Religion: "Le Paraclet", histoire d'une usurpation!

Publié le 4 Novembre 2010

            En marière de religion, je ne suis guère un spécialiste. Pour autant, un ami suisse Philippe Boehler, me fait parvenir ce que l'on pourrait considérer comme un abus des "docteurs" en islam désirant trouver un lien en Mahomet et Jésus. C'est un débat de spécialistes certes, mais il est bon de mieux connaître ceux qui prétendent nous asservir au nom d'un prophète contesté par beaucoup.

Gérard Brazon

"Le Paraclet "

La prophétie du " Paraclet " s'applique-t-elle à Muhammad ? 

           Les chrétiens croient que le mot " paraclet " (parakletos, en grec ) désigne l'Esprit-Saint de Dieu. Cet Esprit vient habiter dans toute personne qui confesse que Jésus-Christ est Sauveur, et l'aide à lutter contre le péché.

          L'islam suggére que l'annonce de la venue du Paraclet s'est accomplie en Muhammad. Le musulman croit à un tel accomplissement prophétique car il est écrit, dans la Sourate du Rang (Al Saff ) 61.6, de l'an 3 de l'Hégire : " Et quand Jésus fils de Marie dit : O Enfants d'Israël, je suis vraiment un messager de Dieu à vous... annonciateur d'un messager à venir après moi dont le nom sera AHMAD. Puis celui-ci vient à eux avec des preuves, ils disent : "C'est de la magie manifeste ! ".  ( En arabe, les noms aHMaD " plus loué " et muHaMmaD " très loué " ont le même radical et des sens voisins ).

          Voilà la raison pour laquelle les musulmans affirment que ce texte est une prophétie à peine voilée, faite par Jésus et s'accomplissant en Muhammad.  Nous ne ferons pas ci-dessous un exposé théologique. Comme l'on  peut aisément le constater, il existe, entre le christianisme et l'islam une différence structurelle dans la conception même du prophétisme.

           Pour le chrétien, le prophétisme se trouve tout entier incarné dans la personne de Jésus-Christ et relayé par les membres de son corps mystique l'Eglise ; pour l'islam il n'incarne pas la Révélation en la personne de Muhammad ( celle-ci s'incarnant dans le Coran ), c'est Muhammad qui est le point final de la Révélation. Il y a là un fossé théologique.

           Le fait que le prophétisme ne soit pas conçu comme une histoire, mais comme une succession de personnages au message répétitif, a constitué un gros obstacle aux historiens de Muhammad. Pour s'insérer dans la succession des prophètes bibliques et tenir sa place de prophète absolu, il fallait absolument que Jésus prédise la venue de Muhammad. Il fallut donc à ces historiens imaginer  une lecture des textes bibliques pouvant le prouver. 

      Les penseurs coraniques s'y employèrent avec beaucoup d'ardeur et imagination. Ibn Hichâma ( mort en 833 - 834  - deux cents ans après la mort de Muhammad ) appliqua le titre de parakletos ( le consolateur ) à Muhammad en citant les textes de Saint Jean ( 15, 26 et 16, 7 à 13 ). Et pour que le terme ait le sens du surnom de Muhammad ( en rapport avec l'action de louer ), on le prononça non plus paraklètos, mais periklytos car en grec, et contrairement à l'arabe, toutes les voyelles s'écrivent dans le texte. Par conséquent, pour changer paraklètos en periklytos, il faut altérer trois lettres écrites.

          Mais il n'existe aucune preuve textuelle d'une telle lecture. Aucune copie de l'Evangile de l'évangéliste Jean, depuis la plus ancienne qui remonte à l'an 170 - 200 environ, jusqu'aux plus récentes, ne posséde le mot periklytos à la place du mot parakletos.

          Un papyrus datant de l'an 200 ap J.C montre précisément le mot PARAKLETOS. Sur ce même document de l'évangile de Jean, on s'aperçoit que le verset 16 a été partiellement endommagé : on peut lire " PARAKL...N " ( fléche du bas de l'image ci-dessus ). Sur ce mot grec on distingue encore cependant très clairement deux voyelles controversées sur trois " la désinence finale " ON " indique un complément d'objet direct, exprimé par un accusatif. Les traducteurs arabes n'avaient-ils qu'une médiocre connaissance de la grammaire grecque ?
Un point de vue linguistique enfin, bien que le mot periklytos qui signifie célèbre ou renommé, apparaisse dans l'Illyade et l'Odyssée du grand poète Homère du 10e siècle av J.C, nous n'avons aucun texte de l'emploi de ce mot, ni d'un mot de la même famille, dans le grec koïné, cette langue dans laquelle ont été écrits le Nouveau Testament et la Septante grecque de l'Ancien Testament.

    Le mot periklytos ne repose donc sur aucune justification textuelle ou linguistique.

    Mais on formule encore une objection : " Le texte existait initialement dans les autres récits évangéliques et a été supprimé ". Encore là il n'est avancé aucune preuve, ni de l'existence d' un texte, ni bien sûr de sa suppression.

 

                L'islam croit pouvoir affirmer que les premiers chrétiens auraient supprimé une prophétie concernant la venue de Muhammad ! Ces premiers chrétiens pouvaient-ils savoir que plusieurs siècles après eux viendrait un homme Muhammad, ce qu'il dirait, ce qu'il ferait et quelle serait sa doctrine ?

 

              Conclusion : Suite à cette démonstration reposant sur des preuves écrites non fabulatrice, n'est-il pas honnête d'admettre que les explications et interprétations coraniques sont une captation abusive et erronée des textes grecs et de l'évangéliste Jean ( mort entre 98 et 117 ), apôtre de jésus qui put transmettre oralement  son évangile à son disciple saint Polycarpe ( né vers l'an 70, martyr vers l'an 155 ) qui le transmit oralement à saint Irénée ( 130 - martyr vers 200 - 208 ) 1er évêque de Lyon - France, dont toute une correspondance manuscrite nous est connue. Il ne manque aucun anneau à la chaine de transmission des Evangiles de Jean jusqu'à nos jours 2007 ). 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Histoire de France

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