Proces d'Eric zemmour- Soutien de Xavier Lemoine par Enquêtes et Débat.

Publié le 18 Janvier 2011

Jean Robin - d'Enquêtes et Débats

Dernier jour du procès en sorcellerie d’Eric Zemmour, jour des plaidoiries, où chacun des présents à ce procès prend conscience qu’il s’agit autant du procès de l’antiracisme que de celui d’Eric Zemmour, ce que la plaidoirie de Me Pardo, avocat de Zemmour, ne manquera pas d’établir clairement et que nous verrons dans une deuxième partie publiée ce week-end. Pour cette première partie, place aux arguments de l’accusation.

Pour ce troisième jour de procès, les médias sont à nouveau présents, comme pour le premier jour, alors qu’ils avaient snobé le Palais de justice pour le deuxième jour, qui avait pourtant vu les témoins les plus médiatiques appelés à la barre. En tout cas pour ce troisième jour quelques personnalités ont fait le déplacement, on voit notamment Jean Raspail, le fameux écrivain royaliste, auteur du best-seller le Camp des saints, dont une réédition sera publiée dans les jours qui viennent comme nous l’annoncions en avant-première. Il ne restera qu’une petite heure, et discutera notamment avant le début des plaidoiries avec Xavier Lemoine, maire de Montfermeil, interviewé rapidement (pris avec l’Iphone, les caméras étant interdites dans la salle) :

Il était déjà venu écouter Eric Zemmour, ainsi que les participants aux États Généraux de l’Indépendance, le 6 janvier dernier à l’Assemblée Nationale. Bref, c’est un soutien sans faille du chroniqueur par le maire, lui qui déclare souvent que les propos qu’il tient actuellement lui auraient valu de passer devant la 17ème chambre il y a encore quelques années…

La salle est pleine à craquer, comme les deux autres jours de procès, et l’impression qu’une majorité de pro-Zemmour constitue cette foule sera confirmée quelques heures plus tard, avec de vibrants applaudissements aux bons mots de Me Pardo, sévèrement réprimés par Mme le juge. Mais n’allons pas trop vite en besogne, c’est au tour des 5 avocats de l’accusation de plaider, à la suite, en prenant chacun 20 à 30 minutes. Heureusement, pour éviter les redites ils se sont répartis les sujets, mais comme l’avoue Mme la procureure générale, il y aura tout de même beaucoup de « rabâchage », et c’est bien normal. Deux interruptions de séance seront toutefois nécessaires car après les 5 avocats de l’accusation, c’est le bâtonnier (à charge également) et la procureure de la République (largement à charge aussi) qui prendront la parole à la suite, ne laissant les deux avocats de la défense s’exprimer qu’au bout de 4h de plaidoiries.

Tentons de résumer ces 4h, qui furent d’autant plus longues que les avocats avaient parfois la voix qui porte peu mais ne prenaient pas la peine de parler dans le micro. Tous les avocats de l’accusation furent d’accord pour ne pas « diaboliser Eric Zemmour », pour ne pas le comparer avec Jean-Marie Le Pen, pour ne pas voir en lui un « néo-nazi » ou un « fasciste ». Dixit Patrick Klugman, un des deux avocats de SOS Racisme : « est-ce qu’on a le droit de réprimer le racisme quand il n’est pas tenu par un affreux néo-nazi ? »

Toutefois le bâtonnier comparera allègrement les déclarations de Zemmour avec « celles d’un Gobineau, d’un Drumont ou d’un Maurras », ce qui est bien moins flatteur que d’être comparé avec Le Pen… Même la procureure demandera dans sa plaidoirie aux avocats de l’accusation « d’être plus sérieux » en arrêtant d’invoquer des comparaisons pareilles, « et pourquoi pas Julius Evola » ajoutera-t-elle. Elle réagissait également aux paroles blessantes du bâtonnier déclarant tout de go : « Ces 4 mots [« ils ont le droit »] sont aussi terribles que 4 balles qu’on tirerait en rafale. Les mots sont constitutifs de délit, les mots ne sont pas sacrés. »

Le point Godwin sera atteint à de nombreuses reprises, principalement par l’avocat du MRAP, je cite : « La défense dit que nous n’avons pas fait condamner d’autres qui auraient dit la même chose avant, ça me fait penser aux négationnistes qui nous reprochent de ne pas poursuivre les historiens qui prétendent qu’il n’y a que 5,2 millions de juifs exterminés pendant la Shoah, et pas 6 millions. »

