Résultats électoraux: de l'Allemagne à la Chine, en passant par l'Italie et les États-Unis

Publié le 23 Avril 2012

Qu'il est amusant dans ce tour du monde des inquiètudes journalistiques, les angoisses, les affirmations de nos biens pensants et autres européistes! Il est drôle de deviner sous les plumes de ces journalistes, la crainte de ne pas avoir pu, ou su saisir que les résultats sont contraire à leurs affirmations, leurs certitudes!

Ces petits parisiens des beaux quartiers n'ont rien vu venir et pourtant, cela crevait les écrans des ordinateurs et perçait la toile internet!

les yeux rivés sur leur nombril, satisfait de leur pseudo science, imbus d'eux-mêmes, méprisants envers le petit peuple, les gueux, les misérables si ce n'est les abrutis franchouillards, ils n'ont rien vu, rien compris.

Ce sont les mêmes qui prétendent expliquer ce coup de tonnerre dans l'espace politique de France. Très drôle en effet.

Gérard Brazon

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• Allemagne: les jeux ne sont pas faits

Angela Merkel a soigneusement évité tout commentaire sur le premier tour de l'élection présidentielle française. La chancelière ne veut pas nuire aux chances de son allié, Nicolas Sarkozy, alors que son entourage cultive l'espoir que les jeux ne sont pas encore totalement faits. Surtout, elle ne veut pas risquer de froisser François Hollande, avec qui elle devrait composer s'il était élu le 6 mai.

De leur côté, les sociaux-démocrates affichent leur satisfaction, jugeant que Hollande a de bonnes chances de devenir le prochain président français, ce qui serait «un signal important» pour infléchir la politique d'austérité imposée à l'Europe. «Il y a une alternative à la politique menée par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy qui misent tout sur l'austérité et ne font rien pour la croissance», affirme le patron du SPD, Sigmar Gabriel.

Les commentateurs allemands estiment que le candidat socialiste a pris une sérieuse option sur l'Élysée. Mais pour les médias outre-Rhin, où l'on est vacciné contre les extrêmes, les scores de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon sont la plus «mauvaise surprise». Pour Der Spiegel, il s'agit d'un «vote de la colère». L'hebdomadaire voit dans le résultat du premier tour le signe que «les Français sont frustrés à la vue de l'état de leur pays et en colère contre leur président Nicolas Sarkozy». Beaucoup de journaux relèvent aussi le résultat de Jean-Luc Mélenchon, notant que l'addition des scores des candidats hostiles à la mondialisation ou à l'Union européenne représente près d'un tiers des votants.

• Italie: l'ouragan Le Pen

«Hollande en tête. Sarkozy espère encore» (Corriere della Sera). « Hollande va de l'avant. Sarkozy le défie» (La Stampa, centre droit). «Hollande devant. L'ouragan Le Pen» (La Repubblica, gauche). «L'Europe peut changer» (L'Unità,gauche communisante). Les manchettes de la presse italienne reflètent l'incertitude qui se dégage du premier tour des élections françaises.

Les commentateurs relèvent la victoire étriquée du candidat socialiste, qui n'est pas parvenu à distancer son rival, et la grande incertitude surgie du score inattendu du Front national. «Le défi final est dans les mains de ceux qui protestent», relève Massimo Nava dans le Corriere della Sera, analysant les résultats de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon qui «capitalisent à eux deux un tiers des votes exprimés». Il relève en particulier que le succès du Front national «confirme le malaise de la France»: «Un problème de plus pour le futur locataire de l'Élysée».

La Repubblica estime que la victoire de François Hollande au second tour «serait une manne pour Marine Le Pen, lui permettant de jouer un rôle dans la recomposition de la droite». La Stampa veut croire toutefois que «tout peut encore se passer: il n'est pas dit que tous les électeurs du Front National suivent» les consignes d'abstention que devrait donner Marine Le Pen: «À partir d'aujourd'hui, on repart de zéro», ajoute-t-il.

• Royaume-Uni: la peur du «vide politique»

Seul le Financial Times met François Hollande à sa une. Les autres journaux britanniques montrent soit Sarkozy, qui «fait face à une défaite» selon leTimes, souvent accompagné de sa femme Carla sur les photos, soit Marine Le Pen «faiseuse de roi» selon l'écossais The Scotsman. Le conservateur Daily Telegraph titre sur le succès de l'extrême droite qui rassemble «un électeur sur cinq, alors que Sarkozy est relégué à la seconde place». Pour le Guardian,la victoire de la gauche a un parfum «doux amer» du fait du succès du Front national. «Les consignes de vote de Mme Le Pen à ses millions de supporteurs seront cruciales», souligne le tabloïd Daily Mail, qui avait avant le premier tour jugé qu'elle représentait le «seul choix raisonnable».

Dans un éditorial, le Times s'inquiète d'un «vide politique». Constatant la fin potentielle de l'axe «Merkozy», le journal du groupe Murdoch s'interroge sur ce que donnerait un tandem «Merkande» ou «Frangela». Rappelant les propositions de François Hollande pour taxer les hauts revenus à 75% et sa propension à ouvrir les cordons de la dépense publique, le quotidien craint l'impact de l'élection française, ainsi que des changements à venir en Grèce, en Irlande et en Allemagne, sur la résolution de la crise européenne.

