Pourquoi attendre avant de se fâcher avec le nouveau pouvoir ?

Publié le 25 Mai 2012

Patrick Besson

Soudain, une lourdeur. Quelque chose d'un peu gris. Un vide. En natation, on dirait : un plat. La colère est tombée, l'excitation aussi. A force d'avoir crié sur Nicolas Sarkozy, les Français n'ont plus de voix. D'où le silence opaque, fatigué, dans lequel débute le quinquennat de François Hollande. Même le rassemblement de la Bastille, dans la nuit du 6 au 7 mai, n'avait pas l'air vrai. Mauvaise copie de 81. Le président lui-même ne semble pas croire qu'il existe. Il regarde sans cesse autour de lui avec un petit sourire triste, égaré, penaud, enfantin. Avant chaque rendez-vous politique, il s'accroche aux mains des passants qui se tendent vers lui comme si elles étaient le bastingage du "Titanic". Il fait tout pour retarder le moment de s'asseoir, d'ouvrir un dossier, de commencer une discussion. Il donne l'impression, en s'attardant auprès de la foule, de vouloir retrouver les charmes simples de sa campagne victorieuse. Il a commencé, le jour de l'investiture, par sortir sans parapluie alors que la météo avait annoncé un orage. Résultat : il a niqué son beau costard à plusieurs milliers d'euros. Avec un salaire diminué de 30 %, ce n'est pas une bonne nouvelle. La parité, ça fait un peu partouze straight. Dix-sept femmes pour dix-sept hommes. Un homme par femme. Et donc une femme par homme. Du coup, personne ne se retrouve sans personne. Il était déjà comme ça à l'Ena, François Hollande : bon camarade. Avant, les épouses de ministres étaient tranquilles : il n'y avait presque que des hommes dans le gouvernement. Maintenant, elles ont du souci à se faire, surtout avec les canons dont s'est entouré Jean-Marc Ayrault : l'ingénue libertaire Najat Vallaud-Belkacem, la séductrice culturelleAurélie Filippetti, l'associative hitchkcockienne Delphine Batho, la radicale chic Sylvia Pinel, le tanagra guyanais Christiane Taubira, la geisha intellectuelle Fleur Pellerin, la shéhérazade cinématographique Yamina Benguigi. Il ne manquerait pas grand-chose à Cécile Duflot pour être au niveau de ses consoeurs du gouvernement. Un nouveau couturier ? Ce n'est pas le tout de trier les ordures, il faut faire pareil avec les vêtements. Marisol Touraine préparera le retour de la retraite à 60 ans. Pas la retraite amoureuse, en tout cas.

Les ministres importants, ce sont ceux qui ont leur photo en grand dans les journaux. Cinq hommes : Ayrault, Fabius, Valls, Sapin, Moscovici. Hollande d'accord pour faire la parité, mais pas trop près de son bureau.

Click here to find out more!La Billet de Patrick Besson. Le Point

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Islamisation française

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axel 25/05/2012 23:46


Bonjour Monsieur Brazon,


Je suis très surpris de vous voir candidat aux élections législatives sous l'étiquette du Parti des Libertés (un parti que je ne connaissais pas jusqu'à présent). Je pensais que vous faisiez
plutôt partie du courant bonapartiste, à droite, qui était hostile au libéralisme d'importation anglo-saxonne et que vous étiez plutôt partisan de l'économie mixte, historiquement de tradition
française, trouvant sa source dans le colbertisme, qui a perduré jusqu'à De Gaulle inclus et qui a fait de notre pays un des pays les plus développés du monde. Je pensais donc que vous étiez
sur la même ligne que Zemmour et votre affiliation à Riposte Laïque et Résistance Républicaine, jacobins, défenseurs des acquis et des orientations du Conseil National de la Résistance, partisans
d'une intervention de l'Etat en matière économique et d'une certaine dose de planification, menée bien évidemment avec mesure et discernement (sur le modèle du Commissariat Général au
Plan créé par de Gaulle) m'avait renforcé dans cette idée. Je trouve dommage également que vous n'ayez pas plutôt rejoint le Rassemblement Bleu Marine (RBM) dans une optique de
rassemblement des patriotes, il me semble que les patriotes doivent éviter de se diviser en différentes chapelles, pour ne pas disperser les voix et ne pas faire le jeu de nos adversaires. Vos
articles favorables au Front National de Marine Le Pen, et que j'avais trouvés à ce titre fort courageux, m'avaient laissé penser qu'il n'était pas inenvisageable que vous vous alliez à MLP
pour ces législatives en rejoignant le RBM, sans forcément pour autant adhérer au FN. Malgré ces petites déceptions, je continuerai avec grand plaisir à vous lire et je tiens à vous faire part de
mon estime quant à votre liberté d'esprit et votre honnêteté intellectuelle, deux qualités bien rares à notre époque, qui vous ont fait prendre le risque de prendre des positions publiques très
courageuses et relativement dissonantes avec votre parti d'alors, l'UMP, et de dire que vous partagiez beaucoup des positions et préoccupations du FN, au risque que des camarades de militantisme
au sein de l'UMP, et plus largement des amis, des collègues de travail, vous tournent le dos. Rares sont ceux en effet qui préfèrent renoncer à leur confort plutôt que de devoir se résigner
à avaler des couleuvres et à défendre des positions heurtant leurs convictions intimes, et rares aussi sont ceux qui ont à coeur de se faire par eux-mêmes leurs propres opinions, plutôt
que d'adhérer sans questionnement à quelque prêt-à-penser que ce soit.