Procès Eric Zemmour 2éme partie: Interwiew de Bonapartine sur "Puteaux-Libre".

Publié le 25 Janvier 2011

Partie II de l’interview :

 

Gérard Brazon : Sur le fond du procès, le chef d’accusation de "diffamation raciale" invoqué par les auteurs de la plainte, suite aux propos d’Eric Zemmour sur l’origine des trafiquants de drogue, vous paraît-il démagogique ?

 

Absolument ! Sur ce point, il n’y a en aucun cas lieu de parler de "diffamation raciale" pour la simple raison que les affirmations d’Eric Zemmour ont été démontrées depuis longtemps.

Je ne vous cache pas qu’à l’époque où Eric Zemmour a prononcé ses paroles ", en mars 2010 lors de l’émission de Canal + "Salut les terriens" animée par Thierry Ardisson, j’ai été surprise. En effet, je ne comprenais pas sur quelles preuves, dans un pays comme la France où les statistiques à caractère ethnique sont interdites – et je m’en félicite -, Eric Zemmour fondait ses déclarations. Ce qui ne m’avait du reste pas empêché, à l’époque, de condamner, dans un article paru dans Riposte Laïque, le véritable lynchage médiatique dont il avait été l’objet. Pour mémoire, j’écrivais déjà au sujet du livre de Mohamed Sifaoui intitulé "Eric Zemmour, une supercherie française" :

« En ce dimanche 05 septembre 2010, j’ouvre le livre de Mohamed Sifaoui "Eric Zemmour, Une supercherie française" et je lis :

"Cet ouvrage est dédié à tous ceux qui horripilent Eric Zemmour : les petites filles prénommées Zohra, les petits garçons prénommés Mohamed, les couples divorcés, ceux qui lisent les mangas, les pacifistes, les antiracistes, les écolos, les militants des droits de l’Homme, les féministes, les gays et les lesbiennes, les amoureux en général, les progressistes, ceux qui n’ont jamais rien lu sur Louis XIV ou Napoléon Bonaparte, ceux qui n’aiment pas les films en noir et blanc, les lecteurs d’Amélie Nothomb, Cali, les "barbares" d’hier et d’aujourd’hui, le couple Karembeu, et tous les autres qui se reconnaîtront puisque c’est une liste interminable."

D’emblée, je me dis : « Bigre, çà commence mal ! J’appartiens à quelques-unes de ces "catégories". Dois-je donc ne lire qu’une moitié de pamphlet ? » Que penser en effet de la conception du débat démocratique d’un auteur qui détourne de sa lecture, voire rejette de fait tous ceux qui n’horripileraient par Eric Zemmour ? Etrange conception également de la liberté de penser : chacun de nous ne devrait-il lire, regarder et écouter que les auteurs dont il partage intégralement les opinions, oubliant que l’unilatéralisme de la pensée n’a jamais permis à quiconque de se confronter à la contradiction, de douter et donc d’évoluer ? Là encore, je ne partage pas tout ce que dit ou écrit Eric Zemmour, loin s’en faut. Ce qui ne m’empêche pas néanmoins de l’écouter dans l’émission de Laurent Ruquier. Serait-ce un délit ? Apparemment oui, aux dires de Mohamed Sifaoui.                           …..    

Avec Monsieur Sifaoui, pour ne prendre que l’exemple de la France, soit vous êtes en accord avec ses idées et tout va pour le mieux "dans le meilleur des mondes" en quelque sorte, soit à l’inverse vous finissez dans les bras du parti de Jean-Marie Le Pen. Rien que çà ! »  

["L’absence de rigueur professionnelle de Sifaoui n’a dégale que sa haine contre Zemmour-RL-Bat Ye’or, le 13.09.10, n° 162 du journal Riposte Laïque / http://www.ripostelaique.com/L-absence-de-rigueur.html + relire également au sujet d’Eruc Zemmour l’article de Bonapartine "Dieudonné crache sa haine antisémite au visage d’Eric Zemmour !", le 26.04.10, n°142 / http://www.ripostelaique.com/Dieudonne-crache-sa-haine.html.]

Et puis, suite aux déclarations qui valent aujourd’hui à Eric Zemmour d’être traduit en justice, j’ai travaillé sur ce dossier dès l’été dernier. Et malheureusement, ce que j’ai découvert, au terme de plusieurs semaines de recherches et de lectures, m’a fait froid dans le dos.