• Pays-Bas: Sarkozy victime de la crise

Aux Pays-Bas, où l'extrême droite menace de faire chuter le gouvernement conservateur, De Telegraaf (800.000 exemplaires) met en avant la percée de Marine Le Pen. Le 6 mai, souligne le quotidien, les Français auront le choix entre un candidat de gauche qui veut pomper l'argent des contribuables au profit de la croissance et un candidat de droite qui insiste pour des réformes avant de dépenser un sou. Mais «Nicolas Sarkozy ne peut plus se dissimuler que la crise lui a joué un mauvais tour».

• Belgique: les vrais choix au second tour

En Belgique, Le Soir relève qu'à regarder la télévision dimanche soir, «on aurait pu croire que la chef de file du FN entrait au second tour». La Libre Belgique espère que le 6 mai permettra aux Français de trancher les vrais choix, l'emploi, la sécurité, l'entreprise, l'immigration. Il s'agit de remettre le pays sur les rails et le quotidien souhaite «une France à l'aise avec elle-même (…) qui ne devrait plus voter Le Pen pour se faire entendre».

• Luxembourg: le grand écart de Sarkozy

Au Grand-Duché, le Luxemburger Wort note le «grand écart difficile» qui attend Sarkozy s'il veut attirer vers lui les électeurs du FN et ceux de François Bayrou.

• Pour les Grecs, la France s'impose face à l'Allemagne

Athènes n'a plus aucun doute, l'Europe est en train de changer. Les résultats du premier tour de l'élection présidentielle en France sont largement commentés dans les médias helléniques. Plus qu'une probable victoire pour François Hollande, cette élection est une «défaite pour l'Allemagne» commente Giorgos Malouhos, éditorialiste au quotidien To Vima.

«Ce n'est pas la défaite de Nicolas Sarkozy, mais bel et bien celle de la politique allemande. Le président français a commencé sa chute il y a un an et demi quand il a changé de stratégie en soutenant l'Allemagne et la politique de rigueur sur les pays du sud de l'Europe. Cela ne veut pas dire qu'il perdra le second tour le 6 mai prochain, mais il durcira automatiquement le ton», explique t-il.

Les médias grecs relèvent aussi la poussée du Front National et de sa candidate Marine Le Pen. Et certains observateurs s'inquiètent de voir à nouveau la Grèce pointée du doigt. «Avec la pression du Front national à présent, la Grèce va à nouveau être au cœur des débats. En plus de la crise de l'euro, il y a l'immigration clandestine. La Grèce reçoit un afflux important de migrants à la frontière commune avec la Turquie ou dans les îles et tous veulent aller dans le nord de l'Europe, c'est donc une préoccupation de taille», souligne Giorgos Tzogopoulos, analyse politique au think-tank Eliamep.

Cette montée en puissance de l'extrême droite en France pourrait avoir des effets en Grèce, lors des élections législatives du 6 mai prochain. Trente-six partis s'affrontent et nombre d'entre eux «ont clairement une philosophie populiste aidée par la conjoncture de crise qui plane sur l'Europe», reprend Giorgos Tzogopoulos. Ainsi, trois partis populistes dont un d'extrême droite dure feraient leur entrée au Parlement grec, selon les derniers sondages.

• États-Unis: un désir de changement

«Victoire étroite d'Hollande» pour le New York Times, qui le place néanmoins «dans une position favorable pour le second tour». «La démonstration de force de la gauche et la colère des extrêmes semblent refléter un désir de changement en France après dix-sept ans de gouvernements de centre droit», analyse le correspondant à Paris du journal.

Pour le quotidien conservateur Wall Street Journal, «Sarkozy se bat pour sa survie politique». Le vote de dimanche «a de larges implications pour le reste de l'Europe», estime le journal, car la France «s'était jusqu'ici conformée à la recette allemande de l'austérité pour faire face à la crise».

• Chine: pas de désintégration sociale

En rapportant les résultats de la présidentielle, l'agence Chine nouvelle fait des commentaires qui se démarquent quelque peu de la tonalité européenne, où l'on se focalise sur le score «historique» du Front national. «La bonne nouvelle, écrivent les analystes de l'agence officielle, est que si les pensées extrémistes, de droite comme de gauche, arrivent facilement à capter l'attention, elles ont plus de mal à se transformer en courant principal de la société.»

L'article explique ainsi que, comme prévu, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ont été éliminés au premier tour. «Dans tous les cas, poursuit-il, la différenciation entre la droite et la gauche a augmenté, mais elle ne provoque pas de désintégration sociale». Il explique enfin que le prochain locataire de l'Élysée héritera d'une situation financière si fragile, qu'il ne pourra se permettre d'options trop marquées. Il ne devra avoir qu'une obsession: réduire le déficit budgétaire et la dette publique, relancer la croissance.

Moins officieusement, il ne fait guère mystère que les dirigeants chinois «votent» Nicolas Sarkozy. La raison principale est qu'ils n'aiment pas le changement. Et qu'après des débuts difficiles, ils ont appris à connaître le président français.


Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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jpb 24/04/2012 09:06


ce que pense les états voisins ,rien à foutre ,la chine etc..pareil ,pour l'instant l'avenir de notre pays est mal barré,personnellement je vote blanc,mais j'attend la décision de Marine.

Marie-claire Muller 23/04/2012 21:14


Hollande ne doit pas triompher car les temps sont difficiles, et il devra faire ses preuves  en politique internationale!Faire le matamore en France c'est relativement facile vu le soutien
des gauchistes et des médias mais ailleurs??,