Référendum grec : les dirigeants européens peuvent-ils continuer à bafouer la démocratie ?

Publié le 7 Novembre 2011

 par Fabrice Letailleur - Riposte Laïque

En démocratie on ne peut pas gouverner  sans se soucier de la réaction de son  peuple aux mesures que l’on lui impose. Depuis des mois, la Grèce est constamment humiliée, montrée du doigt par les dirigeants de la bien-pensance, nos élites arrogantes, méprisantes  alors qu’elles sont responsables de la situation économique et financière dans laquelle ils ont conduit tous les peuples des pays Occidentaux.

Les États ont été gérés  pendant des décennies de façon catastrophique  par des Gouvernements de droite et de gauche qui ont creusé  les déficits publics  en empruntant sans compter sur les marchés financiers  pour créer une croissance artificielle et ils s’étonnent aujourd’hui  que les Peuples se révoltent et ne veulent pas payer la dette abyssale qu’ils leur lèguent .

Le couple franco allemand Sarkozy -Merkel  avait oublié que les Peuples de la zone euro n’avaient pas perdu totalement leur souveraineté. Le premier Ministre George Papandréou, critiqué par de plus en plus de Grecs  qui lui reprochaient son alignement   sur les mesures d’austérité insoutenables imposées par  la troïka EU/ FMI /BCE  pour éviter que la Grèce sorte de la zone euro. La Grèce est en faillite et ne pourra pas rembourser sa dette souveraine. Les dirigeants de la zone euro s’imaginaient que les Peuples continueraient à avaler des couleuvres et accepteraient sans rechigner de se plier au diktat des institutions internationales que  sont le FMI/ L’EU et la BCE.

Devant une telle impasse sur le plan politique intérieur  le gouvernement Grec n’avait pas d’autre choix que de consulter par la voie référendaire son Peuple pour qu’il se prononce sur le plan de sauvetage de la Grèce qui n’ est en fait qu’un plan servant à sauver l’euro d’un naufrage inéluctable.

Il est nécessaire de rappeler que Georges Papandréou dispose d’une faible majorité de 153 députés au  Parlement (sur 300 sièges), et fait face à une montée des oppositions au sein de son propre parti. La date du référendum n’a pas été fixée mais il devrait être organisé d’ici quelques semaines, une fois le plan finalisé, a précisé le chef du gouvernement.

Il a, en outre, demandé un vote de confiance pour avoir le soutien nécessaire afin de poursuivre sa politique pour le reste de son mandat qui se termine en 2013.

George Papandréou a donc annoncé contre toute attente des  instances européennes  sa décision de s’en remettre à la plus noble des consultations en régime démocratique le référendum populaire.

Les bourses européennes ont dévissé à cette annonce du Gouvernement Grec de demander à son peuple de se prononcer sur ce plan de sauvetage.

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/11/01/97002-20111101FILWWW00259-le-cac-40-chute-a-l-ouverture.php ethttp://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/11/01/97002-20111101FILWWW00261-footsie-et-dax-en-nette-baisse.php

« Si les Grecs n’en veulent pas, il ne sera pas adopté », a déclaré le Premier ministre à des élus du Parti socialiste (Pasok) au pouvoir. « Nous faisons confiance aux citoyens. Nous croyons en leur jugement. Nous croyons en leur discernement », a-t-il ajouté.

Sarkozy va téléphoner à Merkel pour savoir comment les dirigeants de la zone euro doivent réagir à une décision qui remet en cause le plan qu’ils avaient échafaudé ensemble pour mettre au pas le peuple Grec, comme si celui-ci était responsable du désastre économique et financier dans laquelle se trouve la zone euro.

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/11/01/97002-20111101FILWWW00282-grece-sarkozy-va-telephoner-a-merkel.php

Il faut saluer George Papandréou pour avoir eu le courage de  consulter son peuple car  il redonne à la démocratie une image qui avait été écornée  ces dernières années par un grand nombre de Gouvernements qui voulaient forcer leurs concitoyens à subir des décisions politiques avec lesquelles ils étaient en désaccord. Rappelons-nous le vote des Français qui avaient rejeté en 2005  à  54,67 % le traité constitutionnel européen et que Nicolas Sarkozy, à peine élu en 2007, avait fait approuver en février 2008 par la voie parlementaire sous le nom de traité de Lisbonne.