L’avocat de la LICRA ne sera pas en reste : « Oui nous ne tolérons plus la même liberté d’expression qu’avant car la société a changé ». Et pour motiver cette affirmation, de rappeler qu’en 1952 la cour d’appel n’avait pas condamné un texte antisémite d’une virulence extrême, en le qualifiant d’antisémitisme ordinaire propre à la société française. Eric Zemmour est donc renvoyé une fois de plus et de façon insidieuse aux pires antisémites

Tous les représentants de l’accusation seront également d’accord sur le fait que les déclarations d’Eric Zemmour sont racistes parce qu’incomplètes. M. le bâtonnier dit qu’il « aurait dû rajouter je le regrette pour les 95% qui ne sont pas trafiquants ». L’avocat de la LICRA aurait aimé qu’Eric Zemmour disent que les policiers ne sont pas racistes, au lieu de justifier les contrôles au faciès. L’avocat de l’UEJF déclare « Eric Zemmour n’a pas fait référence à la nationalité mais à l’origine ethnique desdits trafiquants ». Aurait-il donc dû dire : « La plupart des trafiquants sont Français » ? On a du mal à le croire… Enfin, la palme de ce qu’aurait dû dire Zemmour revient au deuxième avocat de SOS-Racisme, qui reproche à Zemmour pas seulement ce qu’il a dit, pas seulement ce qu’il n’a pas dit, mais d’avoir gardé le silence : « Il n’a pas repris la parole, il s’est tu ». Il souhaite donc que Zemmour soit condamné pour ne pas avoir assez parlé…

Autre point commun de l’accusation : la volonté de ne pas se laisser enfermer dans le camp des ennemis de la liberté d’expression, ou des méchants. « Ici ce serait l’inquisition, et la civilisation serait à la télévision ? Non » dit Patrick Klugman, avocat de SOS Racisme. Pour l’avocat de la LICRA, cette association « est pour la liberté d’expression, et c’est pour cela que nous demandons au tribunal d’en rappeler les limites, celles posées par la loi. » Et d’ajouter que le politiquement correct est un terme creux, au point que « l’avancée du politiquement incorrect devient aujourd’hui la bonne pensée », sous-entendu le camp du Bien dont ces associations avaient jusqu’à présent le monopole. Intéressant renversement de tendance en effet, que ce procès a plutôt tendance à confirmer, peut-être en est-il même le point de basculement.

Enfin, le bâtonnier affirmait que « des expressions très communes comme le politiquement correct ou la pensée unique ne sont que des sophismes », et pour notre part nous sommes d’accord avec lui sur ce point. En effet, pour ne prendre qu’un seul exemple, Eric Zemmour est plutôt anti-capitaliste, or pour les libéraux les médias en général sont anti-capitalistes, invitant à longueur de temps des gauchistes et des étatistes de tous bords, mais quasiment jamais les libéraux (Pascal Salin, Florin Aftalion, Alain Laurent, Jacques Garello etc.), donc Eric Zemmour serait selon eux dans le politiquement correct… Mais le bâtonnier ajoute qu’il ne s’agit pas du procès de la liberté d’expression, « quand un journaliste est condamné il n’y a pas d’atteinte à la liberté d’expression ».

Une fois de plus, tous les membres de l’accusation seront d’accord pour accuser Eric Zemmour d’avoir voulu dire autre chose que ce qu’il disait. Ainsi le bâtonnier déclarait : « Une oreille peu attentive aura pu inverser et croire entendre « la plupart des noirs et des arabes sont des trafiquants »”. Pour l’avocat de l’UEJF, « Eric Zemmour généralise à toute la société française des réalités limitées aux quartiers sensibles » et il a parlé de « la plupart des noirs et des arabes ».

Idem pour l’avocat de la LICRA : « Sa phrase veut bien dire que les noirs et les arabes sont majoritaires parmi les trafiquants. » Pour Patrick Klugman, avocat de SOS-Racisme, Zemmour a voulu dire qu’« il y a tellement de trafiquants noirs et arabes qu’il faut suspecter tout noir et tout arabe comme trafiquant ». Il ajoute qu’ « il a défini une population criminogène à partir de leur appartenance raciale ». La Procureure affirme « qu’on trouve le mot trafic dans le code pénal, et qu’Eric Zemmour assimile la délinquance à l’immigration ».

