Responsables, bien indemnisés mais jamais coupables, qui sont-ils?

Publié le 25 Octobre 2014

"Le principe [de la République française] est : gouvernement du peuple par le peupleet pour le peuple. La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum. Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s'en attribuer l'exercice". (Constitution de 1958, art. 2 et 3).

 Minurne Par Minurne

Voilà le principe posé, mais déjà le diable se cache dans les détails. Oublions pour le moment la question du référendum, expression de la démocratie par excellence que la Suisse est pratiquement le seul pays à exercer, tous les autres en ayant peur car il pourrait remettre en cause leur pouvoir sans contrôle et leur richesse acquise par les taxes imposés au peuple.

Le second détail diabolique est qu'à la question "les représentants du peuple font-ils partie du peuple ?" la Constitution ne donne pas de réponse. Mais celle des juristes, depuis Cicéron a toujours été "non, la noblesse, les élus, l'élite, quel que soit le nom qu'on leur attribue ou qu'ils se donnent, ne sont pas le peuple".

Chez les Romains : Senatus populusque romanus (Le Sénat ET le peuple romain)on distinguait le Sénat, élite qui légifère et commande, du peuple, masse des citoyens.

Les révolutionnaires excluaient l’aristocratie ainsi que l'élite (même révolutionnaire) du peuple appelée "Tiers état" (Sieyès, Tiers état, 1789, p.79).

C’est aussi la conception de Chateaubriand (Chateaubriand, Génie, t.1, p.62, 1803).

Celle de Staline également : pour Le petit père des peuples, il y avait les peuples d’un côté, masse obéissante sous peine de graves sanctions, et lui, détenteur du pouvoir absolu, qui, avec l’élite du parti communiste, détenait le droit de vie et de mort sur les sujets.

C'est aujourd'hui l'élite française elle-même qui s'exclut du peuple. Par "élite", j'entends tous ceux qui par élection, délégation ou fonction s'arrogent le droit de légiférer, règlementer, diriger, parler au nom du peuple en s'abstenant de lui demander son avis : élus, fonctionnaires à tous les niveaux hiérarchiques, journalistes, syndicalistes. 

Ils le font par toutes sortes de ruses, d'exonérations, de privilèges qu'ils s'arrogent plus ou moins ouvertement, se dispensant des obligations et de la fiscalité qu'ils imposent aux autres, utilisant la justice pour justifier ces exceptions au droit commun que le peuple, lui, doit respecter rigoureusement.

Je suis horrifié par la façon dont notre "élite" de petits péteux piétine, pressure, écrase le peuple français de lois, impôts, taxes, règlements, contraintes, interdictions, sommations à "bien penser", c'est-à-dire à penser comme elle.

Ce qui provoque chez moi cette bouffée de colère, ce sont quelques faits qui s'additionnent ces jours-ci, non par une coïncidence malheureuse pour nos élites, mais parce que leur fréquence à force de s'accélérer fait qu'ils se télescopent. 

J'en donne trois, récents, en exemple, car ils sont caractéristiques du mépris de notre élite mondialisée pour le peuple français.


DES PARLEMENTAIRES FRAUDEURS ET RACKETTEURS...


Le Canard enchaîné
 révèle que soixante élus de la République "exemplaire" des socialistes sont, comment dire... "en délicatesse" avec le fisc. Voilà des gens qui au fil des décennies se sont votés en toute quiétude des privilèges en matière de retraite, de chômage, de fiscalité, et qui s'entendent comme larrons en foire pour que dans leur société "hors-peuple", chacun ait toujours un bon poste juteux quelque part quelle que soit sa nullité et son appartenance politique. 


Exemple : Moscovici, ministre des Finances raté, se retrouve propulsé par la volonté du seul Hollande dans le fromage de la Commission européenne qui, grosso modo, lui permet de doubler le salaire de ministre qu'il ne méritait guère, et retraite avec parachute doré en perspective.