La présente interview ne permet pas d’établir une synthèse détaillée de toutes mes études menées sur le sujet, au risque de devoir les développer sur des dizaines de pages et de lasser ainsi les lecteurs du présent blog. Je vais donc me limiter ici à citer quelques exemples que je résume autant que possible :

 

a)     Exemple n°1 - Fin 2002, deux sociologues du CNRS, Sebastien Roché et Monique Dagnaud, ont entrepris une étude sur les mineurs jugés par le Tribunal de Grenoble entre 1985 et 2000.

 

Je découvre alors, à la lecture de cette étude, que ces deux chercheurs ont intégré à leur enquête ce qu’ils appellent "la dimension ethnique" des chiffres qu’ils avancent : 65% des mineurs jugés à Grenoble ou dans la région grenobloise qui relève du Tribunal des mineurs, ont un père né à l’étranger (né dans un pays du Maghreb pour 49,8% d’entre eux), et 60% ont une mère également née hors de France. Nous sommes alors seulement en 2002, soit 9 ans avant le procès d’Eric Zemmour !

 

Déjà à l’époque, Sebastien Roché avouera : "La surreprésentation des jeunes d’origine étrangère dans la délinquance n’est un mystère pour personne, mais cette donnée est peu renseignée, et elle n’est jamais débattue dans l’espace public." "La surreprésentation des jeunes d’origine étrangère est connue de tous", nous dit ce chercheur du CNRS. Je ne sais si elle était "connue de tous" mais quoi qu’il en soit, j’ai découvert que l’INSEE avait, dès l’année 2000, signalé que 40% des détenus français avaient un père né à l’étranger. Et sur ces 40%, 25 % avaient un père né au Maghreb.

 

b)     Second exemple – Ce que disent les Renseignements Généraux sur le sujet :

 

La commissaire Lucienne Bui Trong, chargée des violences urbaines à la Direction centrale des RG, reconnaissait, il y a déjà une dizaine d’années, que 85% des auteurs de violences, étaient d’origine maghrébine et qu’ils étaient animés par une sorte de "paranoïa" vis-à-vis de la société française (Le Point, 24 juin 2004).

 

Un Rapport de la Direction centrale des Renseignements généraux (DCRG) consacré au repli communautaire dans les banlieues,  remis début juin 2004 à Dominique de Villepin, recensait 630 quartiers pudiquement qualifiés de "sensibles", répartis sur l’ensemble du territoire et qui représentaient alors 1,8 million d’habitants. Quartiers où les comportements, les violences, l’engagement religieux, les rapports hommes-femmes étaient contraires aux lois républicaines françaises.

Plusieurs critères avaient été retenus, en 2004, pour qualifier un quartier de "sensible" :

 

§  le nombre important de familles d’origine immigrée, pratiquant parfois la polygamie,

§  un tissu associatif communautaire,

§  la présence de commerces ethniques,

§  la multiplication des lieux de culte musulman

§  le port d’habits orientaux et religieux,

§  les graffitis antisémites et anti-occidentaux,

§  l’existence de classes regroupant, au sein des écoles, des enfants ne parlant pas un mot de français (ceux qu’on appelle chez les enseignants "les primo-arrivants")

§  la difficulté à maintenir dans ces quartiers la présence de Français d’origine.

 

Les Renseignements généraux observaient, certes, une forte concentration des familles d’origine immigrée "parfois majoritaires, cumulant les handicaps sociaux et culturels". Mais ils écrivaient aussi que "ces populations conservent des survivances culturelles aboutissant à une certaine endogamie, à un maintien de modes de vie traditionnels, à l’émergence de modes de régulation sociale des conflits parallèles aux institutions, et à une vie associative repliée, organisée en fonction de l’origine des participants".

Enfin, les analystes de la Direction centrale des Renseignements Généraux constataient que "les habitants les plus aisés – le plus souvent d’origine européenne – déménagent massivement et que les commerces traditionnels ferment."

 

Nous sommes là en juin 2004, soit 6 ans et demi avant le procès d’Eric Zemmour. 

 

c)     Troisième exemple – Ce qu’écrit Dominique Sopo, aujourd’hui président de SOS Racisme, dans un ouvrage dont il est l’auteur, intitulé « S.O.S anitracisme » et qui a été publié en 2005 aux éditions Denoël :

 

Surtout, chers lecteurs, ouvrez grands vos yeux car voici ce que Dominique Sopo en personne écrivait en 2005 :

 

" L’exemple du traitement de la sur-délinquance des étrangers et des jeunes issus de l’immigration est ici éclairant. Longtemps nié en France, ce phénomène n’en était et n’en demeure pas moins réel. [...] Nier une évidence, c’est s’interdire d’en offrir une analyse."