Mais le pompon dans le domaine revient indéniablement à l’avocat du MRAP, qui se mettra littéralement à hurler, tout en voulant dénoncer « la haine d’Eric Zemmour ». Effet comique garanti, comme lorsque Dieudonné fait dire à un de ses personnages en hurlant « Dieudonné suinte la haine, il suinte la haine !!!! ». L’avocat du MRAP hurlera quant à lui : « La plupart des noirs et des arabes sont des trafiquants, Eric Zemmour ? » Mais loin de s’arrêter à cette contre-vérité évidente, il enchaîne sur le même ton : « Qu’est-ce que vous relâchez comme pulsions négatives ! » (la salle tente d’étouffer des rires) Puis il assène le coup de grâce, emporté par sa colère : « On sait qu’il y a une sur-représentation de l’immigration dans la délinquance ! »

De tels lapsus, il y en aura d’autres, notamment celui de l’avocat de la LICRA, je cite : « C’est le défaut d’intégration qui crée la discrimination… euh pardon c’est la discrimination qui crée le défaut d’intégration, et pas l’inverse. » Énorme !

Toute une partie des débats de ce procès ont tourné autour d’une phrase de 4 mots prononcée par Zemmour, les fameux 4 mots qui sifflent comme des balles tirées à bout portant, je cite : « Ils ont le droit ». Zemmour affirmait ainsi que les patrons ont la possibilité de discriminer des noirs et des arabes, c’est-à-dire de choisir de ne pas en embaucher.

Or la défense, Eric Zemmour lui-même et son avocat, se sont évertués tout au long du procès à dire qu’ils ne justifiaient pas la discrimination des noirs et des arabes. Pourtant, il paraît évident que des patrons peuvent tout à fait discriminer des noirs et des arabes ! Ce qu’ils n’ont pas le droit de faire, c’est de discriminer des noirs et des arabes parce qu’ils sont noirs et arabes. L’accusation voudrait qu’il soit interdit de ne pas embaucher des noirs et des arabes, ni de les virer une fois embauchés, et c’est cela le scandale, mais personne n’a soulevé ce point. Car telle est la dérive vers laquelle poussent toutes ces associations, rendre littéralement invivables les relations en entreprise, avec cette épée de Damoclès en permanence au-dessus de la tête des employeurs, qui se voient reprocher le fait de ne pas avoir embauché de noirs et d’arabes s’ils n’en embauchent pas, ou d’en avoir embauché s’ils en virent… Cela s’appelle une double injonction contradictoire, en psychologie sociale, et cela rend fou ceux qui en sont victimes. Sans parler du chantage racial, de celui qui est viré pour faute ou absence de compétence par exemple, mais qui va poursuivre aux prud’hommes son ex-employeur pour « racisme »… Ou comment racialiser toutes les relations en entreprise au nom de la lutte contre le racisme, la boucle est bouclée, mais cet angle mort de l’antiracisme ne sera pas abordé par la défense, bref.

Toujours est-il que l’accusation reprochera à Zemmour, avec cette phrase de 4 mots, « l’effet dévastateur de ses propos » (pour l’avocat de la LICRA), « l’expression profondément raciste « ils ont le droit », qui cherche à valider la discrimination » (avocat du MRAP), et enfin « chez Eric Zemmour les monstruosités sont toujours des évidences » (Patrick Klugman, avocat de SOS Racisme). Le deuxième avocat de SOS Racisme fera pour clore ce spectacle un amalgame incompréhensible entre les 4 mots de Zemmour et le boycott des produits israéliens, boycott condamné par la justice mais dont on a du mal à voir le rapport avec les faits imputés au journaliste.

La procureure ajoutera à tout cela que « la discrimination n’est pas un droit mais un délit », et qu’ « Eric Zemmour invite et incite à ne pas embaucher des arabes ou des noirs ». A ceux qui prétendraient que France Ô a une faible audience et que cette chaîne de l’Outre-Mer est regardée, à une écrasante majorité, par des gens de couleur, elle répond : « Eric Zemmour est un intellectuel en vue et cela lui confère une responsabilité particulière. » Le bâtonnier ne dira pas autre chose : « Celui qui parle exerce un magistère. » Pour l’avocat de la LICRA, « dans notre société, le journaliste a une influence, on lui prête toute objectivité, alors que l’homme politique on sait qu’il est orienté ». Claude Goasguen, en sa qualité de témoin pour Eric Zemmour, avait prétendu le contraire la veille.