Les privilèges fiscaux des élus son connus : 25 % exonérés sur un salaire brut de l'ordre de 70000 €/an ; "frais de représentation", 72000 €/an dont ils n'ont pas à justifier l'usage, exonérés eux aussi ; membres de la famille pris comme attachés parlementaires, donc pris en charge par nos impôts ; avantages en nature de toute sorte qu'ils n'ont pas à déclarer comme doit le faire le citoyen "normal" ; droit de ne pas cumuler les revenus de leurs multiples mandats dans leur déclaration fiscale, chacun étant taxé séparément. 

Ainsi François Hollande paie, à revenu égal, moitié moins d'impôts qu'un patron d'entreprise ou un cadre, sans oublier sa déclaration de patrimoine notoirement sous-évaluée, comme celle de Valls, qui lui permet d'échapper à l'ISF.

 

000 - Orwell.JPG

DES SYNDICALISTES VOLEURS ET FRAUDEURS... 


Les syndicats aussi rackettent les citoyens et fraudent le fisc.

Après plus de dix ans d'instruction sur l'un des financements les plus secrets du Parti communiste, de l'Humanité et de la CGT par la Caisse Centrale d'Activités Sociales du Comité d'Entreprise d'EDF, un procès s'est finalement tenu en juin dernier devant le tribunal correctionnel de Paris à la stupéfaction des intéressés eux-mêmes, plus habitués à être amnistiés qu'à être poursuivis.

Pendant trois semaines, dans un silence médiatique assourdissant, le juge d'instruction, Jean-Marie d'Huy, a détaillé les malversations et les détournements de fonds du comité d'entreprise d'EDF célèbre pour l'énormité de ses recettes - près de 500 millions d'euros par an - calculées sur la base de 1 % du chiffre d'affaires de l'entreprise, donc payées par les factures des clients d'EDF, au lieu de 1 % de sa masse salariale comme c'est la règle. Une hérésie due à "une faute de frappe" (sic !) qui n'a jamais été rectifiée depuis 1946 pour cause de lâcheté et de complaisance des élus, du Trésor, des agents du fisc et des directions successives d'EDF.

On comprend mieux le train de vie somptueux de la CGT et de ses cadres, la richesse des sections, le train de vie des délégués avec 34 milliards d'euros volés aux Français en 68 ans, en estimant les recettes constantes en francs anciens, puis nouveaux, puis en euros. 

Cela ne l'empêchait pas d'être constamment en déficit en raison d'une gestion calamiteuse que de confortables subventions ne suffisaient pas à compenser. Les Français payent donc deux fois, l'une sur leurs factures d'électricité, l'autre par leurs impôts. 
Mais comme on dit à gauche, "tout ce qui peut être pris à l'ennemi de classe est bon à prendre". L'ennemi de classe des communistes, des trotskistes, des socialistes, c'est le peuple français.

Les faits ayant été prouvés par le juge, les condamnations sont tombées, légères eu égard à l'énormité de la fraude : de la prison avec sursis pour le président du C.E., une sénatrice communiste convaincue d'emploi fictif, Brigitte Gontier-Maurin, ainsi que six autres personnes, de lourdes amendes pour la CGT, l'Humanité et l'Iforep, le centre de formation du P.C...

Pas un mot dans les médias, excepté deux petits entrefilets dans Les Echos et La Croix
Ils ont une excuse : ils sont eux-mêmes rackettés par la CGT par qui ils sont obligés de passer pour être édités et distribués, mais c'est excuse de la lâcheté.

EDF n'a pas porté plainte pour tenter de récupérer une partie des sommes détournées, mais augmente les tarifs pour compenser la perte. Nous payons une troisième fois pour les voleurs syndicalistes et communistes.

 

DES FONCTIONNAIRES LACHES, INCOMPETENTS ET IRRESPONSABLES


Un dernier exemple pour prouver que l'élite politique et administrative qui gère la France n'est ni française ni compétente, celui d'une petite fille de huit ans morte sous les coups, dans l'indifférence des administrations et de la justice.