 

Aujourd’hui, Eric Zemmour ne dit rien d’autre que ce qu’écrivait Dominique Sopo en 2005, mais le président de S.O.S Racisme a délibérément inversé les rôles en 2011 : il endosse désormais le rôle de la cause antiraciste et de ses dérives, là où il y a seulement six ans et de surcroît à une période succédant à tous les rapports et enquêtes précités, il reconnaissait la réalité des faits mise en avant par Eric Zemmour en 2011 !

 

d)     Quatrième  exemple - Le témoignage de Mr Chevènement :

 

Jean-Pierre Chevènement, dans une lettre adressée à Madame Anne-Marie Sauteraud, Présidente de la 17ème chambre correctionnelle, écrit :

 

"Sans doute M. Zemmour a –t-il, dans le feu de la discussion, utilisé une formulation excessivement brutale, mais il n’a hélas, pas dit une chose matériellement inexacte. Il suffit, comme j’ai déjà eu l’occasion de le faire de consulter les listings de la Direction centrale de la Sécurité publique du ministère de l’Intérieur, pour constater que 50% des infractions constatées étaient imputables à des jeunes dont le patronyme est de consonance africaine ou maghrébine, comme c’est d’ailleurs le cas de M. Zemmour lui-même."

 

Qui, au vu des faits ici remémorés, aura encore l’outrecuidance de vouloir condamner Eric Zemmour pour "incitation à la haine raciale "quand les faits rapportés par lui ne sont que la copie des faits décrits, depuis l’an 2000, par l’INSEE, des sociologues du CNRS et les Renseignements Généraux, puis confirmés par un ancien ministre de l’Intérieur ? Eric Zemmour n’a ni plus ni moins que dressé un constat lors de l’émission de Thierry Ardisson mais il n’a, en aucun cas, exprimé un jugement à caractère raciste, encore moins laissé une seule seconde entendre qu’il existerait un quelconque déterminisme éthique en matière de délinquance. Et vous savez, Gérard,  que je suis très attentive aux discours plus que nauséabonds sur les questions liées aux présumés déterminismes, notamment celles liées aux discours plus que douteux sur un hypothétique "déterminisme génétique" qui serait censé nous conduire à penser et à ressembler en tous points à nos parents. Donc, en la matière, si j’avais eu le moindre doute sur la pensée de Zemmour, je ne lui aurais absolument témoigné aucune indulgence. Il y a des sujets si graves, à mon sens, qu’ils ne font, en effet, l’objet d’aucune concession de ma part et sur lesquels je n’ai aucun état d’âme.

 

Gérard Brazon : Bonapartine, en quoi êtes-vous en désaccord avec Eric Zemmour concernant ses propos sur la discrimination ?

 

Eric Zemmour était également poursuivi pour des propos tenus sur la discrimination lors d’une émission sur France Ô, en mars 2010. Afin de resituer les paroles d’Eric Zemmour dans leur contexte d’origine, je cite, pour mémoire, ce que déclarait alors Eric Zemmour :

 

« Il ya un très bon livre que je vous recommande d’un universitaire américain qui étudie justement la mise en place des politiques – parce que tout çà a commencé effectivement aux Etats-Unis – contre la mise en place des discriminations, c’est la fin des années 70 et c’est exactement à la même époque qu’on a commencé justement la politique économique qui a aggravé les inégalités sociales, c’est-à-dire la lutte contre les discriminations et cet auteur le démontre très bien, la lutte contre les discriminations a été la paravent, le cache-sexe d’un accroissement extraordinaire des inégalités sociales, c’est-à-dire qu’il y a une petite partie de l’élite américaine qui a pris l’essentiel de la plus-value économique réalisée pendant 30 ans et qu’elle a habillé ce fantastique accroissement des inégalités …. Et je dis que les Français qui ont longtemps tardé à s’aligner sur la méthode américaine, au nom justement de l’égalité républicaine, ont fini, sous la pression médiatique, par s’aligner …. »

Eric Zemmour est interrompu une 1ère foi par un interlocuteur qui lui rappelle qu’il fait aussi partie des médias. Survient alors la seconde intervention d’un autre interlocuteur qui explique ce qui se passe dans l’intérim : « On a enquêté il y a quelques années dans l’intérim … vous serez surpris d’apprendre plusieurs choses, quand par exemple certains employeurs s’adressent à des directeurs d’agence d’intérim en leur disant, par exemple, "S’il vous plaît, je ne veux pas d’Arabes et de Noirs", c’est injuste. » Zemmour répond dans un premier temps que "la vie est injuste". Certes mais ce n’est pas là l’objet du débat. Puis il ajoute : "Mais ils ont le droit". Sous-entendu : " Ils ont le droit de refuser des Noirs et des Arabes sur aucun autre critère que le seul critère, par conséquent de l’origine ethnique ou de la couleur de peau."