Justement, sur les témoins, les attaques fusèrent. De la part de l’avocat du MRAP principalement : « Les témoins qui sont venus pour Eric Zemmour sont des témoins de moralité qui disent qu’Eric Zemmour n’est pas raciste, très bien. Je n’ai pas fait témoigner mes amis, mais des scientifiques, sociologues ou historien, à part Louis Schweitzer. » Avant d’ajouter, lapidaire : « Un ancien Ministre de l’Intérieur qui ose dire ce qu’il dit, j’en ai la nausée ». Il répètera cinq fois sur tous les tons ce « j’en ai la nausée », pour bien être compris de la cour apparemment.

Arrêtons-nous un instant sur cette accusation : Eric Zemmour n’aurait invité que des « amis ». Or plusieurs témoins ont dit ne pas connaître personnellement Eric Zemmour, mais uniquement par ses passages à la télévision. Et par ailleurs, peut-on dire de Robert Ménard qu’il est un « ami » d’Eric Zemmour, alors qu’ils se sont presqu’insultés sur un plateau télé, comme Ménard lui-même l’expliquait devant notre caméra hier ?

Par ailleurs, il est intéressant de noter que parmi les témoins du MRAP figure François Durpaire, qui déclarait devant notre caméra, le 8 décembre 2010, qu’il « préférait débattre avec Eric Zemmour que de lui faire un procès ». Pourquoi donc témoigner lors du procès intenté à Eric Zemmour ?
Toujours sur les témoins, l’avocat de la LICRA dira qu’elle n’a rien contre les travaux de Hughes Lagrange (qui ne fut pas appelé comme témoin mais dont les travaux furent cités à de nombreuses reprises), car ses travaux sont dans l’analyse.

Le dernier point le plus intéressant défendu par l’accusation, et à raison cette fois selon moi, concerne la forme du discours employé par Eric Zemmour. « Il continue dans cette forme de dogmatisme, ce qui nous pousse à le croire » dira l’avocat de la LICRA. Avant d’ajouter qu’il « ne se fait pas couper la parole, c’est lui qui la coupe aux autres ». Pour l’avocat du MRAP, « avec Eric Zemmour nous sommes dans un combat idéologique ». Quand à Patrick Klugman, il dira à de très nombreuses reprises, pendant sa plaidoirie comme il l’avait fait tout au long du procès, que Zemmour assène les mots, « bah si, bah si, c’est comme ça », ne laissant aucune possibilité de débat réel. Et de mettre en cause la télévision qui pousse aux raccourcis, et à la brutalité du discours.

Évidemment, à Enquête & Débat, nous buvons du petit lait, nous qui nous sommes notamment créé pour pallier ces manques évidents et ces déformations gravissimes du discours, s’éloignant toujours plus de la recherche d’objectivité, de vérité et de réalité, la réalité à laquelle Eric Zemmour se dit si attaché. Voici donc un aspect que le journaliste pourrait améliorer, et une des leçons qu’il pourrait tirer de ce procès, qu’il le gagne ou qu’il le perde d’ailleurs, c’est pour lui et pour les idées qu’il défend, s’il souhaite qu’elles portent plus, mieux vaut faire preuve du minimum d’ouverture et de flexibilité possible. Cela dit, il faut lui reconnaître qu’en général, et contrairement à Patrick Klugman justement, Eric Zemmour reconnaît rapidement ses erreurs, y compris sur les plateaux télé où il les formule, quand cela lui arrive, car cela lui arrive forcément, vu le temps d’antenne dont il dispose.

L’accusation termine donc sur une demande de condamnation, procureure de la République en tête, qui parle d’une « diffamation raciale parfaite ». Elle motive ainsi son jugement : « La République doit unifier et pacifier au moment où des discours qu’on croyait définitivement tus se réveillent ». On aurait pu croire qu’elle faisait en réalité référence aux islamistes, mais non, il s’agissait d’Eric Zemmour, bien plus dangereux que ces terroristes et ces fascistes, donc. Et toujours cette même volonté de pacifier, propre au syndrome de Munich, dont le Ministère public a donc du mal à se défaire, semble-t-il. Cela étant, la procureure reconnaîtra aussi que des propos « sommaires, lapidaires et excessifs comme ceux tenus par Eric Zemmour ne poussent pas au crime envers ces populations ». On est soulagé de le savoir, et de savoir que cette conclusion contredit radicalement celle du reste de l’accusation. Pour la LICRA, « la bonne foi n’est pas recevable quand il s’agit de diffamation raciale », et pour l’UEJF, qui fait très fort, « ces propos sont une provocation à la haine raciale », ce sont d’ailleurs les seuls à défendre cette thèse pour le moins extrême.

