Quand la gauche confond mémoire et histoire. Par Christian Vanneste

Publié le 22 Octobre 2012

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Tribune libre de Christian Vanneste*

Depuis Félix Faure, plus un Président de La République n’avait imaginé revêtir un uniforme de fonction.François Hollande a désormais le sien, la robe de bure qu’il va endosser pour ses voyages outre-mer : on avait la flagellation sur l’esclavage à Dakar, on aura une nouvelle séance à propos du 17 octobre 1961 à Alger. Ce retour du refoulé historique joue en France un rôle démesuré dans l’expression politique sur lequel il est intéressant de s’interroger.

La repentance est entrée dans notre histoire avec la célèbre phrase de Pétain sur la mémoire courte des Français. Jusque là, ils avaient plutôt bonne opinion d’eux-même et tiraient une légitime fierté de la victoire à l’arraché de 1918 au bout de la nuit des efforts et des sacrifices. Or, MitterrandChirac et Hollande ont réintroduit cette culpabilité collective dans leurs discours. La différence saute aux yeux : les fautes supposées des Français de 1940-41 étaient proches dans le temps et pouvaient s’identifier à leurs choix politiques qui avaient privilégié le bonheur de vivre en France au danger de vivre à côté de l’Allemagne nazie. Les péchés pour lesquels, depuis trente ans, leurs chefs d’État battent leur coulpe sur la poitrine des Français sont ou lointains dans le temps, ou isolés dans l’espace et l’on peut se demander quelle en est la raison.

Il y en a plusieurs. La première et la plus importante relie la repentance d’aujourd’hui à celle d’hier. « Vichy nul et non avenu » disait De Gaulle, qui, à part son modeste et tardif poste de sous-secrétaire d’État, n’avait aucun rapport avec le personnel politique de la IIIe République. Disant cela, il voulait la continuité de la République, mais il savait aussi combien les hommes et leurs pratiques s’étaient maintenus entre la fin de celle-ci et le début de l’État Français. Il savait que ceux qui avaient amené la France là où elle en était, les politiques comme les militaires, étaient empressés de se décharger de leur responsabilité sur le dos des Français. De Gaulle voulait des hommes nouveaux, des pratiques différentes et surtout un état d’esprit opposé, fondé sur la fierté et sur la confiance. C’est la raison pour laquelle, ayant lui-même, à deux reprises tiré notre pays de la catastrophe, il n’avait aucune faute à rejeter sur le peuple ou la République, mais une fierté à partager. De Gaulle est malheureusement une exception. Il suffit de comparer notre histoire à celle du Royaume-Uni pour comprendre ce prurit pénitentiel qui habite nos politiciens. Nos voisins britanniques ont sur nous deux avantages : ils habitent une île moins exposée aux invasions et ils ont été plus souvent gouvernés par la droite conservatrice que par la gauche. Pas de dictature depuis Cromwell et sa courte république, pas d’occupation étrangère, la colonisation la plus considérable de l’histoire et une décolonisation globalement réussie qui laissent une grande partie du monde peuplée d’anglo-saxons, où l’on parle anglais ou encore qui entretient avec l’ancienne puissance coloniale des rapports apaisés. Pendant ce temps, la France, brandissant plus ou moins sa Déclaration des Droits de l’Homme entre une dictature et une guerre civile larvée, a collectionné les déserts, a manqué leur exploitation ou leur peuplement, tandis qu’elle connaissait l’invasion à cinq reprises, quatre à l’occasion de défaites et la cinquième pendant une guerre mal préparée qui a provoqué une saignée irréparable dans la population française. Les politiciens français, et ceux de gauche, en particulier, ont beaucoup à se faire pardonner. Alors dans leur inconscient chargé s’opère un transfert : tous coupables ! C’est la France qui est coupable !  Il faut donc leur rappeler que la colonisation, c’était Ferry, que les mutineries de 1917, chères à Jospin, c’était la conséquence d’une guerre voulue et mal préparée par les gouvernements de gauche qui s’étaient succédés sans interruption depuis 1879, que Munich a lieu sous le Front Populaire qui a laissé sans réponse toutes les agressions hitlériennes, que les gouvernements auxquels participait François Mitterrand sous la IVe République ont enlisé notre pays dans deux guerres coloniales à l’issue politique et humaine désastreuse ! Que ceux qui héritent de ce lourd passé présentent leurs excuses, oui, mais c’est au Peuple Français qu’ils devraient les présenter pour leur incurie transmise de génération en génération !

