Qui veut casser l'histoire de France? Le mondialisme et le multiculturalisme sans doute...

Publié le 28 Août 2012

Source Le Figaro

Le maréchal Pétain lors du défilé de la Victoire, le 14 juillet 1919. Plusieurs ouvrages oublient d'évoquer son rôle lors de la Première Guerre mondiale.

L'escamotage des maréchaux Foch et Joffre dans les manuels de troisième fâche les historiens.

Mais où sont passés les héros de la Grande Guerre? Pas de trace de Foch, Joffre, voire du rôle du maréchal Pétain, vainqueur de Verdun, dans les nouveaux manuels d'histoire de troisième… En revanche, plusieurs d'entre eux développent sur deux pages pleines le génocide arménien de 1917, l'œuvre du peintre expressionniste allemand Otto Dix ou encore la bataille de Verdun, mais sans citer le maréchal Pétain.

Des choix éditoriaux qui ne sont pas du goût d'Hubert Tison, secrétaire général de l'Association des professeurs d'histoire-géographie. «Dans plusieurs manuels, Philippe Pétain n'apparaît que dans le chapitre sur la Seconde Guerre mondiale. Comment comprendre son arrivée au pouvoir sans avoir évoqué le héros de la Première Guerre mondiale?», lance-t-il. Il y a mieux: chez Hachette, aucun général français n'est cité mais dans le chapitre sur Verdun, c'est celui du général allemand von Falkenhayn qui seul apparaît. Un choix surprenant… Chez Belin, l'armistice de Rethondes est signalé, quand à apprendre que c'est le maréchal Foch qui l'a signé…

Rénovation des programmes

Les éditeurs invoquent la rénovation des programmes lancée par les ministres de l'Éducation Xavier Darcos et Luc Chatel. En cette rentrée 2012, la totalité des classes bénéficie de ces nouveaux programmes, puisqu'ils arrivent en troisième et en terminale, avec de nouveaux manuels. En fin de collège, les élèves auront donc balayé une période allant de l'Antiquité à nos jours. Dans le programme de troisième, il est bien précisé que doivent être notamment étudiés le génocide arménien et la guerre des tranchées. Et pour la seconde, les camps de la mort, la bataille du Pacifique ou Stalingrad.

Au ministère, on temporise: «Il est évident que dans le traitement de la Première guerre mondiale, l'enseignant fera référence à ces figures de l'histoire, même si ce n'est pas dans le manuel.»

L'impasse sur le Débarquement

Autre fait étonnant: la Résistance et le régime de Vichy sont traités à la fin de l'ouvrage, au chapitre 10, soit après la construction européenne et la guerre du Golfe, alors que la Seconde Guerre mondiale est traitée au chapitre 4… «C'est la particularité de ce programme, qui est à la fois chronologique et thématique», explique Valérie Perthué, responsable éditoriale des sciences humaines chez Hatier, qui précise que les maréchaux de la Grande Guerre n'étaient pas non plus présents dans les précédents manuels!

Reste que le traitement de la Seconde Guerre mondiale, centré autour des quelques exemples comme la bataille de Stalingrad, les camps de la mort et la guerre du Pacifique, fait l'impasse, dans la plupart des ouvrages à l'exception de Belin, sur des événements essentiels comme le Débarquement. Et ce n'est que plusieurs chapitres plus tard que les collégiens y découvriront le rôle du général de Gaulle.

«Si l'on se rend compte que certaines impasses existent, on pourra le compléter par des documents d'accompagnement», lance-t-on à l'Éducation nationale. Et de conclure que «le développement d'Internet devrait permettre de passer à une nouvelle génération de manuels, plus centrés sur la chronologie, avec des liens vers des documents accessibles sur Internet». Et peut-être plus légers pour nos enfants et moins chers pour nos portefeuilles…

» Qui veut casser l'histoire de France?

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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