Religion: Tout ou presque sur le Halal et le Casher.

Publié le 3 Août 2010

 

halal -kasher 

 

Agréés par l’Etat français en 1981

Il conviendrait, dans le déferlement des bonnes âmes qui s’insurgent contre les abattages «rituels» certifiés « halal » de ne pas oublier que les premiers «sacrificateurs » ont été agréés en 1981 par l’Etat français et désignés par le rabbinat. Il s’agissait alors de certifier la viande « kasher »… Ce n’est que dans les années 1990 que des « sacrificateurs» ont été certifiés « halal » par la mosquée de Paris puis celle de Lyon.

Respectant donc cette chronologie « officielle », qu’en est-il de la viande « kasher » ?
Il s’agit d’une viande qui doit provenir d' « animaux purs » (mais toutes les parties de ces animaux ne sont pas autorisées à la consommation), ne présentant aucun défaut de constitution, de maladie ou blessure, abattus suivant les rites, viande dont tout le sang devra en avoir été éliminé ; Ce afin de respecter la « loi » : « Vous ne mangerez rien avec du sang »
(Lévitique XIX, 26),
« Tiens ferme à ne pas manger avec le sang, car le sang, c'est l'âme, et tu ne dois pas manger l'âme avec la chair. Tu ne le mangeras pas afin qu'il t'arrive du bonheur, ainsi qu'à tes fils après toi, parce que tu auras fait ce qui est droit à Mes yeux »

(Deutéronome, XII, 23 et 25).

De « l’abattage »…

 « La bête, ou la volaille, est abattue par le « Cho'het » à l'aide de son couteau spécial, le Halaf, dont la lame ne doit présenter aucune aspérité. Le Cho'het devra trancher d'un coup la carotide et la trachée artère.
Tout animal non abattu ainsi - mort naturellement, tué accidentellement ou par un prédateur (« Vous serez pour Moi des hommes saints, vous ne mangerez pas une bête déchirée dans les champs » Exode XXII, 30) - est qualifié de Névèla (cadavre) et donc interdit à la consommation.

Après examen interne, en particulier des poumons selon les surveillances «
lamehadrin » ou « loubavitch », destiné à déterminer si aucune lésion ne rend l'animal « Taref », c'est-à-dire malade au point d'en mourir dans l'année, on extrait certaines parties du corps interdites à la consommation (certains vaisseaux sanguins, des parties graisseuses, des entrailles, des muscles de la hanche, le nerf sciatique). C'est le « Ménakère » qui effectue le « Nikour » (extraction)…

On considère habituellement que seuls sont consommables les morceaux au-dessus de la 14ème côte
http://www.123cacher.com/fr/manger-cacher/abbatage-viande-cacher.html

 

De la « cachérisation » de la viande
Le fait de retirer le sang de la viande avant de la consommer est l'une des exigences essentielles des lois alimentaires. Ce n'est donc pas un simple acte rituel.
"Tiens ferme à ne pas manger le sang, car le sang c'est la vie, et tu ne consommeras pas la vie avec la chair"
(Deutéronome, XII, 23).

Pour retirer le sang de la viande, de la graisse ou des os, ainsi que l'exige le Beth Din, on aura recours à la méthode du
salage ou à celle du grillage. Le foie, lui, sera toujours cachérisé par le grillage. Tant que la viande n'est pas cachérisée, on ne devra la mettre dans aucun récipient (ou endroit) Cacher. De même si l'on doit utiliser un couteau, il vaut
mieux en avoir un réservé à cet usage.

http://www.123cacher.com/fr/manger-cacher/cacheriser.html

Il ressort que le code alimentaire du judaïsme (kashrout) interdit tout étourdissement préalable de l’animal avant son abattage. Précisons qu’aucune religion ou croyances n’établissent avec autant de rigueur des critères de pureté alimentaire. Et que l’étourdissement préalable est « obligatoire dans l'union européenne pour diminuer la souffrance de l'animal. La viande casher est donc, a priori, interdite par la législation européenne.
Cependant, dans un souci de tolérance vis-à-vis des groupes religieux, certains pays ont mis en place un régime de dérogation pour ce qu'ils appellent l'abattage rituel :
Directive 93/119/CE de la Communauté Européenne.

Dans la pratique, la situation est différente suivant les pays et évolue dans le temps. La Norvège (depuis 1930), la Suède (depuis 1938), l’Islande, la Suisse (depuis 1893), la Grèce, le Luxembourg et six provinces d’Autriche n’autorisent aucune dérogation.
La viande casher est donc interdite ; en revanche, il est souvent permis d'en importer.
Le cas de la Suisse est encore plus compliqué car l'importation est seulement autorisée pour la communauté israélite (la viande vient exclusivement de Besançon en France voisine.