« Les politiciens français, et ceux de gauche, en particulier, ont beaucoup à se faire pardonner. Alors dans leur inconscient chargé s’opère un transfert : tous coupables ! C’est la France qui est coupable ! »

En fait, la gauche n’a pas la mémoire courte. Elle a la mémoire sélective. Son imprégnation idéologique lui fait systématiquement réécrire l’Histoire, comme le fait l’État totalitaire imaginé par Orwell dans 1984. D’abord, l’histoire est westernienne, avec ses méchants indiens de droite et ses gentils cow-boys de gauche. La rafle du Vel d’hiv, les supposées noyades de 1961 ont une double parenté, la droite et la police parisienne. Le trait d’union existe : Papon, préfet de Pétain puis de De Gaulle et  même ministre. Mais Papon était à Bordeaux et en 1942, c’est un homme de gauche, un ami de Mitterrand. Plus tard, qui est à Paris ? C’est Bousquet. Entre la rafle évidemment ignoble de 1942 de Juifs auxquels la France n’avait strictement rien à reprocher et dont la destination réelle était, on peut l’espérer, ignorée des organisateurs français et la répression de la manifestation de 1961, il n’y a rien de commun. En 1961, l’État républicain fait face à des manifestants qui viennent à Paris jeter de l’huile sur le feu en soutenant le FLN, c’est-à-dire le mouvement responsable de la mort de milliers d’appelés du contingent qui sont allés faire leur service en Algérie. Ils le font alors même que le Général De Gaulle s’est engagé dans la voie tragique de l’autodétermination, au terme de laquelle les Français d’Algérie, contraints de quitter leur pays, penseront avec amertume qu’il les a trahis. Les morts de la rue d’Isly, ceux des massacres d’Oran, les dizaines de milliers de Harkis assassinés doivent-ils, eux être oubliés, comme le sont les canonnés de Lyon, les noyés de Nantes ou les victimes du génocide vendéen ? De Gaulle ne pouvait sans doute pas mener une autre politique. Son indifférence au sort des partisans de l’Algérie Française reste une ombre dans la biographie de celui qui a sauvé le pays et son honneur dans les moments les plus difficiles, mais il est indigne de venir aujourd’hui reprocher à la France, et donc au Général, d’avoir agi avec fermeté dans un contexte passionnel dont la plupart des Français actuels ignorent tout. François Mitterrand était ministre de la Justice lorsqu’on a confié à l’Armée la lutte contre le terrorisme à Alger, avec les moyens que l’on sait. Je doute que François Hollande aille s’en excuser et promettre des réparations.

Il ne faut pas confondre, comme le fait la gauche la Mémoire avec l’Histoire. Celle-ci a le droit et même le devoir de tout étudier, de tout chercher, de tout éclairer. Par exemple, l’étude de l’esclavage ne se limite pas à celui qui s’est développé sur l’Atlantique au profit des pays européens, il doit aussi prendre en compte celui qui était pratiqué par les barbaresques installés en Afrique du Nord au détriment des Européens. La Mémoire, au contraire, est la construction de sa légende par un pays afin qu’au travers des commémorations des grands moments de son histoire, il puisse transmettre un idéal, une confiance en son avenir aux jeunes générations. La mémoire pour un pays comme le nôtre dont l’histoire a été malheureuse, mais globalement digne, doit être faite de célébrations non de contritions.