Depuis l'âge de deux ans, Marina était battue régulièrement et privée de nourriture. Pas de vaccins, pas de visites médicales qui auraient attiré l'attention sur les marques des sévices, carnet médical "perdu". Elle n'est scolarisée qu'à six ans. Les instituteurs constatent un absentéisme surréaliste, des hématomes, des cheveux arrachés, des griffures, un œil au beurre noir. Ils préviennent le médecin scolaire qui, avec une grande légèreté, se contente de leur conseiller d’être vigilants.

Marina a souvent faim et veut manger le goûter de ses camarades. Ses parents ont toujours des excuses implacables : elle serait "boulimique et bagarreuse". Un jour, elle arrive avec le visage tuméfié. Une simple "conjonctivite". Ses enseignants découvrent qu’elle a le dos violet à cause d’une "chute dans les escaliers", en réalité des coups de ceinture, apprendra-t-on au procès des parents. Mais toujours aucune demande de mesures de protection immédiate n’est effectuée par les  personnels de l'Education nationale et des Services sociaux.

En 2008, à la lecture de son dossier, le nouveau directeur d’établissement adresse au procureur de la République un signalement de suspicion de maltraitance. L’examen de médecine légale met en évidence de très nombreuses lésions anciennes fortement suspectes. Un début d’espoir pour Marina ? Non, car l’enquête de gendarmerie est bâclée. Aucun psy n’est présent pendant l’audition de l’enfant. Des témoins-clés (enseignants, voisins… ) ne sont même pas interrogés.


Le substitut classe hâtivement le dossier sans suite. Sa décision sera une véritable chape de plomb qui scellera le destin de Marina, freinant les différents intervenants ultérieurs dans leurs démarches.

En avril 2009, son médecin scolaire l’envoie aux urgences pédiatriques, horrifié par l’état de ses pieds, couverts de phlyctènes surinfectées. Les pédiatres constatent aussi une atteinte dentaire et une dysmorphie faciale mais privilégient la piste d’une… maladie organique ! Ils n’ont même pas consulté son dossier ni les examens du légiste de l’année précédente.


Le directeur d’école adresse une information préoccupante à l’Aide sociale à l’enfance, mais celle-ci considère qu’il n’y a pas d’éléments nouveaux puisque "l’affaire a été classée". 
Marina peut mourir.

Le 7 août 2009, après une demi-journée passée nue et affamée, une soirée dans un bain d’eau glacée avec immersion de la tête, une gifle qui lui a fracassé le crâne contre la baignoire, une nuit d’isolement dans la cave, Marina, huit ans, a fini par succomber à son calvaire.

Ses parents ont été condamnés à trente ans de prison. Si tous les services concernés avaient fait leur travail, ils auraient réalisé que la courte vie de Marina ne fut qu’un jalonnement de sévices totalement sous-estimés.

Le rapport du Défenseur des droits, dont certains passages sont insoutenables, a révélé  l'inertie, les manquements, les erreurs de tous ces fonctionnaires qui se foutent éperdument qu'en France, deux enfants meurent chaque jour sous les coups.
Pour eux, les enfants sont des  dossiers.

 

Aucune des poursuites entreprises contre ces fonctionnaires des services publics déficients n'a donné lieu à une sanction

Le 8 octobre 2014, la Cour de Cassation, elle même composée de haut-fonctionnaires, a estimé que l’État n’avait pas commis de faute lourde dans le suivi de Marina. 

Responsables, mais jamais coupables !

 


Ça, il faudrait que ça change enfin. Que des jurys de citoyens puisse évaluer le travail et le comportement des élus, députés, sénateurs, ministres, hauts fonctionnaires, syndicalistes… bref de tous ceux qui sont payés par leurs impôts et les méprisent, et ensuite puissent éventuellement demander des sanctions et l'exclusion de la fonction publique.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

Commenter cet article

nicolaï vavilov 25/10/2014 23:08


photo de borqua sur le port de Rochefort près de l'Hermione:


 hélas la photo ne passe pas