Que faire pour sauver la Zone euro et l’Euro? Avis sur les propositions de Jacques ATTALI. Préface Gérard Brazon

Publié le 12 Novembre 2011

      Pour ma part, je n'ai aucune sympathie pour cette Europe!  L'Euro n'est qu'un outil auquel rien ne m'attache véritablement comme autrefois le Franc et les effigies de nos personnalités! Mais ce n'est pas suffisant et ne justifie pas une opinion négative.

L'Europe est antidémocratique, envahissante, totalitaire dans ses décisions et ne représente aucunement les peuples bien au contraire vu ses positions face aux différents référendums bafoués !

L'Euro a fait baisser les salaires et augmenter les prix. Il a favorisé les délocalisations en mettant en compétition entres eux, les différents pays européens qui composent cette Europe!

Alors oui, l'Europe était un beau rêve, un bel idéal ! Mais mon Europe est une Europe des Nations qui respecte les souverainetés de chacun et qui ne vient pas nous dire que notre camembert n'est pas conforme!

Trop d'Europe a tué l'Europe dans les esprits et les coeurs! Trop d'Europe liberticide, judiciaire, pseudo droit-de-l'hommiste! Trop de pays devenus européens sans que l'on demande l'avis de ceux qui étaient déjà présents! Une Europe qui s'agrandit, qui coûte, qui se technocratise de plus en plus, et s'éloigne des réalités des européens de la rue depuis l'Estonie jusqu' à la France en passant par l'Espagne et la Slovaquie.

Une Europe qui reste encore sans frontière et compte encore s'agrandir y compris avec des pays qui ne sont pas européens géographiquement comme la Turquie ! Aujourd'hui on parle de fédéralisme! L'horreur absolue, au nom de la finance!

Là aussi on nous explique que l'on n'a pas le choix, que c'est pour notre bonheur, notre protection ! La même ritournelle qui n'a fait que nous appauvrir depuis plus de 40 ans! Trop c'est trop, je ne serai pas chagrin de voir s'effondrer cette Europe et son Euro même si, pour voyager, c'est plus pratique comme ils disent! Mais de moins en moins d'européens ont les moyens de voyager!

Alors pourquoi ne pas reconstruire une autre Europe en respectant cette fois les peuples et leurs cultures! Loin de ce que souhaite Jacques Attali.

Gérard Brazon

********

Pour Jacques ATTALI, il existe quatre solutions face à la crise des dettes souveraines qui menace de faire exploser la Zone euro et d’emporter l’euro.

 

 Attali Dette Publique 18 10 2011

 Ici Jacques Attali lors du colloque sur la dette publique du 18 octobre 2011

1 - La première solution, la pire, consiste à ne rien faire en ignorant les rappels à l’ordre des marchés et des agences de notation.

La Zone euro n’y résisterait pas et l’euro disparaitrait.

J’ajoute que les anciens pays membres de la zone euro retrouveraient leur monnaie nationale et que leurs économies souffriraient individuellement et collectivement bien plus qu’aujourd’hui pendant de nombreuses années.

Je reviendrai sur ce point dans un billet à venir très vite.

Il existe trois voies de sortie de crise qui ne sont pas égales en termes d’efficacité selon Jacques ATTALI.

2 – La monétisation de la dette publique par la Banque centrale européenne, la BCE.

Concrètement, il s’agit de faire fonctionner ce qu’on appelle communément la planche à billet.

Pourtant selon l’article 123 du Traité de l’UE Article 123 (ex-article 101 TCE et article 104 du Traité de Maastricht)

« 1. Il est interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées "banques centrales nationales", d'accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l'Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres; l'acquisition directe, auprès d'eux, par la Banque centrale européenne ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite.

2. Le paragraphe 1 ne s'applique pas aux établissements publics de crédit qui, dans le cadre de la mise à disposition de liquidités par les banques centrales, bénéficient, de la part des banques centrales nationales et de la Banque centrale européenne, du même traitement que les établissements privés de crédit ».

David Mourey 2 18 10 2011

David Mourey et Philippe Herlin lors du colloque sur la dette publique du 18 octobre 2011

Donc, en monétisant, la BCE crée autant de monnaie que nécessaire pour acheter des titres de dette souveraine que les investisseurs-créanciers ne veulent plus acheter. Elle se substitue bien au marché.

Cette action de la BCE permet de soutenir le cours de ces titres et de maintenir de bas taux d’intérêt à long terme sur ces titres.

C’est une solution que proposent certains commentateurs, conformément à ce que fait la FED ou réserve fédérale (la Banque centrale des Etats-Unis), mais c’est une solution qui entrainerait un risque inflationniste très élevé sur les marchés de biens ou services.

Ou encore, du fait de la croissance encore plus forte de la liquidité (Base monétaire puis en partie au moins masse monétaire) dans le monde, cela multiplierait in fine les risques de nouvelles bulles spéculatives sur d’autres catégories d’actifs, avec tous les conséquences financières et économiques que cela implique.

Ce n’est donc pas une bonne solution et j’y reviendrai également.

3 – Le renforcement de la capacité d’emprunt et de prêt du FESF, le Fond (ou facilité) européen de stabilité financière.

Le problème qui se pose est très simple. Le FESF est garanti dans sa capacité à lever des fonds par des Etats excessivement endettés dont la plupart ont perdu le triple A (AAA) ont sont sur le point de le perdre. Cela entraine ipso facto une hausser des couts de l’endettement.