*Christian Vanneste est un ancien député UMP du Nord.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Histoire de France

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Martine 22/10/2012 22:50


Bonjour,

votre blog étant tourné culture, histoire et mémoire, je me retourne vers vous. je viens d'écouter un album musical retraçant l'histographie de la traite négrière et du ghetto gaza.

De nombreuses symboliques sont retracées mais les propos ne sont-ils pas déplacés pour certaines personnes?

http://besto.kalottlyrikal.net/compiles/besto-microcredit-tape-22208

Marie-claire Muller 22/10/2012 21:48


Lettre ouverte à Manuel Valls – par Manuel Gomez



Par France Presse Infos



 





Monsieur le ministre,


Vous êtes, je le crois vraiment, un homme sincère, honnête et probablement le ministre qui a le plus bel avenir
parmi les membres de ce gouvernement.


Votre ministère possède tous les documents officiels concernant la manifestation interdite du 17 octobre 1961.


Ne pensez-vous pas que votre devoir est de tenir informer le Président de la République sur le nombre véritable de victimes
de cette manifestation afin d’éviter qu’il ne se ridiculise en prêtant foi à des chiffres totalement inexacts ?


On le trompe, on vous trompe, on ment à la France et aux Français.


 






À l’époque j’appartenais à la rédaction du quotidien « L’Aurore » et j’ai enquêté dès le lendemain
auprès de la morgue et des services hospitaliers, également auprès des établissements et des riverains qui longeaient la Seine. J’ai accompagné le colonel Raymond Montaner, commandant de la Force
Auxiliaire des Harkis de Paris, dont le rôle principal était la protection des Algériens de la région parisienne contre les exactions du FLN, qui a enquêté en compagnie de ses deux adjoints le
capitaine de Roujoux et le lieutenant Champsavin et voici le résultat absolument vérifiable de ses conclusions :


Il n’y eut cette nuit du 17 octobre aucune intervention anormale des pompiers parisiens, ni de police secours, ni de la
croix rouge, ni d’aucun service d’ambulance.





- Aucun service d’urgence des hôpitaux de Paris et de la banlieue n’a reçu un afflux anormal de
blessés.


- 2300 blessés en une seule nuit cela laisse pourtant des traces, non ? Toutes les urgences et même les cliniques
privées auraient dû être totalement débordées. Où sont donc passés ces 2300 blessés ? Disparus comme par magie ! Il paraîtrait qu’ils auraient été jetés dans la Seine en même temps que les 300
morts ! L’enquête auprès des barrages en aval de Paris n’a révélé aucune découverte de noyés. Pourtant 300 corps ne se dissolvent pas dans l’eau de la Seine. Les berges sur des kilomètres
auraient dû être parsemées de cadavres mais aucun riverain n’en a signalé !!





Peut-on d’un coup de baguette magique escamoter plus de 200 cadavres ?





La vérité est tout autre. En réalité  il n’y eut au cours de cette nuit du 17 octobre que 7 morts, dont 2
seulement sont imputés aux forces de l’ordre, Achour Belkacem et Amar Malek, tous deux agents du FLN. Les 5 autres morts sont 4 Algériens et un Français, Guy Chevalier.


Voilà le bilan exact de ce « massacre » du 17 octobre 1961.





Si l’on conteste ces chiffres que l’on nous donne les noms des 200 morts et plus, si 2300 blessés sont passés par les
services hospitaliers les traces existent, qu’on nous les communique.





Nous n’avons pas à nous repentir de quoi que ce soit.





Est-ce que le Président de la République exige une repentance des terroristes du FLN et du MNA qui au cours de sept années
ont assassinés 120 gardiens de la paix, plus d’une centaine de civils français et 6000 Algériens ?





Le rôle d’un Président de la République est de défendre l’honneur de la France et non de l’avilir.


Rappelez-le-lui puisqu’il semble lui aussi l’oublier.

