Pourquoi 2012-2017 n’est pas 1939-45, pourquoi Hollande n’est pas Pétain. Par Jacques Philarcheïn

Publié le 28 Septembre 2013

Cet article, inspiré de deux ouvrages de Dominique Venner, est destiné à nous préserver de certains rapprochements faciles. Ces deux livres sont : Histoire critique de la résistance et De Gaulle, La grandeur et le néant. Nous aimerions ici en tirer quelques conclusions. Sur de nombreux points, tout oppose l’époque actuelle et celle de la Seconde Guerre Mondiale ; quant aux personnalités de Hollande et de Pétain, elles n’ont, soyons francs, strictement rien à voir. Notre époque est en tout cas bien plus difficile, en un certain sens, pour la dissidence intellectuelle.

par Jacques Philarcheïn

Différence I : 1940-44 fut encore une époque « romantique », notre époque est « technoscientifique »

L’un des termes qui revient souvent sous la plume de Dominique Venner est « évasion ». 1940-44 fut une période où l’on s’évada beaucoup, soit des geôles, soit des camps. On échappe à la police française, à la justice, à ses voisins, à la Milice, à la Gespato ou encore à la Kommandantur. C’est encore une époque d’aventures. L’électronique est inconnue ; il n’existe ni vidéosurveillance, ni technologie sophistiquée. On s’évade, on se planque à la campagne, on se déguise, on met des postiches, on fabrique des faux-papiers dans des caves, bref : une véritable pièce de théâtre. Aujourd’hui, tout le monde est traçable. Bientôt nous serons pucés comme nos chiens et nos chats. L’oligarchie mondialiste contrôle toutes nos communications, tous nos déplacements. Les micros dans les pots de fleurs soviétiques à côté, c’est de la gnognotte. Même les criminels sont traçables. Si on ne les arrête point, ce n’est pas qu’ils se soient volatilisés dans la nature, c’est simplement qu’ils sont protégés par un Système qui refuse des les arrêter pour mieux les jeter, comme des bêtes féroces, contre la population.

Différence II : Pétain jouait un rôle ambigu face aux Allemands, Hollande n’est pas du tout ambigu dans ses rapports avec le mondialisme

Selon Dominique Venner, Pétain, jouant en quelque sorte un double rôle, aurait protégé certains Résistants de la zone libre, la seule où il avait à peu près autorité. Il est même probable qu’il ait financé certains groupes. Les liens entre Pétain et la résistance de droite (ou d’extrême-droite) étaient extrêmement forts. Plus tard, les communistes passeront à l’action terroriste, en jouant fréquemment la surenchère avec l’ennemi, suite à la rupture du pacte germano-soviétique en 1941 ; ce sont les communistes, avec la complicité de De Gaulle, qui ont coloré la Résistance en rouge, elle était plutôt bleue au départ. Et à partir de 1942, l’État Français ne contrôle en réalité plus grand-chose.

Aujourd’hui les résistants au Nouvel Ordre Mondial ne sont protégés par personne, et surtout pas par les hommes d’État fantoches de l’Union Européenne (et surtout pas, en France, par la clique mondialiste Hollande-Valls-Taubira). Nous sommes occupés par le totalitarisme diffus du mondialisme, avec des « décideurs » qui sont les pures courroies de transmission de ce Système. Pétain, comme les vichysto-résistants, étaient viscéralement hostiles au nazisme, et à l’expansionnisme allemand en général. Bref : jamais un occupant n’a été aussi bien traité qu’aujourd’hui. Il faut dire que le mondialisme procède avec des moyens bien plus insidieux que le nazisme.

Différence III : le soutien des États étrangers

Quoiqu’on puisse penser du rôle lui même équivoque, et parfois terrible, de l’Angleterre de Churchill (coulage injustifié de la flotte française à Mers-el-Kebir en 1940, bombardements inutiles et atroces comme celui de Royan en avril 1945), cette puissance avait accueilli et logé De Gaulle, le chef nominal de la « résistance de bureau », et elle arrosait assez fréquemment les résistants de terrain français. Dominique Venner fait remarquer qu’à la même époque, la résistance polonaise, qui n’était soutenue par rien ni personne, coincée entre le front nazi et le front des « libérateurs » soviétiques, finit écrasée dans le sang, malgré des actes de bravoure patriotique inouïs.