Première réaction politique en France : celle d’Estrosi pour qui c’est « irresponsable » de demander la parole au peuple grec avec tout ce que Sarkozy et Merkel font pour les aider, et puis le peuple grec risque de voter avec « irrationalité » !

A écouter absolument sur http://www.france-info.com/chroniques-tous-en-campagne-matin-2011-11-01-la-classe-politique-reagit-au-projet-de-referendum-en-grece-572384-9-508.html

Il paraît que Sarkozy est « consterné » et « irrité » par cette annonce. Donc on a une première idée de la réaction côté UMP-Sarkozy.

Le député Dupont-Aignan approuve ce referendum et voici ce qu’il disait sur BFM-TV

« Quand Monsieur Sarkozy ou Madame Merkel sont aujourd’hui consternés parce que l’on fait appel au peuple, sont ils dignes d’exercer des fonctions de chefs d’ État élus au suffrage universel ? […] Papandréou a un réflexe de dignité […] et heureusement parce que autrement, ça finirait dans le sang en Grèce ».

Mélenchon approuve le référendum : http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/11/01/97002-20111101FILWWW00291-grece-minimum-de-democratie.php

On va retrouver le bon vieux clivage du temps du TCE, et si ça se trouve ça va diviser le PS.

En plus c’est un beau sabotage du G20 où Sarkozy-Merkel s’apprêtent à nous expliquer que tout vas bien, que l’Euro est sauvé, etc.

Le socialiste Pierre Moscovici a réagi à l’annonce de la tenue d’un référendum en Grèce sur l’accord européen. « Les Grecs ont le droit de choisir leur destin ! » déclare-t-il, avant d’ajouter que « derrière tout ça, il y a un procès qui peut être fait, c’est celui de l’Europe elle-même, de ses tergiversations, de ses incertitudes (…) cela fait tout de même 18 mois qu’on pressure ce pays, ses dirigeants (…) il est donc assez logique qu’à un moment donné Georges Papandréou cherche une forme de vaccination populaire ».

Mais curieusement il n’évoque pas le fait que les Français n’aient pas le « droit de choisir leur destin » sur toutes ces affaires.

La présidente du Front National Marine Le Pen a estimé que le référendum grec sur le plan d’aide à ce pays était « la moindre des choses » et constituait « aussi un moyen de préparer la sortie de l’euro« . Comme on lui demandait son sentiment sur l’annonce surprise d’un référendum grec sur le plan de sauvetage de ce pays élaboré la semaine dernière à Bruxelles, Mme Le Pen a répondu sur i-TELE: « C’est la moindre des choses, je défends le référendum (…) c’est au peuple de décider son avenir et non pas à quelques technocrates ». « Chacun est conscient que l’euro n’est pas viable mais personne ne veut prendre la responsabilité de le dire« . « Peut-être attendent-ils que la Grèce, sacrifiée sur l’autel du dogme de cette monnaie, le dise », a conclu la présidente du FN.

Réunion à l’Élysée à 17 heures : http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/11/01/97002-20111101FILWWW00308-grece-reunion-a-lelysee-a-17-heures.php

Silvio Berlusconi : http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/11/01/97002-20111101FILWWW00310-grece-choix-inattenduberlusconi.php

Banques allemandes : http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/afp_00394378-le-referendum-grec-est-tout-sauf-un-cadeau-banques-allemandes-242209.php

François Lenglet : http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=gQU_6KFW8lg

D’après François Lenglet l’accord de Bruxelles du 26 octobre 2011 sera remis en cause et que la Grèce va s’orienter vers un défaut de paiement plus important et que sa sortie de l’Euro deviendra la seule voie qui devrait  lui permettre de retrouver des marges de manœuvre pour relancer son économie totalement anémiée par les mesures drastiques imposées par la troïka  FMI EU et la BCE.