Marie-claire Muller 22/10/2012 21:39


Hollande et Bouteflika d’accord, selon Fabius



Par France Presse Infos



 





Article paru sur El Watan - La France veut conclure «un partenariat stratégique» avec l’Algérie, centré sur les
domaines économique, éducatif, énergétique et «pourquoi pas militaire», a déclaré hier le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius.


La visite du président Hollande en Algérie, prévue en décembre, ne sera pas l’occasion d’une repentance de la France sur son
passé colonial. «Les Algériens ne souhaitent pas un voyage tourné vers le passé», a encore affirmé le locataire du Quai d’Orsay.


 






La France et l’Algérie sont décidées à rebâtir leurs relations sur la base d’une nouvelle approche : le «partenariat
stratégique», en lieu et place d’un traité d’amitié. C’est ce qu’a affirmé hier le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius. Intervenant lors de l’émission «Grand rendez-vous»
d’Europe1-ITélé-Le Parisien, il a affirmé que la France souhaite conclure un «partenariat stratégique» avec l’Algérie à l’occasion de la visite, en décembre, du président François Hollande. «Mais
pas un traité d’amitié que ne souhaitent pas les Algériens», a-t-il déclaré. Et d’ajouter : «Nos amis algériens ne souhaitent pas qu’on entre dans ce type d’instrument juridique. Ils veulent
un partenariat stratégique avec nous et c’est aussi notre approche.» Le projet de traité d’amitié est-il pour autant définitivement enterré ?


Le chef de la diplomatie française écarte, en tout cas, toute discussion autour de la relance de ce projet. «Je pense que ce
concept (traité d’amitié) ne sera pas retenu», a indiqué Laurent Fabius, qui explique la conception française du partenariat projeté : «Le partenariat stratégique est souhaité par Paris dans
les domaines économique, éducatif, énergétique, pourquoi pas en matière militaire.» Cette nouvelle «approche» est, a dit le chef de la diplomatie française, l’objet du voyage de François Hollande
en Algérie.



« LES ALGÉRIENS NE SOUHAITENT PAS D’UN VOYAGE TOURNÉ VERS LE PASSÉ. »



À cet effet, M. Fabius affirme avoir sollicité l’aide du «Monsieur Algérie», en l’occurrence l’ancien Premier ministre de droite Jean-Pierre Raffarin, «sur quelques dossiers économiques».
M. Raffarin avait été chargé, rappelons-le, de plusieurs missions en Algérie par l’ancien président Nicolas Sarkozy. Au début de l’année en cours, il avait été chargé de faire avancer des
partenariats concernant les trois industriels français Renault, Lafarge et Total.


Ces trois «gros dossiers», considérés comme «stratégiques» dans le partenariat entre les deux pays, avancent lentement. Les
négociations avec le constructeur automobile Renault pour l’implantation d’une usine de fabrication de voitures en Algérie traînent en longueur.


Par ailleurs, le nouveau gouvernement français ne semble pas vouloir s’attarder sur la question du passé commun, qui freine
le développement des relations entre les deux pays. François Hollande a franchi un pas en reconnaissant les massacres du 17 Octobre 1961, cette semaine.


Mais «ce voyage du président Hollande ne donnerait pas lieu à une repentance de la France sur son passé colonial», tranche
le ministre des Affaires étrangères. Il révèle aussi que les autorités algériennes souhaitent la même chose : «Les Algériens ne souhaitent absolument pas qu’on fasse un voyage tourné vers le
passé.» Y a-t-il une entente entre les autorités des deux pays autour de la nécessité de dépassionner leurs rapports ?


El Watan

Marie-claire Muller 22/10/2012 20:28


Si Hollande nous fait ce cinéma c'est pour faire passer la pillule de l'immigration; en nous culpabilisant, il espére que nous "baisseront la garde"QUE NENNI!!L ISLAM HORS DE FRANCE!!!!!!!!!!!!