Quand la justice crée l’insécurité, de Xavier Bébin. Par Jean Claude Lauret

Publié le 20 Juin 2013

Le huis clos prononcé pour le procès qui vient de s’ouvrir concernant le viol et l’assassinat d’Agnès Marin pose de terribles questions et témoigne de la déliquescence de nos institutions judiciaires.

Par Jean Claude Lauret

Ce huis clos a fait déjà une seconde victime : la famille. Les parents de cette malheureuse adolescente désiraient un procès public afin de porter témoignage. Il n’en sera rien. L’un des avocats de l’accusé, heureux, s’en est félicité, déclarant que cette décision devrait permettre à son client de « progresser vers le chemin de la vérité ». Comme un étrange écho à cette horreur paraît Quand la justice crée l’insécurité, de Xavier Bébin. Et, regardant ce titre, on en entend un autre : « Quand la justice crée l’injustice ».

Xavier Bébin, auteur d’un ouvrage pertinent (« Pourquoi punir ? »), jette aujourd’hui un véritable pavé dans la mare de la bien-pensance et du politiquement correct. Dans ce texte pugnace qui n’a rien d’un pamphlet, ce criminologue, secrétaire général de l’Institut pour la justice, met à mal une multitude d’idées reçues colportées à tout va par les chantres d’une idéologie dominante dont l’un des grands ténors fut Michel Foucault. On connaît la chanson. Il ne s’agit pas de punir mais de rééduquer, de réinsérer.

Les avocats des criminels – telle est leur charge et leur devoir – déploient leurs talents pour plaider toutes les circonstances possibles et imaginables qui seraient atténuantes et mériteraient, de ce fait, la considération des jurés. Une noria de psychiatres, guère au fait, dans leur très grande majorité, des multiples recherches effectuées dans de nombreux pays occidentaux sur l’expertise mentale des criminels et les dangers de la récidive, sont appuyés par une cohorte de psychologues, de sociologues ou d’experts tous plus férus d’idéologie et de dogmatisme que de réalité. Le sommeil de la raison engendre des monstres, a montré Goya. Il est aussi à l’origine de bien des turpitudes.

Dans ce texte rigoureux et implacable, Xavier Bébin ne se contente pas d’éplucher avec minutie les pièces de son dossier. Il ne cesse de rappeler l’épouvantable condition des victimes, les grandes oubliées de toutes ces tragédies. Le jugement prononcé, les familles glissent inexorablement dans l’oubli. Seules, elles ne peuvent que se murer dans leur chagrin et leur douleur. Le pretium doloris est une fiction qui n’intéresse pas la presse. Affaire classée, au suivant.

Dans la quatrième partie de son livre intitulée « La justice à refaire », Xavier Bébin lance des propositions afin de procéder à la révision générale d’une institution pénale bien discréditée. Le sentiment d’injustice se répand auprès des citoyens qui se sentent de moins en moins protégés et reconnus lorsqu’ils sont victimes de voyous, de barbares ou de psychopathes.

Voici une invitation à une prise de conscience sur l’un des problèmes majeurs de notre société. Xavier Bébin ouvre un débat. Il importe de l’écouter et de réfléchir aux conséquences d’un laxisme étouffant. Un livre salutaire qui dénonce, preuves à l’appui, les méfaits de l’angélisme.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

Commenter cet article

Yves IMBERT 23/06/2013 10:02


le sieur Bebin et l'Institut pour la justice seront crédibles et utiles quand ils comprendront que l'unique moyen d'obtenir une justice impartiale passe par la possibilité de mettre en cause la
responsabilité individuelle des magistrats,   professionels indépendants.


Et que l'on ne prétende pas que la mise en place d'une juridiction spéciale pose problème, il y a deux solutions:


-Les parlementaires


-Le jugement du magistrat  idéologue en faute  par l'autre ordre  de juridiction (Administratif ou judiciaire)