Qui entre dans la catégorie des « petites retraites » ?

Publié le 17 Septembre 2014

Mais qui sont les « petites retraites » ? Le montant de 1 200 euros est-il pertinent ?

Le Monde.fr 

1 563 EUROS

La moyenne des pensions était de 1 256 euros en 2011. Mais ils sont seulement 43 % de retraités – soit environ 6 millions de personnes – à toucher moins de 1 200 euros par mois. Par ailleurs, 564 000 personnes touchent une allocation « minimum vieillesse » (rebaptisée depuis 2006 « allocation de solidarité aux personnes âgées » ou Aspa), qui n'est pas une pension de retraite (il ne s'agit pas d'une allocation versée en échange de cotisations, mais d'une aide de l'Etat).

Par ailleurs, la médiane, c'est-à-dire la limite qui sépare la population en deux parties égales, du revenu moyen (intégrant les revenus du patrimoine) s'élève à 1 563 euros. Ce chiffre, proche du revenu médian des actifs (1 712 euros en 2011), tend à montrer que les seniors français sont traités de façon relativement égalitaire par rapport au reste de la population.

« A la fin des années 2000, les plus de 65 ans percevaient en moyenne un revenu correspondant à 86,2 % de celui de la population. C'est en France, en Israël, au Luxembourg, au Mexique et en Turquie, où leur revenu avoisinait 95 % de la moyenne nationale, que les personnes âgées étaient les mieux loties. A l’inverse, en Australie et en Corée, leur revenu représentait à peine les deux tiers de la moyenne nationale », affirme l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Et les services publics de santé améliorent aussi le revenu des retraités, ajoute l'OCDE. C'est particulièrement vrai en France, où cesservices accroissent leur revenu de près de 18 %, contre 16 % enSuède.

Pierre et pauvreté

Le Conseil d'orientation des retraites s'est penché sur la question du dénuement des retraités en début d'année et sur les écarts entre « petites » (autour de 1 000 euros) et « grosses » retraites  (de 2 000 à 3 000 euros) : pour la tranche d'âge de 65 ans et plus, le taux de pauvreté a diminué depuis 2010 pour atteindre 9,3 % en 2011.

« Des années 1970 au milieu des années 1990, le niveau de vie des plus de 65 ans, porté par des retraites de plus en plus complètes, avait progressivement rattrapé celui des personnes d'âge actif. Depuis 1996, en moyenne, les niveaux de vie des plus de 65 ans et des personnes d'âge actif évoluent parallèlement »soulignent Céline Arnold et Michèle Lelièvre, de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques.

Alors que les salaires des actifs augmentent plus vite que les pensions, la pierre permet notamment aux retraités de ne pas voir l'écart de revenus se creuser. En effet, en France, les trois quarts des retraités possèdent leur logement. 

En 2009, en tenant compte des loyers imputés (c'est-à-dire l'équivalent de ce qui serait versé si les personnes étaient locataires), le taux de pauvreté s'élèverait à 13,8 % pour les personnes actives contre seulement 8 % pour les personnes âgées – à comparer à 12,8 % contre 10,4 % lorsque l'on n'en tient pas compte, ont calculé les chercheuses.

Renforcement des inégalités chez les personnes âgées

Mais les situations individuelles sont plus contrastées, en raison notamment de l'augmentation des revenus de patrimoine, un phénomène particulièrement marqué chez les personnes âgées.

On voit sur le graphique suivant que les 20 % des ménages âgés les moins dotés (les deux premiers déciles) en patrimoine, hors immobilier, détiennent 90 % de leur richesse sous forme de livrets. Ces derniers offrent moins de revenus que les valeurs mobilières, comme les actions en Bourse par exemple, qui sont privilégiées par les ménages plus aisés.

Patrimoine financier des ménages âgés (65 ans et plus) par tranche de patrimoine brut total détenu

Dans le même temps, les personnes âgées sont de plus en plus présentes dans la partie la plus pauvre de la population. « La pauvreté des seniors reste concentrée – et s'est même accrue – chez les femmes de plus de 75 ans, souvent veuves et qui, sur les générations concernées, ont peu travaillé », expliquent Céline Arnold et Michèle Lelièvre.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Pivoine 18/09/2014 19:30


Et pendant ce temps, on préfère donner + de 600 € à des étrangers n'ayant jamais cotisé en France !