Preuve de la manipulation journalistique sur un fait divers par Pierre Falconetti.

Publié le 12 Juillet 2012

Mieux que la propagande des pires pays totalitaires: la transformation homéopathique de la pensée par les mots (ou le mécanisme de la désinformation).
Prenons connaissance de cet article de l’Union.

 

« Il tire à l’arme de guerre sur un intrus »

CHARLEVILLE-MEZIERES (Ardennes). Vendredi soir, un habitant du quartier de Manchester a ouvert le feu sur trois personnes qui s’étaient aventurées en pleine nuit dans sa cour. L’un des intrus a été grièvement blessé à la cuisse.

Vendredi soir, un homme d’une quarantaine d’années – domicilié quartier Manchester – a ouvert le feu à l’arme de guerre sur trois individus qui s’étaient introduits dans la cour de sa maison. Il aurait tiré à trois reprises avec un revolver allemand de type Mauser de la seconde Guerre Mondiale, blessant grièvement à la cuisse un des intrus. Cloué au sol par le projectile, la victime – âgée de 18 ans – a été conduite au centre hospitalier par les secours.

Les deux autres intrus – mineurs – ont été interpellés. Le tireur présumé a lui aussi été placé en garde à vue.

Analyse:
Le titre: « Il tire à l’arme de guerre sur un intrus »
Certes il y a le substantif « intrus » (« …qui s’introduit quelque part sans avoir la qualité pour y être admis » écrit une édition du Petit Larousse), mais le titre est tout de même porteur d’une disproportion entre « arme de guerre » (non ce n’est pas la Kalashnikov répandue dans les quartiers aux mains de « chances pour la France »), mais un pistolet tirant du 9mm, soit une arme classée en première catégorie.

Le corps du texte est dans le même registre : 
« Il aurait tiré à trois reprises avec un revolver allemand de type Mauser de la seconde Guerre Mondiale, blessant grièvement à la cuisse un des intrus » : oui, si on tire avec une arme, quelle qu’elle soit et a fortiori avec un gros calibre, on peut blesser grièvement, mais le problème est-il là, ou dans le fait que trois individus (dont on aimerait connaître les noms ou au moins les prénoms) se sont introduits chez un citoyen, de nuit et que celui-ci a fait usage d’une arme au regard de ce que l’on risque lorsque des malfrats s’introduisent chez vous, par ailleurs nuitamment, aujourd’hui où on tue dans la rue pour une cigarette non donnée ?
Il aurait probablement dû s’adresser à eux en leur disant « Messieurs » (car on ne tutoie plus les truands de par les nouvelles consignes de l’actuel gouvernement) « je vous serais obligé de sortir de chez moi et j’appelle votre attention sur le fait qu’au cas où vous ne le feriez pas je téléphonerai à la police pour vous inviter à sortir » .
« Cloué au sol par le projectile, la victime – âgée de 18 ans – a été conduite au centre hospitalier par les secours ». L’expression « cloué au sol » est ici volontairement employée. Son sens figuré est évidemment puissant et sert à émouvoir les âmes sensibles. Notons d’ailleurs que ce n’est plus un des malfrats qui est « cloué au sol », mais « une victime », et par ailleurs « de 18 ans » ( pauvre garçon !). Que les âmes sensibles se rassurent : elle a été conduite au centre hospitalier de secours (ses jours ne sont donc pas en danger).
[NDLR : "trois personnes qui s’étaient aventurées" n'est pas mal non plus, elles voulaient sans doute simplement vivre des aventures nocturnes]
[...]

Il faut dénoncer ces mots qui travestissent en permanence la réalité modifient notre pensée de façon homéopathique à travers la presse aux ordres et la télévision, donc sans qu’on s’en rende compte. Il convient de leur dire qu’ils commencent à nous casser les pieds tous ces manipulateurs (seul un électrochoc par les mots nous permettra de sortir de notre torpeur mortifère, de notre sida mental).
[…].
Pierre Falconetti.
Association Marnaise Christianisme et Société 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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Polux 23/08/2012 22:36


Très bonne analyse du texte !


Moi aussi je m'amuse parfois à décrypter certains articles et commentaires de la presse écrite ou parlée.


Quand je dis que je m'amuse c'est une façon de parler, car souvent celà me met en rage de découvrir l'hypocrisie des journaleux !!!

philiberte 13/07/2012 08:15


une preuve parmi d'autres, à transmettre sans modération!

island girl 13/07/2012 00:59


Ces journalopes vont bientot pointer au chomage ,je me demande qui achète encore ce genre de journaux !