La dissidence intellectuelle européenne à notre époque fait plus penser, toute proportions gardées, à la résistance polonaise qu’à la résistance française. Face au Nouvel Ordre Mondial, nous sommes tous devenus des Polonais. Nous ne sommes plus coincés entre Hitler et Staline, mais entre un impérial-capitalisme atlantiste (qui met la Syrie à feu et à sang aujourd’hui) et un gaucho-mondialisme destiné à castrer les peuples (l’anarcho-tyrannie des chefs-bisounours Hollande-Valls-Taubira en est une des plus pitoyables illustrations). A la limite, la Russie de Poutine pourrait peut-être jouer le rôle de l’État étranger qui soutient la France, un peu comme si Londres s’était déplacée à Moscou. Mais ce n’est pour l’instant qu’une perspective géostratégique, ce n’est pas un fait.

Différence IV : le totalitarisme victimaire comme instrument d’émasculation des peuples

Il est de bon ton de faire un rapprochement entre l’occupation nazie et l’occupation par un islam de plus en plus revendicatif et agressif. On parle d’ailleurs d’islamo-collabos pour qualifier la clique politicarde qui passe son temps à lécher des babouches. Il m’arrive parfois moi-même d’user de ces concepts. Mais c’est une simplification. En réalité, nous sommes moins occupés par des islamistes que par des néo-barbares qui peuvent être des islamistes, des antifas, des racailles, des bandes de barbares exotiques ou pas, des Femen, des nervis du Front de Gauche, des militants gays extrémistes, des artistes et théâtreux abjects, etc., bref : des hommes-masse décérébrés, plus ou moins violents (les survivalistes diraient : des « zombies »).

Et ces néo-barbares, de souche ou d’importation, ne sont eux-mêmes que les pantins du mondialisme. Des sortes de pitbulls protégés par les institutions étatiques, lâchés par la clique mondialiste sur des peuples sidérés, et du reste souvent consentants. Bref : ce n’est pas l’islam qui nous occupe, mais un tout autre système, le mondialisme, qui utilise, entre autres choses, l’islam. Inutile de rappeler que le Collectif Contre l’Islamophobie en France est en partie financé, comme les Femen ou certains antifas, par le milliardaire gaucho-mondialiste George Soros… qui n’est pas du tout musulman !

Et l’affaire ne s’arrête pas ici. Il y a quelque chose de totalement nouveau par rapport à 1940-44. Autrefois, les gros-bras allemands étaient clairement identifiés comme des occupants et comme desvainqueurs, qu’on fût fasciné par eux jusqu’à les aimer ou qu’on les détestât jusqu’à la mort. Aujourd’hui, par un jeu d’inversion des valeurs totalement inédit et extraordinaire, les gros-bras sont toujours, systématiquement… assimilés à des victimes. Combien de fois la gôche a comparé les « jeunes » de banlieue à des « occupés », à des « victimes » de l’oppression. Et ce sont les vraies victimes, ou la police, qui sont considérées comme nazies. Ce cas est inédit dans l’Histoire. Souvent les peuples vaincus furent fascinés par les vainqueurs. Mais on n’avait encore jamais vu de vaincus considérer le vainqueur, ou son instrument, comme une victime… Le vainqueur est à la fois magnifié par la collaboration et rabaissé par le misérabilisme.

Ma conclusion sera simple : il n’y a aucune ressemblance entre notre époque et celle de la Deuxième Guerre Mondiale. Il existe, certes, une dissidence intellectuelle militante. A la limite, si on veut trouver un levier de comparaison, on pourrait creuser le rapprochement avec les dissidents de l’ancien système communiste. La France de Hollande ressemble peut-être un peu à la RDA juste avant que ne tombe le mur de Berlin. Je n’ai pas les compétences nécessaires pour approfondir ce point. Mais une chose est sûre : la France d’aujourd’hui n’a strictement rien à voir avec celle des années 1940.

Jacques Philarcheïn

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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