Qui Veut d'une Palestine au Moyen Orient ? Obama et l'Iran - Par Albert Soued

Publié le 11 Février 2014

Par Albert Soued

Dans les années 40, en Egypte, le 11 février était un jour de congé, à la grande joie des écoliers. C'était l'anniversaire du roi Farouk et partout on festoyait. C'est le jour choisi par Moubarak pour quitter le pouvoir en 2011, sous la pression de la rue et des militaires.

En 2014, le maréchal Sissi, fervent musulman, entreprend de réformer à la fois son pays et sa religion. Lourde tache et on ne peut lui souhaiter que le succès, mais les extrémismes sont au coin de la rue. Ils s'appellent "Frères Musulmans", al Qaeda, …

Hamas. Pour entreprendre sa tache, Sissi a besoin de tranquillité aux frontières et ladite Palestine, dominée par le Hamas, sera certainement une source d'instabilité.

 

Abdallah II, le roi de Jordanie, qui règne sur une population à 60% d'origine palestinienne ne souhaite pas que sa frontière sur le Jourdain soit contrôlée par un nouvel état palestinien. Son père Hussein a signé un accord de paix avec son voisin Israël et Abdallah II recherche aussi la stabilité à l'Ouest, faute de l'avoir au Nord (Syrie) et à l'Est (Irak). La Jordanie ne veut pas d'une nouvelle Palestine, elle l'a chez elle.

 

En Cisjordanie, de nombreux Arabes de l'Autorité Palestinienne sont aujourd'hui plus à l'aise économiquement qu'à l'époque de Yasser Arafat et trouvent des emplois dans les implantations israéliennes. Ils ne souhaitent pas la domination d'un Hamas, allié à l'Iran, ce qui ne saurait tarder, en cas d'indépendance politique. Ils préfèreraient un rattachement éventuel à la Jordanie voisine. Mais la Palestine désirée par la majorité des Arabes est celle du Mandat britannique, ce qui suppose la disparition d'Israël. Pour cette raison, pour la majorité des Israéliens, une Palestine arabe ne peut pas être totalement souveraine.

 

L'Arabie assiste depuis 5 ans à la décomposition du monde sunnite sous la pression du président américain Obama; après la Tunisie, ce fut le tour de l'Egypte et de la Lybie; puis le Yémen et la Syrie. Aujourd'hui le chaos règne dans tous ces pays, malgré que la Tunisie et l'Egypte se soient ressaisies. Et, impuissante, l'Arabie sent que son tour approche, si jamais Israël était déstabilisé par la création d'une "Palestine" en son sein.

 

Alors qui veut d'une Palestine au Moyen Orient ?

 

En négociant de faux-accords avec la minorité shiite syrienne pour éliminer son arsenal chimique et avec l'Iran pour arrêter sa course vers l'arme nucléaire, le gouvernement américain a ouvert la voie à la domination du Moyen Orient par la shia'h au détriment de la sunna, c'est à dire l'axe shiite Iran-Irak- Syrie alaouite des Assad-Liban du Hezbollah. Parce que la Syrie gardera ses armes chimiques et biologiques et l'Iran a ou aura sa bombe, cet axe aura une hégémonie régionale de fait.  

 

Depuis qu'il est parvenu au pouvoir aux Etats-Unis, nous nous sommes demandés laquelle des 2 obédiences de l'Islam, sunna (voie régulière des califes) ou shia'h (dissidence des imams), Obama allait favoriser, soutenir et installer. Au départ, après l'obséquieux baiser de la main du roi d'Arabie, Abdallah, nous avons cru qu'Obama s'orientait vers une alliance avec une hégémonie sunnite au Moyen Orient. Mais au fur et à mesure des développements politiques et d'une meilleure connaissance de l'idéologie qui a façonné l'esprit de l'étudiant Obama -- nous voulons parler des idées révolutionnaires de Saul Alinski -- nous nous sommes orientés vers une hypothèse plus adaptée qui se confirme dans le déroulement des évènements.

 

Pour Saul Alinski, le changement ne peut être obtenu qu'après une agitation, des troubles, un chaos social, en s'appuyant sur l'insatisfaction, le mécontentement, la frustration, en brandissant une "cause morale" et en dramatisant les anomalies sociales et les injustices, jusqu'au point de rupture. Il faut ainsi déstabiliser l'ordre établi, choisir un ennemi et le "démoniser", en agitant une cause morale puis une autre.

Construire un ordre nouveau après avoir détruit l'ancien ressemble étrangement à l'eschatologie apocalyptique de la shia'h. Le Mahdi, celui qui montre la Voie aux shiites, sortira du puits pour régner sur un monde qui aurait été auparavant détruit et nettoyé des impuretés.

 

Et quoi de plus noble et plus moral que la "cause palestinienne"… Avec l'état dit "Palestine", Obama, avec l'aide de Kerry, et les ayatollahs d'Iran ouvrent la voie à la déstabilisation et à la destruction d'un des derniers îlots de paix et de prospérité au Moyen Orient, Israël.

 

Israël doit être conscient d'une telle menace et ses dirigeants doivent trouver la force et la détermination pour la neutraliser.

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Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique étrangère

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