprises depuis cinq ans par la gauche et par une partie de la droite pour son coût trop élevé.

Les montants de cette prise en charge pour les lycéens s'élèveraient à 47,4 millions d'euros en 2011, 55,8 millions d'euros en 2012 et 65,6 millions d'euros en 2013, selon une estimation effectuée dans un rapport parlementaire de juin 2010.

Avant l'élection présidentielle, François Hollande s'était engagé à mettre à terme à ce système. «La prétendue gratuité pour les lycéens ne profite qu'à 2% des enfants français à l'étranger, sans considération du revenu des familles», avait-il dénoncé en mars.

La décision de son arrêt a été annoncée mercredi en Conseil des ministres.

Si les Français de l'étranger sont loin d'être tous opposés à la suppression du dispositif, certains redoutent cependant la facture. Stéphanie, qui en a bénéficié l'année dernière pour sa fille inscrite en seconde au lycée français de New York, s'inquiète de devoir régler dès la rentrée prochaine une facture de 23.000 dollars. «C'est une mesure qui nous prend de court. Pour ceux dont les frais sont pris en charge par leur entreprise, c'est indolore mais pas pour nous. D'autant plus que n'avons pas eu le temps de provisionner cette dépense», explique cette quadragénaire qui travaille en free-lance et dont le mari est entrepreneur.

En Chine, 16.000 euros par an

«Nous ne pouvons pas changer notre fille d'établissement d'un claquement de doigts et nous ne voulons d'ailleurs pas la sortir du système éducatif français, poursuit Stéphanie. Pour nous, l'éducation à la française est un droit.» «Les Français de l'étranger ne sont pas tous gâtés. Sur environ 16.000 Français résidant à Shanghaï, au moins la moitié - salariés locaux, entrepreneurs - ne sont pas des expatriés», souligne Bertile, installée dans la mégalopole chinoise depuis trois ans.

«Ici, le lycée français est moins cher que les établissements anglophones et il coûte déjà environ 16.000 euros par an, en cursus classique et sans compter les dépenses de transport, poursuit cette mère de famille. L'arrêt de cette prise en charge survient dans un contexte économique tendu. Le pouvoir d'achat des Français à Shanghaï a baissé d'environ 30 % en trois ans. De quoi pousser les entrepreneurs à rentrer en France ou à scolariser leurs enfants à la maison, ce qui est loin d'être évident quand les deux parents travaillent!»

La suppression du dispositif de prise en charge «n'aura pas d'impact anti-redistributif puisque les familles éligibles continueront de bénéficier du système de bourse», a-t-il cependant été indiqué mercredi.

Le collectif budgétaire relève qu'il a conduit «certaines entreprises à baisser, voire à supprimer la prise en charge des frais de scolarité des enfants de leurs salariés».

L'attribution de bourses sur critères sociaux est «maintenue» et «reste appliquée sur des critères tenant compte du revenu ainsi que des charges assumées par les familles (impôts, loyers, cotisations, garde d'enfant…)», selon le collectif budgétaire.

Et pour adoucir cette annonce, il est précisé qu'«une partie de l'économie engendrée sera utilisée pour des mesures d'accompagnement exceptionnelles des élèves scolarisés à l'étranger» pour l'année 2012.

 

Agnès Leclair (Figaro)

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Economie-Finance-Industrie

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