Fitch : http://www.europe1.fr/Economie/Fitch-un-non-au-referendum-une-menace-795663/

Réaction d’Olivier Delamarche :www.dailymotion.com/video/xm2p4j_olivier-delamarche-il-faut-virer-les-banquier-01-11-2011-bfm-business-11-novembre-2011_news

Pour I-Télé, l’annonce de ce référendum est une catastrophe pour Sarkozy. Non seulement ça met en suspend le pseudo-accord de jeudi dernier obtenu à l’arrache, mais ça va saboter son G20.

Et c’est d’autant plus vexant que Sarkozy et Merkel ont appris la décision de Papandréou par la presse. Il ne les avait  pas prévenus…

Autre signe d’inquiétude : la BCE achète en masse de la dette italienne…

Et tempête sur les bourses, surtout sur les valeurs bancaires :http://www.bfmtv.com/video-infos-actualite/detail/referendum-en-grece-tempete-sur-les-bourses-1851914/

A part, tout va bien selon Van Rompuy et José Manuel Barroso, dans un bel exercice de langue de bois : http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/11/01/97002-20111101FILWWW00334-l-ue-a-confiance-dans-la-grece.php

La chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy vont rencontrer mercredi à Cannes les représentants des institutions européennes et du FMI et, séparément, les responsables grecs, a annoncé l’ Élysée : http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/11/01/97002-20111101FILWWW00361-grece-reunion-a-cannes-mercredi.php

Bref,  c’est la panique générale. Le bateau tangue et les dirigeants de la zone euro se retrouvent  à  la case départ.

On ne peut pas impunément bafouer  la démocratie sans en payer un jour le prix. Les Gouvernements ont  toujours eu peur de la réaction de leurs peuples et ils se trouvent maintenant  au pied du mur. Peut-on en démocratie passer en force contre la volonté populaire ? La question se pose avec le plus d’acuité aujourd’hui.  Nous ne sommes pas dans un régime de dictature pour faire passer en force des mesures impopulaires et surtout incomprises et tellement injustes  qui risquent de mener à des réactions violentes des peuples qui seraient entièrement légitimes.

Quand on n’est pas soutenu par le Peuple, la seule issue qui peut éviter des actes désespérés, c’est de provoquer des élections anticipées ou de le  consulter par voie référendaire. Les dirigeants  n’échapperont pas à cette alternative s’ils veulent que la politique retrouve une légitimité perdue  dans un monde dont on en sait comment il va basculer.

Fabrice LETAILLEUR

Voir son blog

http://lebloglaicdechamps.over-blog.com/

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Europe liberticide

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Alice Felquin 08/11/2011 09:49



Bonjour,


J'ai lu votre mail/torchon/bêtise... Concernant Charlie-Hebdo, les Arabes, l'Extrême Droite... Exprimez ce que vous voulez, mais - essayez - au moins, de le faire sans fautes, ce sera déjà plus
digeste...



Epicure 07/11/2011 21:54



L'Appel au Peuple? Une foutaise démagogique visant à le faire voter comme certains dirigeants le désirent et l'organisent: on peut faire des modes d'élections (et les découpages) en fonction du
but désiré...ça n'est pas forcément sûr mais montrez moi un vote qui ait viré des despotes sans appel?


Ahmadinedjad a trafiqué son élection, bien sûr ! OK. Mais combien a-t-il réellement eu? 44% 45% 42?.....Alors?  Alors, dans n'importe quelle démocracie c'est celui qui a 40 et plus qui
gouverne inexorablement par le jeu des alliances et la Tunisie et la Lybie ou l'Egypte et Où vous voudrez ailleurs... ne sera pas différent...Et uen fois au pouvoir on continue de conditionner
(et de réprimer en douce ou violemment) et le résultat est qu'ainsi rien ne fonctionne ..
Alors arrêtez de nous bassiner avec votre peuple aux urnes!


Il faut CASSER le Système et rrouver un autre mode:


Contrat de Principes intangibles ouvrant la candidature et tirage au sort des compétences expérimentées dans la société civile Pour 5 ans avec responsabilisation et contrôles tous les six mois
par des commissions du même type (pas une cour des comptes par les copains et sans capacité de sanction immédiate.). etc...vous voyez les élus scier la belle branche sur laquelle ils ont installé
des hamacs renforcés en tissus inusables et matelassés?


merci