En Allemagne, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, et au Danemark, on observe une remise en cause de ces exemptions. En France et en Belgique, les associations de protection animale comme l’OABA tentent de sensibiliser l’opinion mais sans succès jusqu’ici. En Espagne, Irlande, Italie, il y a une dérogation sans débat public. »

http://fr.wikipedia.org/wiki/Cacherouth#Abattage_rituel

Et du côté du « halal » ?
Pour être qualifiée « Halal », la viande doit provenir d’un animal qui n’est pas « Haram » (proscrit, comme la viande de porc); elle doit également provenir d’un animal qui a été abattu par un musulman qui coupe la gorge de l’animal, tranchant la carotide et les jugulaires, pour le saigner à mort en dirigeant la tête de l’animal vers la Mecque; et celui qui sacrifie l’animal doit prononcer les mots « Bismilla Rahim oua Allah Akbar » (Au Nom de Dieu, Dieu est Grand). En islam, les interdits religieux dans l’ « ordre alimentaire » sont bien moindre que du côté du « kashrout »…

Depuis 1980 un décret stipule que les animaux ne peuvent être sacrifiés rituellement que par des personnes “qualifiées par des organisations religieuses reconnues”; et ces organisations doivent être “enregistrées par le ministère de l’Agriculture, sur proposition du ministère de l’Intérieur”. Le décret précise que “si aucune organisation n’a été enregistrée”, le préfet du département peut accorder des “autorisations individuelles”.

Il en fut ainsi pendant plus de dix ans, les préfets de régions donnant à plusieurs centaines de “sacrificateurs” l’autorisation de tuer des bœufs, moutons et poulets pour « les musulmans de France »…
Passons sur les aspects techniques de l’abattage rituel, aspects qui font pleurer des larmes de crocodile dans les chaumières. Nous y reviendrons…

Fort du « Dis moi ce que tu manges je te dirai qui tu es », le marché « halal » attire bien des appétits… Ce marché est estimé à 5,5 milliards d'euros pour 2010, selon une étude du cabinet de conseil Solis, contre environ 3 milliards il y a cinq ans.



Des chiffres qui rappellent que la France « accueille » la communauté musulmane la plus nombreuse d'Europe, avec 5 à 6 millions de membres, originaires pour la plupart des anciennes colonies françaises d'Afrique et du Maghreb. Il n’est donc pas impossible que le marché « halal » dépasse sous peu le « bio » dans les supermarchés, ce qu’affirme joyeusement Hakan Cetin, responsable commercial d' « Oz pa », spécialiste des confiseries « halal » garantissant ses sucettes, biscuits et autres sucreries « sans gélatine de porc ».
Une demande qui ne cesse de progresser.

Aucun produit n’ échappe au « halal » : Coca halal, petits pots pour bébé, saucisse cocktail de poulet , plats cuisinés, boeuf aux haricots en conserve, sans oublier la terrine de canard, arrosée comme il se doit d’un champagne sans alcool étiqueté « halal »...

L’ « identité » s’affirme dans l’assiette !
Authentique aspiration religieuse ? Rien n’est moins sûr…
Pour les plus exigeants la véritable viande « halal » ne représenterait que 10% au plus de la viande labellisée « halal »… point sur lequel sont – une fois n’est pas coutume – d’accord, chefs de la communauté musulmane et experts français.

Et les commentaires vont bon train…

« Larbi Kechat, le recteur de la mosquée “Ad Dawa”, l’un des plus grands lieux de culte musulman de Paris, connu sous le nom de mosquée de Stalingrad, admet qu’un “très grand pourcentage de magasins vendent de la viande qui n’est pas vraiment “Halal”.
Pourquoi?
“ Parce que tout le monde sait que l’Islam rapporte de l’argent. Ces gens veulent s’enrichir à n’importe quel prix”.

Ahmet Bakjan, secrétaire général de l’Union Islamique de France, qui supervise l’une des deux petites “mosquées” turques du Faubourg Saint-Denis, à Paris, prétend que “dans cette rue (pleine de “boucheries musulmanes”) on ne peut pas trouver de viande “Halal”, spécialement dans les boucheries turques.
“Je connais personnellement, raconte Ahmet Bakjan, un boucher turc qui est communiste, mais qui a mis “Boucherie Musulmane” sur son enseigne pour gagner plus d’argent”.

 

Comme tout marché, le marché « halal » est aussi synonyme de profits au nom de la bonne « cause ».

Plus « halal » que l’ « halal » !
Telle pourrait être la devise des organisations de contrôleurs comme l’ « AVS » liée à la Fédération Nationale des Musulmans de France; « BARAKA », proche de l’Union des Organisations Islamiques de France; « AL TAKWA » fort peu éloigné du Groupement des Unions Islamiques Internationales; CIAM (Centre Islamique des Alpes-Maritimes); LICOM; GISCOM (Groupement Islamique des Sacrificateurs et Contrôleurs Musulmans); BCAAR (Bureau de Contrôle de l’Alimentation et de l’Authentification Religieuse)…

Liste non exhaustive… d’autant que ces associations autoproclamées sont sans statut légal…

Du côté du « kashrout » l’ordre semble régner sous la férule du Consistoire national (décret impérial du 15 mars 1808) et des consistoires départementaux. Mais les rebellions ne sont pas rares…
A suivre...

Léon Areva, le 12 juillet 2010

http://www.lesechos.fr/info/agro/020445775219-le-marche-hallal-va-depasser-les-5-milliards-d-euros-en-france.htm

http://mitsahne.niceboard.com/france-f4/halal-kasher-t3830.htm

 

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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