Demain nous traiterons de la longue et haletante plaidoirie de Me Pardo, qui a non seulement défendu Eric Zemmour mais a également chargé violemment l’idéologie antiraciste.

Jean Robin

 

Voici, pour conclure cette série d’articles ayant permis de couvrir les 3 jours du procès d’Eric Zemmour par les principales associations antiracistes de ce pays, un large compte-rendu de l’énorme plaidoirie de Me Pardo, avocat d’Eric Zemmour. Plutôt que de déformer ses paroles ou de paraphraser, nous avons décidé de faire ressortir les phrases les plus intéressantes de la plaidoirie, même si nous ne prétendons pas être totalement exact dans nos citations, car cela allait très vite et il est interdit d’enregistrer donc vous avez notre prise de notes.

 

Mais avant cela voici une courte interview de Pierre-Yves Rougeyron, le président de l’association des amis d’Eric Zemmour :


“Défendre l’honneur et la liberté d’expression d’un journaliste français. Ce procès, dès le premier jour, est un débat politique. La réalité ne cadre pas avec un concept dévoyé d’antiracisme qui visait à éviter que cette réalité existe. Mais il est difficile de poursuivre la réalité.

1er paradoxe : pourquoi accepter de débattre avec quelqu’un qui a pratiqué la diffamation raciale ?
2ème paradoxe : des personnalités de ces associations ont pris fait et cause pour Eric Zemmour.
La tentative de rejet d’une lettre du Ministre de l’Intérieur ne s’est produit qu’une seule fois, c’était lors du procès des caricatures de Mahomet, le Ministre était un certain Nicolas Sarkozy, et la tentative émanait du CFCM. A l’époque Mme la procureure, vous n’étiez pas dans le même camp.
La diffamation raciale n’interdit pas de parler des communautés ni de les critiquer.
Le sujet grammatical de la phrase d’Eric Zemmour est « les trafiquants ».
La liberté d’expression a une limite mais celle de la loi, pas celle de tordre des phrases pour leur faire dire autre chose.
Ce n’est pas au Président de la LICRA ni à quiconque de dicter ce que doit ou peut dire un journaliste français, qui a par ailleurs le droit d’être péremptoire.
Si vous condamnez mon client vous mettez un couvercle sur un des débats majeurs de la société française.
Le rapport sur la commission d’enquête du Sénat sur la délinquance des mineurs de 2002 aboutit à la conclusion qu’il y a une surdélinquance des mineurs noirs et arabes. Si un journaliste n’a plus le droit de citer un rapport de la République, c’est à désespérer.
Quand vous avez comme sources les RG, la police, le Sénat et un ministre de l’intérieur, on peut commencer à affirmer les choses.
Alain Seksig, le responsable de la commission éducation de la LICRA qui a démissionné suite à l’affaire Zemmour. Il était un temps où la LICRA s’intéressait à l’éducation… (chuchotements dans la salle)
Zemmour n’a jamais participé à des brulôts d’extrême-droite. L’émission de Ruquier n’est pas d’extrême-droite, certains d’entre vous y sont passés, vous aimeriez tous y passer ça c’est sûr ! (éclats de rire dans la salle)
On contrôle beaucoup de noirs et d’arabes dans les cités parce qu’il y a beaucoup de noirs et d’arabes dans les cités.
Le provocateur, ce n’est pas Zemmour mais Noël Mamère qui dit la loi interdit d’aller couper sauvagement des plans OGM mais allez-y quand même. Jamais on a condamné un journaliste pour avoir dit « ils ont le droit ».
Si vous voulez des Duhamel de toujours, des robinets d’eau tiède, condamnez Eric Zemmour, si vous voulez le laisser s’exprimer je demande la relaxe.”

Fin des plaidoiries. Verdict le 18 février à 12h30.


Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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