 

Au cours du procès, Eric Zemmour aurait déclaré : « Discriminer, cela veut dire choisir, sélectionner, cela n’a rien d’infâmant ! »

 

Le seul problème dans cette affaire, c’est qu’Eric Zemmour donne une définition étymologique et non juridique de la discrimination. Or, l’article 225-1 du Code pénal apporte une définition précise de la discrimination :

 

« Constitue une discrimination toute distinction opérée entre les personnes physiques à raison de leur origine, de leur sexe, de leur situation de famille, de leur grossesse, de leur apparence physique, de leur patronyme, de leur état de santé, de leur handicap, de leurs caractéristiques génétiques, de leurs mœurs, de leur orientation sexuelle , de leur âge, de leurs opinions  politiques, de leurs activités syndicales, de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée.

Constitue également une discrimination toute distinction opérée entre les personnes morales ….. » [Code pénal français / Partie législative – Livre II –Des crimes et délits contre les personnes/ Titre II – Des atteintes à la personne humaine. / Chapitre V – Des atteintes à la dignité de la personne. / Section I – Des discriminations.]

 

A partir de là, quoi qu’en pense Eric Zemmour, la discrimination est un délit et, que je sache, la loi s’applique à chacun de nous. C’est en ce sens où, effectivement, je n’approuve pas, sur ce point précis, les propos d’Eric Zemmour qui reconnaît aux employeurs ou aux directions d’agence d’intérim un droit que la loi pénale ne leur donne pas.

 

Pour autant, je le dis et je le répète, cette réécriture de la loi pénale, toute personnelle à Eric Zemmour, justifiait-elle les paroles insultantes prononcées, une fois encore, par le bâtonnier lors du procès : "Ces 4 mots ["Ils ont le droit"] sont aussi terribles que 4 balles qu’on tirerait en rafale. Les mots sont constitutifs de délit, les mots ne sont pas sacrés." ?

Je réponds clairement : NON. Je considère, du reste, ces propos à bien des égards dangereux car ils assimilent directement Eric Zemmour à un assassin ("balles qu’on tirerait en rafales"). Ces paroles du bâtonnier sont, à mon avis, très graves et c’est en ce sens que dans la réponse à votre première question, je parlais d’un procès qui ressemblait à une mise à mort du prévenu. Voilà pour le premier point.

 

Second point : Eric Zemmour a eu tort, à mon sens, de nier le fait que les discriminations sont un délit mais il n’a, par ailleurs, fait qu’exprimer une opinion, aussi contestable soit-elle, sans pour autant avoir été un acteur direct d’une politique de discrimination. Je m’explique : Eric Zemmour n’est pas non plus ici un chef d’entreprise qui aurait mis en place une politique de discrimination à l’embauche par exemple.

 

Gérard Brazon : Vous pensez que la décision de justice qui sera rendue dans ce procès provoquera des remous dans l’opinion publique si Eric Zemmour était condamné ?

 

Je le répète : je pense que ce procès a une portée qui dépasse le simple cadre de cinq associations dites antiracistes qui ont porté plainte contre un journaliste, en l’occurrence Eric Zemmour. Donc, oui, si Eric Zemmour était condamné à une peine lourde, je suis persuadée que l’opinion publique se radicaliserait davantage encore qu’elle ne l’est déjà en France depuis quelques mois. Pour le reste, je n’ose pas imaginer que le tribunal correctionnel décide de prononcer une peine de prison à l’encontre d’Eric Zemmour : une telle décision déclencherait un cataclysme dans l’opinion publique dont nul ne sait sur quoi il pourrait finalement déboucher !

Et pour vous dire le fond de ma pensée, ce qui me préoccupe dans cette affaire, c’est qu’une condamnation lourde d’Eric Zemmour (une amende, par exemple, dont le montant serait conséquent) servirait, en fin de compte, les intérêts du Front National qui s’afficherait, une fois encore, comme le seul parti capable de défendre les citoyens français d’une part, la liberté d’expression d’autre part face au discours antiraciste "qui était respectable en soi mais est devenu une sorte de tyrannie de la pensée correcte qui empêche de désigner les réalités" comme l’avait affirmé Ivan Rioufol lors de son arrivée au Tribunal correctionnel de Paris.

 

Bonapartine.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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