Il en découle que la crédibilité de ce Fond dépend de la crédibilité de ses cautions, des Etas qu’il est sensé soulager en termes de cout d’emprunt.

La crédibilité des Etats étant fort entamée, celle du FESF ne tient vraiment qu’à un fil.

Or, si le FESF perd son triple AAA car les Etats perdent leur triple AAA,  il ne pourra pas financer à des taux suffisamment bas les Etats qui en ont besoin et cela ne permettra pas de résoudre la crise de financement de ces mêmes Etats.

Je reviendrai sur la solution FESF qui clairement ne résout aucun problème durable !

4 – Le Fédéralisme budgétaire par la capacité d’emprunt de l’UE, l’Union européenne

Cette solution est la seule vraie solution. Jacques ATTALI la propose de manière spécifique par rapport à ce que l’on entend habituellement. Il nous rappelle, en effet, que l’UE n’a pas de dette en tant qu’entité publique. L’UE pourrait donc emprunter facilement et à un cout bien moindre que les Etats qui la constituent.

David Mourey 3 18 10 2011

L’UE emprunterait à la place des Etats  et non pas en même temps ! Il me semble donc que, de facto, la dette des Etats n’augmenterait plus sous l’effet de nouveaux emprunts, de nouveaux déficits. Si par ailleurs les taux appliqués à cette dette existante n’augmentent pas, la capacité de désendettement des Etats s’accroit mécaniquement. 

Jacques ATTALI précise que ces emprunts de l’UE, à la place des Etats, serviraient exclusivement à financer des dépenses d’investissement et d’innovation pour faire croitre durablement la croissance effective et la croissance potentielle.

C’est seulement à cette condition que l’endettement devient soutenable car l’Union devient durablement  solvable.

J’ajoute, que si cette solution s’accompagne de l’obligation incontournable pour les Etats de réduire simultanément leur taux d’endettement de manière à ne pas pénaliser la croissance présente et future, alors la mise en place d’un vrai gouvernement économique européen qui en découlerait ressemble clairement à la seule et unique vraie solution possible et indispensable.

Je tiens à préciser qu’on ne peut pas supposer sérieusement que Jacques ATTALI propose implicitement une autre forme de Dette Publique (celle de l’UE) qui viendrait s’ajouter à celle des Etats car il explique depuis des années à travers ses livres et autres interventions quelles sont les menaces majeures qui pèsent sur les Etats et donc sur les économies droguées à l’endettement publique, …  et privé.

Pour toutes ces raisons, sur lesquelles je vais revenir progressivement, je partage ce point de vue de monsieur ATTALI.

Il reste juste à comparer cette proposition de fédéralisme aux autres modalités de fédéralisme proposées par ailleurs par de nombreux économistes depuis des années afin de trouver la meilleure combinaison possible pour l’UE, pour la Zone euro, pour les Etats membres, pour les économies et pour les populations.

A consulter 

Banques françaises : Et si Wall Street avait eu raison ?

AEF, « Les Politiques de Sortie de Crise», Revue d'économie financière REF n° 103

Colloque « La Dette Publique et les Générations Futures » au Cercle Républicain, le 18 octobre 2011

Rencontre avec Jacques ATTALI sur « La Dette Publique et les Générations Futures »

De « L’euro est là et crapoto basta » … à la Crise de l'Euro est là !!!

Crise de la Zone Euro : « Le FESF proche de la transformation »

Zone Euro : « le politique a constamment un temps de retard »

« Sortir de l'Euro ? – Une idée Dangereuse » par Evariste LEFEUVRE

Le Fond européen de stabilité financière, FESF, raconté aux enfants : FESF, MESF, …, MSE

« Le pari risqué de l’Europe » par Charles WYPLOSZ 13 Mai 2010

Quelle Soutenabilité pour les finances publiques de la Grèce ?

« La Grèce : une tragédie européenne », par Jean-Paul Fitoussi 

 

Evolution du Taux de change de l'Euro en Dollar depuis1999

Tendance à l’appréciation de l’euro

Et si l'appréciation de l'euro se poursuivait ?

Appréciation de l'euro et dépréciation du dollar 

 

L'euro fort et l'hétérogénéité de la zone euro

Appréciation de l'euro et « force » d'une monnaie

Euro Fort : Monnaie forte et/ou Economie forte ? 

 

Prévisions de l'OFCE « Va-t-on sortir de la crise ? »

Jean-Paul BETBEZE : « La BCE veut limiter les dommages collatéraux »

Vidéo « Comment sortir du dopage monétaire et budgétaire ? » par Mathilde LEMOINE

Les politiques budgétaires face à la crise selon la BRI-BIS

 

« Quelles stratégies de sortie de crises ? », Grand Débat à Pontault-Combault

Dette publique, déficit budgétaire et politique budgétaire

Dette publique, comportements de consommation et d'épargne

Comment mesurer la dette publique ?

 

Vidéo : ITW Jean-Paul FITOUSSI sur la Zone Euro

Vidéo : Daniel COHEN sur la Zone euro et les Retraites

Reflexions sur « La Liquidité Incontrôlable » par Patrick ARTUS

Agnès BENASSY-QUERE contre Jason DERULO : Conférence ou Showcase

 


 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Europe liberticide

Commenter cet article